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  Les agences intérim en Tunisie Les avantages et les inconvénients d’intérim Les emplois intérimaires et l’économie tunisienne   Beaucoup d’entreprises tunisiennes ont recours à des agences intérim afin de pallier l’absence d’un employé, d’assurer la continuité du travail pendant la période estivale ou lors d’une croissance soudaine de leur activité. La validité d’un contrat intérimaire est d’une durée de 1 jour à 18 mois. Dans certains cas seulement, il peut s’étendre à 24 mois. Ce contrat à durée déterminée offre plusieurs avantages et inconvénients aux employeurs et salariés à cause de sa flexibilité.Les emplois intérimaires participent aussi à l’économie tunisienne. Coup de projecteur sur ces solutions personnalisées pour l’embauche. Les agences intérim en Tunisie Le contrat intérimaire permet aux entreprises d’avoir des compétences variées et à forte valeur ajoutée que lors d’un recrutement traditionnel. Ce travail peut concerner tout le monde, ouvrier, salarié ou cadre mais il repose sur le fait d’effectuer des missions pour une durée déterminée. Ce contrat peut suivre d’un CDI ou CDD ou d’un renouvellement selon le besoin de la structure. Si l’entreprise passe par une agence intérim pour trouver l’intérimaire, il y aura deux contrats, le premier conclu entre l’agence intérimaire et la société qui emploie le salarié, l’autre l’agence et le salarié. A Tunisie, on retrouve quelques agences spécialisées dans l’accompagnement des entreprises dans la recherche et la sélection des salariés ou cadres pour des projets temporaires. Citons entre autre Human Force qui peut assurer à la fois le processus de sélection pour un recrutement périodique et permanent.Poly Intérim, présent dans ce créneau depuis 1991, un pionnier dans le concept d’intérim sur le marché d’emploi tunisien répond également aux besoins de l’entreprise dans la formation, conseil et accompagnement RH. Son objectif est l’engagement d’un personnel compétent afin de répondre au mieux aux besoins de ses clients. Manwork , est également un cabinet de recrutement international basé à Tunis qui peut chercher des profils spécifiques pour un travail d’intérim ou pour un long terme. Senior interim et adecco tunisie sont aussi deux autres agences de recrutement intérim proposant différents profils. Pour la première, leur base de candidats est notamment composée des seniors ayant plusieurs années d’expérience dans leur domaine tandis que le deuxième site propose des profils dans différents secteurs : médical, ressources humaines, comptabilité et finance, science, marketing, transport, vente, administration etc. Les avantages et les inconvénients d’intérim Ce contrat qui peut être signé entre trois parties, l’agence en intérim, l’employeur et le salarié présente des avantages certains pour la société et l’employé. -Pour l’employeur : il permet à la structure de combler un besoin urgent pour remplacer une personne absente à cause d’un congé de maternité, d’une hospitalisation ou d’autres raisons. L’employeur qui a recours à ce processus de recrutement peut bénéficier également d’un contrat souple. Il peut allonger ou raccourcir le contrat sans devoir ajouter un avenant. De plus, cela lui permet d’éviter le coût d’une masse salariale au-dessus de la capacité financière de la structure surtout s’il s’agit d’une TPE. De ce fait, il limite également les risques prud’homaux avec le non-respect de la législation. L’intérim peut présenter aussi un avantage fiscal pour l’entreprise avec la comptabilité car il s’agit d’une charge externe. -pour le salarié : ce contrat permet aux jeunes diplômés chômeurs manquant d’expérience d’accéder à un bon poste. Il leur permet donc d’avoir des expériences professionnelles de qualité et diversifiées même pour une durée déterminée. C’est aussi un bon moyen de diversifier son réseau professionnel. Le salarié en intérim bénéficie également des avantages comme les indemnités compensatrices de congés payés et d’autres primes. Ces avantages constituent environ 10 % de la rémunération brute du salarié. Enfin, comme il est de plus en plus difficile de trouver un CDI, beaucoup de cadres, ouvriers dans le bâtiment dans le secteur industriel qui ont accepté ce type de recrutement finissent aussi par se trouver employé dans l’entreprise après l’intérim. Le renouvellement du contrat est donc fréquent quel que soit le pays où se trouve l’intérimaire, à condition que l’entreprise soit satisfaite de son travail. Voilà pour les avantages, mais ce type de recrutement flexible ne manque pas aussi des inconvénients. Pour l’employeur, le coût de ce contrat est plus élevé par rapport à un contrat classique. C’est parce qu’il doit s’acquitter de la commission de l’agence qui a sélectionné l’intérimaire, le salaire et les charges liées au contrat du travail temporaire. A cela s’ajoute la perte du