Retour

Travailler dans le secteur aéronautique

Blog > Zoom métiers > Travailler dans le secteur aéronautique

 

 

Le fait d’être proche de l’Europe et de disposer d’une main-d’œuvre compétitif a convaincu les nombreux investisseurs dans le secteur aéronautique à s’implanter en Tunisie. Le niveau des ingénieurs tunisiens et l’étendue de l’infrastructure routière constituent aussi les atouts de ce créneau à haute valeur ajoutée. Sans oublier que le pays a mis en place un dispositif fiscal permettant l’exonération de droits et de taxes pour les sociétés totalement exportatrices et la liberté de transfert de capital. Les industries françaises font partie des leaders dans cette filière en détenant 70 % de la main d’œuvre employée dans le pays. Tour d’horizon sur l’état de lieu de ce secteur.

 Avec la conjoncture économique difficile dans la plupart des pays, l’industrie aéronautique européenne préfère aussi produire une partie des équipements de leurs Airbus dans les pays lowcost. Le fait de pouvoir proposer une main-d’œuvre qualifiée à coût abordable est désormais un atout pour la Tunisie qui devient un maillon essentiel de la production d’Airbus, et ce depuis une dizaine d’années. Une partie de l’Airbus A320 est en effet produite à Tunis avant d’être assemblé à Toulouse. Cette coopération a perduré au fil des ans de sorte qu’il y a actuellement un vol reliant quotidiennement le capital et la ville de Toulouse. Ce sont notamment les ingénieurs, les formateurs et les responsables de production qui prennent cette navette car les productions sont acheminées par bateau.

Ce secteur représente 3,8 % du PIB du pays. Il emploie actuellement plus de 17 000 personnes réparties dans les 81 entreprises travaillant dans cette filière. La plupart des productions de ces industries sont les sièges de cabines et d’avion. Le secteur constitue un réservoir d’emploi non négligeable car il permet de fournir 1 000 emplois directs chaque année. La croissance de cette filière peut être estimée aussi par la montée en puissance de la valeur de production en passant de 30 millions d’euros en 2010 à 229 millions d’euros en 2016. L’Etat envisage même une croissance dans l’ordre de 25 % à l’horizon de 2025. Et pour l’année dernière, on enregistre 1,5 milliard de dinars en termes d’exportations, la France en tête avec 88 % des exportations.

La force du pays est surtout ses nombreux atouts. Premièrement, elle est un vivier de compétences car elle figure en troisième rang mondial sur le nombre de diplômés en troisième cycle dans les filières sciences, ingénierie et construction. Chaque année, 30 % des sortants universitaires sont issus de ces formations. De plus, les ingénieurs tunisiens acceptent d’être moins bien payés que les voisins marocains ou même les ingénieurs de Roumanie et de Pologne à cause du grand nombre des diplômés disponibles et le coût de vie. L’exonération fiscale et les nombreux avantages proposés par la loi sur l’investissement incitent aussi les acteurs de la filière aéronautique européenne à s’installer en Tunisie.

Parmi les fleurons des acteurs du secteur aéronautique implantés en Tunisie, on peut citer Stellia Aerospace et Zodica Aerospace. La première est une filiale d’Airbus et la seule structure qui produit des aérostructures en Tunisie. Cette entreprise enregistre plus de 70 millions d’euros d’investissement depuis son implantation en 2009 avec 900 collaborateurs. Son parc aéronautique est situé au sud de la ville de Tunis. Zodiac Aerospace, quant à lui, est créé en 2016 avec 3 000 collaborateurs en 2016. Le groupe a mis en place des technologies de contrôle d’ergonomie et de la production. Parmi les donneurs d’ordre mondiaux, on retrouve aussi les acteurs comme Latécoère, Hutchinsonetc.

A noter que la Tunisie peut aussi tout produire à commencer par le câblage, composite, le travail de métaux, jusqu’aux équipements et traitement de surface.

