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Agriculture l’huile d‘olive Tunisienne

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L’huile d’olive fait partie des produits agricoles les plus exportés par la Tunisie. La culture oléicole datant de 3000 ans permet de mobiliser des milliers d’ouvriers et de nourrir plus de 500 000 Tunisiens.Entre le mois de novembre 2017 et le mois d’avril 2018, les exportations de cette huileont affiché une hausse spectaculaire. De plus, l’huile d’olive tunisienne s’est vue décerné le prix du meilleur packaging lors de la 20ème édition du tournoi de Los Angeles le début de ce mois de février 2019. Tour d’horizon sur l’exploitation de cette filière.

Le secteur agricole est générateur de 9 % du PIB du pays. L’olivier constitue la principale ressource des milliers d’ouvriers agricoles en Tunisie. L’oléiculture représente 60 % des exploitations agricoles en Tunisie et 40 % des exportations des produits agricoles. Cette culture occupe presque le tiers des terres cultivables du pays. La filière se porte bien car la Tunisie est le deuxième pays exportateur de cet or vert à l’échelle internationale après l’Espagne. Elle a aussi réalisé d’excellentes performances lors de la 20ème édition du tournoi international d’huile d’olive à Los Angeles. Au cours de cette compétition, la Tunisie a remporté 16 médailles dont 3 médailles d’or. Plus de 300 producteurs d’huile d’olive ont participé dans ce concours. Au total, il y a eu une expositionde 530 produits venant des différents pays.

A titre d’info, l’huile d’olive tunisienne a généré 2,12 milliards de dinars de recettes pour l’année 2018. Les exportations affichent une augmentation de quantité de 150 % pour l’année 2018 par rapport à la campagne de l’année précédente. Par contre, à cause de la chute du dinar, elles connaissent une baisse pour le début de cette année.

La France et le Canada sont les premiers clients de l’huile d’olive tunisienne. 26 % de l’or vert conditionné est exporté en France, la même quantité à Canada et 10 % chacun aux Etats-Unis et en Arabie Saoudite. Les Emirats Arabes unis et le Brésil importent quant à eux 7 % chacun. En ce qui concerne l’exportation d’huile d’olive en vrac, l’Espagne et l’Italie sont les premiers importateurs avec 34 %, suivis des Etats-Unis (18 %). Lorsque cette huile est vendue en vrac, ce sont les pays importateurs qui se chargent de l’embouteillage.Par ailleurs, au fil des ans, l’apparition des nouveaux marchés comme l’Inde, la Chine et les Etats-Unis ont permis d’améliorer le label de qualité de la production tout en fidélisant de nouveaux clients.

Parmi les marques les plus connues d’huile d’olive tunisienne, on peut citer la marque Terra Delyssa du groupe CHO. Cette marque a été créée en 1996. Son succès est dû à l’efficacité de son branding et la force de vente locale dans le pays où elle est exportée. Notons que ce brand est actuellement vendu dans 24 pays. Selon le PDG du CHO Group, Abdelaziz Makhloufi, la possession d’un stock dans les entrepôts et la connaissance de la culture du pays sont également des stratégies efficaces dans l’exportation.

Malgré la position de leader du pays en matière d’exportation d’or vert, le PDG de l’office national de l’huile d’olive se méfie des menaces des pays émergeants et de la baisse de l’engouement ou de la consommation mondiale. Cela impacte sur la quantité des huiles exportées en conditionnées par rapport à celles en vrac (10 % contre 90 %).

Cette filière porteuse produit 20 % des exportations mondiales d’huile d’olive. 50 entreprises tunisiennes exportent uniquement cet or vert et les produits tunisiens sont actuellement présents dans 50 pays alors qu’ils n’étaient présents que dans une vingtaine de pays auparavant. Cela n’a rien d’exceptionnel car la Tunisie possède les plus grandes surfaces destinées à l’oléiculture après l’Espagne.