temps avec les formalités administratives. Pour les salariés, beaucoup ne prisent pas ce type de contrat car il leur empêche de se projeter, de faire un crédit pour acquérir une voiture, un appartement, ou de faire un voyage. Le salaire perçu ne leur permet pas également de subvenir à leurs besoins du fait de la précarité de leurs revenus. En effet, le contrat achevé, il peut se passer des mois avant qu’une autre mission soit proposée. Or, l’un des critères d’octroi de crédits bancaires est la stabilité professionnelle. Les intérimaires sont aussi quelquefois dévalorisés par certaines entreprises. Elles leur confient les tâches fatigantes et ingrates que les autres salariés refusent de faire. Les emplois intérimaires et l’économie tunisienne Avec le taux de chômage dans bon nombre de gouvernorats en Tunisie, il est rare qu’une offre en intérim ne trouve preneur rapidement. De plus, les missions ne sont pas forcément de courte durée. Dans certains cas, les entreprises peuvent les prolonger pendant 4 à 6 mois selon leurs besoins. Pour les salariés et ouvriers qui peuvent se contenter du « faute de mieux » cette solution hybride entre le statut de salarié et d’entrepreneur est le bienvenu. S’ils arrivent à enchaîner quelques missions en intérim pendant quelques années, tout en faisant d’autre occupation pendant leur temps d’inactivité, ils peuvent tout de même satisfaire leurs besoins. Le souci de l’amélioration de l’avenir des seniors est d’ailleurs la vocation principale de la compagnie Senior intérim. Vu le taux de chômage en Tunisie, qui frappe tous les âges, même si les jeunes diplômés universitaires sont les plus concernés, cette initiative mérite d’être accueillie favorablement. Pour la petite histoire, le fondateur, l’ex-DG de la compagnie britannique Pétrofac a décidé de tout quitter pour créer sa propre compagnie, Senior intérim. Pour lui, il est inacceptable que l’expertise accumulée pendant des années soit oubliée car non exploitée. D’autant plus que les pensions de retraite ne sont pas suffisantes pour les seniors. C’est pour cela qu’il propose un frais d’adhésion pour les retraités référencés sur le site afin que les entreprises puissent les rémunérer en tant qu’intérimaire dans la légalité. Cette compagnie qui révolutionne les mœurs compte d’ailleurs ouvrir une radio pour les seniors. Cet outil servira un moyen pour parler des success stories des seniors et des jeunes promoteurs. Les seniors adhérents pourront aussi venir à la radio est se présenter en parlant de leurs expériences et leurs compétences. Ce qui permet aussi d’avoir un contact direct entre le recruteur et le contracté. L’objectif de Senior intérim est donc de permettre aux retraités de participer à la formation des jeunes tout en améliorant leurs propres conditions financières grâce aux honoraires perçus. Pour conclure, les jeunes sortants universitaires, les femmes, les seniors et toutes les personnes exclus du marché de travail peuvent commencer par tenter leur chance avec un contrat par intérim. Si la chance leur sourit, ce type de contrat est susceptible de se transformer en CDD ou CDI
La production de céréales en Tunisie Céréales : import et export en Tunisie Les avantages et les aides de l’Etat pour les agriculteurs   La Tunisie doit compter sur la France pour l’approvisionnement des céréales du pays. Cela est également valable pour les autres régions du Maghreb qui souffrent des conditions climatiques défavorables et de la difficulté économique. Pour la saison agricole de cette année 2019, cependant, si on tient compte des prévisions de récolte céréalière de la Tunisie, les récoltes céréalières atteignent son niveau record de 2 millions de tonnes. Une bonne nouvelle qui pourrait amortir les coups durs après 3 années de sécheresse. La production de céréales en Tunisie La bonne pluviométrie dans les provinces impacte sur la quantité de céréales récoltées de cette année, si on tient compte de l’estimation dans le budget économique 2019. Les superficies ensemencées ont atteint 1 220 000 ha, dont 849 000 ha situées dans les parties nord et le reste dans les gouvernorats du centre et du sud. Rappelons que pour l’année précédente, la récolte de céréales affiche 14,3 millions de quintauxalors que cette année, elle est estimée à 19 à 20 millions de quintaux. Mr Mohamed Rjaibia, chargé des grandes cultures quant à lui, a indiqué que le 2 millions de tonnes est une surestimation. Il pense que la récolte céréalière de cette année n’atteint pas un tel record et qu’elle ne peut pas dépasser les 16 ou 17 millions de quintaux. Pour lui, les problèmes se trouvent au niveau de collecte et de capacité de stockage. La capacité de collecte du pays est limitée à 8,5 à 9 millions de quintaux et le reste sera stocké à ciel ouvert. Si on se réfère aux statistiques de l’office des céréales, le pays injecte 600 millions de dinars chaque année pour