L’industrie aéronautique tunisienne figure parmi les industries exportatrices des produits en Europe dans le pays. La France est le leader des entreprises résidentes avec une quarantaine de sociétés. L’Italie, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis accaparent aussi une part de marché sous forme de participation au capital. La création du centre d’excellence dans les métiers de l’industrie aéronautique permet aussi d’offrir des formations professionnelles adéquates à plus de 600 jeunes par an. Airbus a inauguré aussi un centre de formation technique situé dans l’aéroport de Tunis-Carthage. L’entreprise Telnet en partenariat avec le groupe Safran a ouvert aussi un centre d’ingénierie pour les métiers d’aéronautique.

Cette industrie propose une variété de métiers pour les cadres, salariés et ouvriers. Citons par exemple les postes d’ingénieur en aéronautique, ingénieur en système embarqué, technicien supérieur en électronique, ingénieur électronicien de système de sécurité aérienne, ingénieur calcul, préparateur méthodes. Parmi les postes des techniciens et opérateurs, on retrouve les métiers comme le technicien d’essai, ajusteur-monteur, monteur-câbles, stratifieur, chaudronnier, tuyauteur, technicien maintenance… Il y a également les agents techniques de l’aéroport comme l’aiguilleur du ciel, l’agent de sureté, le préparateur du vol, le chef d’escale… Sans oublier les personnels navigants comme le pilote et les stewards. La liste est non-exhaustive.

Le niveau d’admission et de formation n’est pas le même pour tous ces métiers. Mais pour les techniciens supérieurs et ingénieurs, il faut notamment un diplôme de brevet de technicien supérieur et bac+5 pour les ingénieurs. Les offres disponibles sur le secteur peuvent être en CDD, CDI ou par intérim.

Le secteur propose d’ailleurs une perspective d’emplois intéressante. A titre d’exemple, récemment l’Occitanie envisage l’exportation de son savoir-faire en Tunisie. Pour la petite info, cette région tient la première place en Europe dans le domaine aéronautique avec 800 entreprises et des fournisseurs en sous-traitance. La Banque européenne pour la reconstruction et le développement a approvisionné aussi la chaîne de l’industrie aérospatiale dans le site de production de Figeac Aéro Tunisie. Le projet vise à renforcer la compétitivité des industries travaillant dans ce secteur.

Notons que 6000 ouvriers travaillent actuellement dans cette filière. Certains de ces ouvriers ne font pas uniquement la pièce de rechange mais effectuent jusqu’à la réalisation de sous-ensembles assez complexes. Cette filière est d’ailleurs l’un des rares secteurs qui a fourni des milliers d’emplois aux chômeurs après la révolution.

Pour maximiser les perspectives de développement du secteur, l’Etat envisage aussi une coopération avec les acteurs russes de l’industrie aéronautique et de l’automobile. Certes, la relation bilatérale entre les deux pays n’est pas aussi avancée que celle de la relation avec la France, mais des progrès majeurs sont déjà effectués dans le domaine du tourisme, agro-alimentaire, textile et habillement avec la Russie. C’est ce qu’a précisé le diplomate.

Par ailleurs, le niveau de la formation des diplômés tunisiens est un atout considérable pour un avenir de ce secteur. La formation d’excellence dispensée aux métiers d’aéronautique comme le câbleur, le monteur de structures d’aéronefs constitue une forte valeur ajoutée à cette filière. Cependant, le secteur doit faire face à quelques difficultés comme la mise en place d’une filière structurée, la réalisation des projets d’infrastructures etc. Pour que le chiffre en exportation continue à progresser, il faut toujours fournir un supplychain de qualité qui possède de savoir-faire multiples. Les domaines de fabrication de commandes numériques, le découpage et le pliage de carrosserie, l’aéro structure métallique ainsi que le traitement de surface offrent aussi de nombreuses opportunités d’emplois et d’investissements pour les industries étrangères.

Ces articles peuvent vous intéresser ...