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La construction et l’infrastructure en Tunisie

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La vétusté de l’infrastructure du transport entrave le développement de certaines régions de la Tunisie. Ces défaillances sont notamment dues à l’insuffisance du financement et à la déficience de gouvernance. Cette dégradation des voies routières date depuis 2007. Quoi qu’il en soit, de nouveaux projets comme le Réseau ferroviaire rapide qui relie le capital aux villes populaires du Grand Tunis sont en cours de réalisation ou les nouveaux ponts en construction à Siliana. Tour d’horizon sur la construction et l’infrastructure tunisienne.

Le manque des voies routières et ferroviaires caractérise certaines parties de la Tunisie. Cela se remarque notamment dans les régions du Centre-ouest et les régions du Sud-est. Pour rappel, les réseaux ferroviaires s’étendent sur 2 167 km à travers le pays. Ils transportent environ 12 millions de tonnes de produits alimentaires, de marchandises et de matériaux de construction. Quant au réseau routier, il se développe sur 22 000 km de routes et 640 km d’autoroutes à travers la Tunisie. Ce qui fait près de 75 % de routes bitumées dans le pays.

Concernant les ports maritimes, le pays possède 8 ports maritimes commerciaux dont Bizerte, Radès, Sousse, Sfax, Zarzis, la Goulette et Skhira. Quant au transport aérien, les 9 aéroports internationaux qui emploient 14 000 salariés.

Les problèmes de l’infrastructure tunisienne s’articulent autour de la mauvaise répartition du réseau de transport, notamment entre les zones côtières et l’intérieur du pays. De plus, certaines infrastructures dans les secteurs routières et maritimes demandent de travaux de modernisation.Certains gouvernorats ne disposent pas aussi de moyens suffisants pour gérer les pluies et les canalisations. Ce qui a provoqué l’effondrement du pont reliant Majed Bel Abbes à Feriana.

Concernant les grands projets d’infrastructures actuels, en l’occurrence le Réseau ferroviaire rapide (RFR), la mise en exploitation de ce projet est prévu pour le mois d’octobre 2018 mais a été retardée jusqu’en 2026.Ce programme vise à construire un réseau ferroviaire de 80 km qui va desservir une zone de plus de 620 000 habitants. Le train pourra transporter près de 2 500 passagers environ toutes les 4 minutes pendant les heures de pointe,et toutes les 6 mn pendant les heures de la journée. Les causes de ce retard sont notamment la défaillance du groupe TECNIS qui devrait effectuer les travaux de génie civil sur la ligne D et le dépassement causé par le retard des travaux. Au début l’estimation du coût des travaux est 3,2 milliards de dinars alors qu’actuellement, il est estimé à 4,3 milliards de dinars. Ce qui nécessite une mobilisation d’une somme beaucoup plus importante (3 milliards DT) pour finir les travaux.

La partie de l’autoroute entre Médenine et Koutine de 20 km est aussi un autre projet qui accuse un retard à cause du manquement de l’entrepreneur IsolouxCorsan. Cela est dû aux difficultés financières de cette entreprise qui est déclarée en faillite.

Par ailleurs, il y a d’autres projets comme la construction de l’autoroute trans maghrébienne qui doit assurer la liaison de 5 pays du Maghreb et desservir une cinquantaine de ville et la construction d’une partie de route entre Sfax et Gabès qui sont encore en attente de réalisation. Tandis que le port en eaux profondes d’Enfidha est déjà passé les stades d’études financières car il est déjà fonctionnel.

Le secteur de la construction et de travaux publics propose divers métiers dont certains ne nécessitent pas de diplômes mais de formation, par exemple, le constructeur de routes. Il est possible d’exercer ce métier avec une expérience. Les entreprises de construction recrutent des nombreux ouvriers et personnel pour construire des infrastructures routières, ferroviaires, maritimes ou aéroportuaires. Parmi les postes à pourvoir on peut citer entre autres le canalisateur qui fait la pose des canalisations des réseaux d’eau potables, le chef de chantier qui suit la réalisation d’un chantier de travaux publics, ou encore le conducteur d’engin BTP qui effectue les travaux de terrassement, de nivellement etc. Les entreprises peuvent aussi recruter des agents pour assurer les travaux de conducteur de travaux, de constructeur de route, de couvreur, de dessinateur, de géomètre topographe, de grutier, de métreur etc. pour des nouveaux axes routiers ou pour l’aménagement des routes déjà existantes.

La plupart de ces postes nécessitent la polyvalence et l’adaptation aux différents terrains. La bonne condition physique est également requise car il n’est pas rare que les constructeurs de la route travaillent la nuit pour éviter les embouteillages. Par ailleurs, ce secteur permet l’évolution de la carrière car un ouvrier d’exécution peut évoluer vers le poste de contremaître au fil des années d’expérience. Il peut aussi passer des qualifications professionnelles et devenir conducteur d’engin. Les personnes diplômées en BTP qui ne souhaitent pas travailler au sein d’une entreprise de construction peuvent également créer leur propre entreprise s’ils obtiennent un prêt bancaire.

Parmi les projets qui ont recruté des ouvriers de construction ces derniers temps, on retrouve par exemple la construction d’un réseau routier à Siliana sur près de 820 km, le pont Oued El Maleh sur la RN 7, le pont de Oued Bouarada pour ne citer qu’eux.

La richesse en matière de construction du pays, l’aide des partenaires étrangers(Japonais, chinois etc.) ouvrent de nouvelles perspectives de relance de ce secteur. En effet, le pays regorge de marbre, de sable, de pierre, de gypse… des matériaux qu’on peut valoriser pour booster le développement du pays. Il figure en 4ème rang mondial en termes de gypse avec des réserves de 60 milliards de tonnes. De plus, en lançant des projets dans le domaine de construction et de l’infrastructure, cela permet de lutter contre le chômage qui sévit dans certains gouvernorats. La construction des bâtiments écologiques respectueuse de l’environnement et de la santé de ses occupants constitue aussi un avantage en termes de coût et de dépenses énergétiques. Car même si le budget d’une maison écologique dépasse 10 % environ en termes de budget par rapport à un habitat classique, ces dépenses seront amorties après quelques années grâce aux gains avec le chauffage et l’électricité. Cependant, des problèmes administratifs empêchent encore le lancement du réseau national de la construction durable.

Concernant la coopération avec les partenariats étrangers, le Japon et la Chine figurent parmi les partenaires dans la construction de la Tunisie. Le Japon finance par exemple le méga-projet de 830 millions de dinar tunisien de la Centrale de Radès C. Ce projet a permis la mobilisation de 2 000 ouvriers et des sous-traitants Tunisiens.Il vise à contribuer à l’amélioration de la capacité de production électrique et au contrôle du système d’approvisionnement en électricité du pays dans le but de répondre aux besoins des habitants pendant la période estivale.

Un autre projet en cours d’études ou de réalisation concerne aussi la construction d’un pont qui relie l’Afrique et la Méditerranée. Ce pont de 150 km environ assure la liaison entre la ville de Haouria et l’Agrigente en Sicile. Le budget nécessaire pour ce projet qui requiert l’accord de tous les pays européens est de 230 milliards d’euros. L’objectif de cette conception est de réduire le nombre des migrants clandestins morts en tentant de gagner l’Europe en traversant la Méditerranée.

 

                                                                       

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