Ce secteur regroupe les industries qui s’occupent de la transformation des matières premières provenant de l’agriculture (lait, fruits, légumes, grains…),de la pêche, ou de la viande en denrées alimentaires comme les conserves, les boissons, les pâtes alimentaires, les produits laitiers, les glaces et sorbets etc.Cette catégorie n’inclut donc pas les activités de l’artisanat commercial. En Tunisie, le secteur agro-alimentaire qui rassemble plus de 4800 entreprises est producteur de 3% du PIB national. Tour d’horizon sur les métiers et la santé de cette filière qui joue un rôle important dans l’économie du pays.
D’abord, on retrouve dans ce secteur d’activité les industries qui conçoivent, élaborent et commercialisent les produits alimentaires provenant de l’agriculture ou de la pêche. Cette catégorie comprend les industries transformant les plantes, les fruits, le lait, les céréales etc en aliments destinés à la consommation humaine. Ces usines utilisent pour la plupart des matières premières d’origine agricole. Les structures qui élèvent des animaux, cultivent des plantes ou des céréales à destination de cette industrie figurent aussi dans cette filière. La définition peut aussi s’étendre sur les structures qui fabriquent des aliments destinés aux animaux. A noter cependant que ce secteur diffère de l’agro-industrie qui regroupe l’agro-alimentaire, et les industries transformant les produits de l’agriculture, de la pêche ou des forêts en produits non consommables comme les biocarburants, les biomatériaux etc.
Cette filière agro-alimentaire mobilise ainsi des industries et des acteurs (l’Etat ou les gouvernorats) répartis dans les pôles de compétitivités suivantes:
Cette filière qui compte quelques milliers d’entreprises tunisiennes représente en termes d’emplois plus de 73 000 personnes. Ce réservoir d’emploi et de ressourcescommence à afficher une dynamique ces dernières années. Ce développement est tangible malgré les chocs de prix dans la filière laitière et la diminution de la contribution de ce secteur dans la production des industries manufacturières du pays. En effet, dans les années 60, cette filière apportait une part de 70 % dans cette production. Au fil des ans, cette part diminue pour devenir 19 % en 2012 et 18% ces dernières années.
Mais pour faire face aux difficultés du marché, les industries agro-alimentaires essayent de diversifier et d’améliorer leurs produits afin de créer de la valeur ajoutée. Elles modernisent également leur appareil de production et de la distribution afin d’améliorer la qualité des produits. Ces améliorations ont stimulé le développement du marché dans les pays limitrophes. Les chiffres indiquent d’ailleurs que les exportations de cette filière agro-alimentaire constituent 22 % des exportations en 2012.
Ce secteur est aussi confronté à une forte concurrence. D’où l’intérêt de l’amélioration de la compétitivité et de la valorisation des produits grâce à des innovations technologiques. L’activité de l’industrie se concentre davantage ainsi sur les axes suivants :
Ce secteur emploie des nombreuses personnes qui prennent en charge la production, la vente, la gestion, le conditionnement, l’acheminement des produits. Une bonne partie des industries agro-alimentaires sont des petites et moyennes entreprises. L’âge moyen de la moitié des travailleurs dans ce secteur est au-dessous de 30 ans. A cause de l’automatisation de la filière et de la recherche de personnel ayant plus de qualification, le secteur recrute tous les niveaux de la formation. On retrouve ainsi dans la ligne de production des industries des ouvriers de production, des techniciens de maintenance, des responsables de lignes automatisées, des techniciens qualité. Il y a également les employés chargés de packaging, l’animateur logistique, l’attaché commercial marchandising, l’ingénieur responsable de la qualité nutritionnelle des produits, le directeur… La liste est longue. Mais le niveau minimum requis varie du BEP au bac plus 5 pour les postes de dirigeants. Le secteur offre ainsi plusieurs débouchés pour des profils différents comme ingénieur de production, glacier, fromager, chocolatier,confiseur, brasseur, boulanger, aromaticien etc.
Pour rappel, en Tunisie, on compte plus de 1200 diplômés provenant des filières de l’agriculture, de l’entretien des bois, de la pêche et des sciences vétérinaires. Ce chiffre de sortants universitaires est le plus élevé dans la région du Maghreb.
Le secteur agro-alimentaire du pays se démarque par ses travaux de recherche et de développement de méthodes de production. L’établissement d’une synergie entre les industries et les centres de recherche ont permis la mise en place d’une soixantaine de laboratoires et des centaines d’unités de recherche. Parmi ces unités, nous pouvons citer : le centre technique de l’agro-alimentaire, l’institut de recherche, centre de biotechnologie et déco-technologie etc.
Le centre technique de l’agro-alimentaire figure parmi les établissements de recherche du pays. Il œuvre dans le contexte du développement de la compétitivité de cette industrie. Cet acteur de référence accompagne la transformation et l’innovation des entreprises et l’environnement durable. Pour ce, il met à la disposition des entreprises alimentaires des ingénieurs qui effectuent l’analyse, l’étude, la qualité, la formation ou encore l’assistance de leur structure.
