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Emploi Tunisie le travail à temps partiel saisonnier étudiant

Emploi Tunisie le travail à temps partiel saisonnier étudiant

 

  

Le niveau important de chômage, la productivité faible, le manque de création d’emplois stables caractérisent le marché du travail tunisien. Certains jeunes diplômés universitaires sont ainsi obligés de se lancer dans le travail partiel ou dans le secteur informel (en tant que travailleur freelance par exemple) pour ne pas être exposés au risque de pauvreté. Tandis que d’autres préfèrent attendre un recrutement dans l’administration publique au lieu de se tourner vers le travail informel ou les débouchés du secteur privé. Quoi qu’il en soit, on remarque un taux de chômage peu élevé chez les demandeurs d’emplois qui n’ont pas un certain niveau d’éducation scolaire. On attribue cela au fait qu’ils s’acclimatent facilement avec le travail temporaire ou saisonnier disponible. Le point sur le travail à temps partiel saisonnier étudiant en Tunisie.

Un aperçu des opportunités d’emplois en Tunisie

La création d’un marché de travail dynamique constitue le premier défi à relever pour le pays. Chaque année, on dénombre de nouveaux arrivants instruits de plus de 800 000 (jeunes hommes et jeunes femmes) qui cherchent à se frayer un chemin vers la réussite professionnelle. Ces sont surtout les emplois plus ou moins temporaires dans les secteurs manufacturiers, industriels, service et agricoles qui sont les moteurs de création du travail. Concernant l’agriculture, les emplois disponibles dans ce secteur attirent notamment la population qui ne dispose pas de qualification particulière. A noter que le segment le plus dynamique de l’économie tunisienne est le secteur manufacturier (le commerce et réparation automobiles, textiles et habillement, fabrication de cuir et de chaussures, fabrication de pièces électroniques et informatiques). Certains étudiants travaillent dans ces structures afin d’avoir accès à des études coûteuses d’ingénieur par exemple.

Les sociétés œuvrant dans la construction, le transport et entreposage, le service santé et action sociale etc. proposent également du travail à temps partiel ou saisonnier. A titre d’exemple, elles peuvent recruter des jeunes gens pour faire des enquêtes, ou de main-d’œuvre pour la construction d’un chantier. Les grands constructeurs des automobiles qui choisissent de s’implanter dans le pays offrent également des opportunités d’emplois pour les jeunes diplômés ou non. Ces sociétés ont profité des nombreux avantages d’économie d’impôts liés à l’offshoring tout en exploitant le capital humain. Les jeunes chômeurs qui n’ont pas un niveau de compétence élevé sont les plus orientés vers ces industries manufacturières. Il ne faut pas nier que ces dernières ont apporté leur contribution dans l’accélération de la croissance économique du pays. Les main-d’œuvre saisonnières ou fixes dans ces industries ont en général peu de qualification et n’imposent pas de prétention salariale élevée. C’est pourquoi, les emplois saisonniers et partiels se développent en principe dans les secteurs qui ne nécessitent pas beaucoup de compétence avec une faible productivité comme l’agriculture, ou le bâtiment. Les emplois qui requièrent de qualification élevée comme les techniciens ou le secteur artisanal ne recrutent que très peu d’emplois saisonniers. En fait le secteur privé est la principale source de création d’emplois étudiant ou saisonnier. Leur développement est facilité par la mondialisation et l’ouverture de l’économie.

Et si les nouveaux sortants universitaires préfèrent attendre leur chance d’être recruté en tant que fonctionnaire, c’est qu’ils aspirent à la sécurité d’emploi et la protection sociale. Des assurances qu’on ne retrouve pas dans les emplois à temps partiel. D’autant plus que la Tunisie ne possède pas un système d’assurance de chômage ; les travailleurs devront alors s’adapter aux changements de l’emploi.