Le secteur fournit des emplois non seulement pour les agriculteurs tunisiens mais aussi pour les frères Rochdi et Mouez Lahmar installés à l’étranger qui font la mise en bouteilles des huiles d’olive du Pays. Ces deux frères bénéficient de l’expériencede l’entreprise familiale produisant 7 000 tonnes d’huiles d’olives par an en Tunisie. Les deux frères installés au Canada depuis une quinzaine d’années ont décidé de lancer leur usine dans ce pays de l’Amérique du nord. L’entreprise prévoit la mise en bouteilles des huiles d’olive bio et extra-vierge ainsi que de l’huile d’olive aromatisée et non filtrée.

Cependant, la filière rencontre aussi des problèmes au niveau de main-d’œuvre et d’ouvriers qui vont faire la cueillette des oliviers. Les ouvriers sont réticents au travail de champs et les spécialistes de la cueillette n’effectuent pas aussi comme il faut leur tâche. La raison principale de cette réticence est la recherche d’un salaire plus élevé. La majorité des ouvriers dans ce secteur travaillent plus de 12 h. 61 % d’entre eux sont des saisonniers contre 28 % pour les ouvriers permanents. Les femmes font la récolte, les hommes transportent ces récoltes, sarclent et travaillent la terre. Certains de ces ouvriers doivent parcourir une dizaine de km voire plus pour rejoindre leur lieu de travail.

Or, le retard dans la cueillette réduit le rendement des récoltes tout en générant des vols d’olives. Une telle situation requiert une sensibilisation et une immobilisation des jeuneset des chômeurs dans les régionsoléicoles en cas de récolte abondante.Pour pouvoir espérer un retour sur investissement, les récoltes doivent être cueillies dans le tempslorsqu’elles arrivent à maturité. Elles doivent être transportées rapidement dans l’huilerie. Le stockage à l’air libre et l’exposition à la pluie affectent leur qualité et leur bénéfice.

Pour info, le secteur oléicole emploi plus de 1 millions de personnes si on compte la main-d’œuvre pendant les saisons de récolte. Ce qui constitue 20 % des emplois agricoles.

Cet arbre ancestral a été déjà cultivé en Tunisie depuis la nuit des temps. On parle même d’un tourisme agricole à cause de la vaste campagne d’oliviers dans le pays. Mais pour concrétiser ce projet, il faut doter d’infrastructures routières et hôtelières les zones oléicoles. Le gouvernement cherche également à maximiser ce potentiel à travers la vingtaine de projets de développement du tourisme biologique à Nabeul, Kasserine, Bizerte, Béja et Tozeur. Des tours opérateurs se lancent aussi dans ce projet avec un circuit de dégustation de cette huile ainsi que des leçons de gastronomie locale et ramassage des oliviers. Cela pourrait être une bonne alternative de relance du tourisme qui représente 7 % environ du PIB l’économie.

Rappelons que le pays a quelques 82 millions d’oliviers. Auparavant, il n’exportait que de l’huile en vrac mais la montée en gamme des produits tunisiens a changé la donne. L’explosion de l’exportation tunisienne de l’année dernière a été d’ailleurs mal vue par les agriculteurs de la région de Pouillesen Italie qui accusent la Tunisie de déstabiliser le marché mondial en battant le record des exportations. L’Italie en tant que deuxième producteur mondial de l’huile d’olive a essuyé une perte de production de 58 % l’année dernière. La région de Pouilles était la plus concernée par cette perte à cause des conditions climatiques mauvaises et l’attaque de la bactérie Xylella. La Tunisie quant à elle est victime de dénigrements sur le terrain Français et par les médias italiensà propos des produits d’huile d’olive bio contaminés, des produits non conformes etc. Une attaque qui n’épargne pas aussil’Italie sur la fraude de ses produits qualifiés « extra-vierge ». Histoire à suivre.

 

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