Notons enfin que le fait d’être soumis aux normes de sécurité alimentaire depuis l’an 2001 a aussi obligé le pays à améliorer les pratiques professionnelles. La mise en place de bonnes pratiques d’hygiène et le respect des normes de certification internationales ISO 22000 sont parmi les exigences de la réglementation.
Le secteur agro-alimentaire tunisien offre plusieurs opportunités de partenariat et de coopération avec l’Algérie et la Libye, deux pays voisins avec lesquels la Tunisie partage des liens historiques et culturels forts. Voici quelques opportunités potentielles pour le secteur agro-alimentaire tunisien dans chacun de ces pays :
L’Algérie : L’Algérie est un marché important pour les produits agro-alimentaires tunisiens. Les opportunités de partenariat incluent la production et la commercialisation conjointe de produits agro-alimentaires, ainsi que la fourniture de produits agricoles et alimentaires tunisiens à l’Algérie. Les produits tunisiens tels que les dattes, les olives, les huiles végétales, les conserves de légumes et les produits laitiers peuvent être intéressants pour le marché algérien.
La Libye : Malgré l’instabilité politique en Libye, il existe des opportunités de coopération pour le secteur agro-alimentaire tunisien. Les opportunités de partenariat incluent la fourniture de produits agricoles et alimentaires tunisiens à la Libye, ainsi que la production et la commercialisation conjointe de produits agro-alimentaires. Les produits tunisiens tels que les fruits, les légumes, les produits laitiers, les conserves et les pâtes alimentaires peuvent être intéressants pour le marché libyen.
Enfin les opportunités de partenariat et de coopération dans le secteur agro-alimentaire entre la Tunisie, l’Algérie et la Libye dépendront de facteurs tels que les réglementations commerciales, les coûts de production, la qualité des produits et la demande des consommateurs. Il est important pour les entreprises tunisiennes du secteur agro-alimentaire de mener des études de marché et des analyses de faisabilité avant de chercher à s’implanter dans ces deux pays voisins. Ces entreprises tunisiennes doivent s’adresser à des agences de communication afin de créer un site web très bien référencé, d’enrichir les réseaux sociaux de l’entreprise avec la création d’un contenu intelligent dans un but ultime d’améliorer l’image de l’entreprise spécialisé en agro-alimentaire et cibler ainsi les entreprises clientes algériennes et libyennes.
Le secteur agro-alimentaire en Tunisie offre des offres d’emploi dans divers domaines, notamment la production, la transformation, la commercialisation, la recherche et le développement. Voici quelques exemples d’offres d’emploi dans ce secteur :
Ingénieur agroalimentaire : Les ingénieurs agroalimentaires sont responsables de la conception, du développement et de l’amélioration des processus de production, de la qualité des produits et de la sécurité alimentaire. Ils peuvent travailler dans des entreprises de transformation alimentaire, des laboratoires d’analyse, des coopératives agricoles ou des organismes gouvernementaux.
Technicien de laboratoire : Les techniciens de laboratoire travaillent dans des laboratoires d’analyse pour effectuer des tests sur les produits alimentaires, surveiller la qualité des matières premières, des produits finis et de l’eau. Ils doivent avoir une connaissance approfondie des normes de sécurité et de qualité alimentaires.
Commercial export : Les commerciaux export travaillent dans des entreprises agro-alimentaires pour développer et gérer les marchés à l’exportation des produits. Ils doivent avoir des compétences en négociation et en communication, ainsi qu’une connaissance approfondie des réglementations commerciales internationales.
Responsable de production : Les responsables de production sont chargés de planifier, d’organiser et de superviser la production de produits alimentaires dans une entreprise. Ils doivent s’assurer que la production est réalisée de manière efficace et efficiente tout en respectant les normes de qualité et de sécurité alimentaires.
Chef de produit : Les chefs de produit sont responsables de la gestion et du développement d’un portefeuille de produits alimentaires. Ils doivent avoir des compétences en marketing et en analyse de marché, ainsi qu’une connaissance approfondie des tendances alimentaires et des préférences des consommateurs.
Certainement il existe de nombreuses autres offres d’emploi dans le secteur agro-alimentaire en Tunisie. Les entreprises du secteur peuvent publier des offres d’emploi sur des sites de recrutement en ligne ou encore en utilisant leur propre site web et les réseaux sociaux pour trouver les meilleurs candidats.
Même si cette filière n’est pas dans le rang des premiers secteurs d’activités en termes de PIB ou de CA en Tunisie, elle constitue un maillon de l’économie du pays. La mise en place des nouvelles orientations stratégiques et le respect des normes constituent des gages de qualité tout en offrantdes retombées économiques plus intéressantes.