Toujours dans ce contexte de travail saisonnier, on retrouve également les jeunes sortants des écoles d’arts et d’informatique qui se lancent dans l’auto entreprenariat. Les nouvelles technologies de l’information offrent des opportunités d’emplois plus ou moins intéressantes pour ces jeunes qui adoptent le statut de freelance. Comme la plupart des travailleurs en freelance dans les pays en voie de développement, ils travaillent au noir. Leur avantage c’est qu’ils ont plus de flexibilité au niveau de leur horaire et moins de contraintes. En outre, il leur est possible d’explorer d’autres champs d’action. En revanche, on peut également classer le statut de freelance dans la catégorie de travail partiel car les missions ne sont pas souvent ponctuelles. C’est justement ce caractère incertain qui n’attire pas les demandeurs d’emplois en quête d’une sécurité du salariat et d’une activité stable.

En ce qui concerne l’emploi étudiant au sein des universités, les étudiants peuvent s’occuper des animations culturelles, donner des cours informatiques, accompagner les personnes âgées dépendantes… Ils peuvent aussi faire un job temporaire dans les industries manufacturières ou dans les centres d’appels. Ces derniers proposent des contrats à temps plein, à mi-temps, à domicile ou des travails de nuit. Les opérateurs des call centres recrutent en général des personnes maîtrisant bien la langue française ou anglaise pour travailler en tant que conseillers client, télévendeurs ou téléopérateurs etc. Les primes variables motivantes, le salaire fixe assez rémunérateur comparé aux autres secteurs sont les challenges affichés par ces sociétés.

Et au milieu de ces chaînes d’emplois saisonniers et mi-temps, on trouve les familles d’artisans qui emploient occasionnellement des ouvriers à la pièce. Ce sont des très petites entreprises qui produisent des activités à petites échelles dans le cadre du secteur informel.

Les lois régissant le travail à temps partiel

En Tunisie, le travail à temps partiel se définit comme un emploi dont la durée ne dépasse pas 70 % des heures normales travaillées dans les entreprises. Ces emplois exigent un contrat de travail qui indique clairement la qualification professionnelle du travailleur, sa rémunération, la durée du travail. Ces travailleurs bénéficient des mêmes droits que les employés à temps plein, ainsi que les indemnités, le paiement des heures supplémentaires, les congés annuels payés, les jours fériés et les congés de maternité en proportion de leur temps travaillé. Ces travailleurs sont sujets au régime de sécurité sociale. Par ailleurs, l’intégration en temps plein des salariés qui sont sous ce régime à cause d’une grossesse ou pour soins d’un membre de famille malade est possible dès qu’il y a un poste vacant dans une société. Et ce en fonction de leurs qualifications professionnelles. Il est également interdit de cumuler le travail à temps partiel et le travail à temps plein. Tous les employeurs qui emploient des travailleurs à temps partiel sont également tenus d’inscrire dans un registre qu’ils auront à envoyer à l’inspecteur du travail les renseignements comme le nom et la date de naissance des travailleurs.

Les problèmes du secteur de travail à temps occasionnel et partiel en Tunisie

L’expansion du secteur privé et du secteur informel a permis d’alléger une partie du vaste problème du chômage du pays. Pour les micros et moyennes entreprises qui proposent ce type de contrat, elles ont à faire face à des problèmes encore non résolus. Il y a entre autres la faiblesse des structures, les contraintes budgétaires des petites et moyennes entreprises qui proposent ce type de contrat. De l’autre côté, les travailleurs sont soumis à l’instabilité de l’emploi, les conditions de travail difficiles, l’insécurité des revenus ainsi que la pression de productivité et de compétence dans ce marché. Enfin, pour les travailleurs en freelance, si ces activités constituent une solution au chômage face à des entreprises qui ne peuvent pas embaucher, ils auront à faire la prospection de clients afin d’avoir des missions. Le mode de travail ne convient donc pas à ceux qui aiment se sentir en sécurité.