l’approvisionnement en céréales comme le blé tendre, le blé dur, l’orge fourragère… Les causes de cette dépendance del’extérieur en matière de l’importation sont nombreuses. Premièrement, les agriculteurs ne disposent pas d’assez de ressources financières pour s’approvisionner en semences et plants. Au cours d’une saison agricole, des catastrophes naturelles provoquantun incendie, des dégâts, des inondations, des chutes de grêle dans les exploitations céréalières pourraient aussi survenir. Il y a également les difficultés de la calibration auxquelles les producteurs doivent faire face. Cela pourrait réduire la quantité de la production. D’un autre côté, l’augmentation des prix de céréales ne suffit pas aussi pour couvrir les coûts de production.Sans oublier la baisse des crédits de recherche sur l’amélioration de nos systèmes de production et leur adaptation sur les problèmes environnementaux. La solution permettant d’améliorer notre production de céréales consiste à relancer la recherche en agronomie, à restructurer le marché tout en aidant financièrement les agriculteurs, et à améliorer notre capacité de collecte et de stockage. Céréales : import et export en Tunisie Selon les statistiques de l’INS, la Tunisie enregistre une hausse constante de volume d’échanges commerciaux avec l’extérieur au cours de l’année dernière. La hausse à l’export tourne autour de 3,7 % contre 1,1 % pour l’import. La hausse de l’importation en volume concerne le secteur de l’énergie et du lubrifiant à hauteur de 18,1 %. Quant à la hausse des exportations en volume, elle touche notamment l’agriculture et le secteur agroalimentaire. Rappelons d’ailleurs que pour l’année 2017, la Tunisie a importé 100 000 tonnes de blé tendre et 50 000 tonnes d’orge. Et ce malgré la récolte de céréales de 1,6 million de tonnes au cours de la saison agricole 2016-2017. La Tunisie est obligée de recourir à l’importation afin de subvenir à ses besoins. Elle importe notamment du blé tendre. La France tient régulièrement plus de 15 % des parts du marché de fournisseur de blé depuis ces dernières années. Pour l’année 2016, par exemple, les importations de blé du pays proviennent de l’Ukraine, de Russie, de Roumanie de France et de Belgique. Les chiffres ont également montré que les exportations de céréales de la France affichent une baisse dans la région du Maghreb alors qu’elles sont en hausse sur le Moyen-Orient.Depuis 2016, le principal importateur de l’orge français est l’Arabie saoudite. Le volume des autres pays importateurs a aussi augmenté, par exemple, la Tunisie a augmenté de 23 % des importations d’orge de France, contre 75 % pour le Maroc. Mais les importations françaises de l’orge vers les pays européennes restent stables. Pour l’année 2016, les exportations tunisiennes de blé tendre vers les pays tiers affichent aussi une croissance de 63 % grâce aux importations algériennes. Il en est de même pour les exportations de blé et de maïs dans les pays de l’Union européenne qui affiche une haussepar rapport àla campagne 2016-2017. Ces statistiques s’expliquent par la montée en puissance de la Russie dont les exportations de céréales battent le record avec un volume de 52,2 millions de tonnes. Mais comme on l’a déjà dit, il importe aussi d’apporter des réformes structurelles afin de rationaliser les importations de céréales et réduire les importations des autres produits classiques. Dans cette optique, le ministre ZiedLaâdhari a indiqué que son département a pris des mesuresvisant à améliorer la balance des opérations de l’import-export du pays. On peut citer entre autres la hausse de la taxe douanière, le renforcement du contrôle technique sur les importations sur les importations, le lancement de négociations avec l’UE pour maîtriser le déficit commercial, la demande d’une assistance technique pour percer le marché turc et chinois… Les avantages et les aides de l’Etat pour les agriculteurs Les agriculteurs tunisiens ne peuvent pas se passer des aides de l’Etat. En effet, ils sont confrontés à plusieurs problèmes comme les conditions climatiques peu clémentes, la sécheresse, la grêle, la neige, la forte pluviométrie etc. Tout cela acausé des pertes d’une valeur de 345 millions de dinars depuis 2011 selon le ministre de l’agriculture. Afin d’indemniser les agriculteurs et les marins-pêcheurs victimes de ces calamités naturelles, le gouvernement est obligé d’instaurer un fonds de dédommagement dans le cadre de la loi de finances 2018 pour dédommager ces sinistrés. Cette couverture concerne les pertes dues aux inondations, tempêtes, aridité, neige, gelée aux cultures irriguées, aux produits agricoles et aux animaux d’élevage et de pêche. Ce fonds est indispensable pour les agriculteurs tunisiens car sur les 5,4 millions d’hectares cultivables, seuls 400 000 sont irrigués en cas de sécheresse. Les cultures restantes qui sont notamment des productions céréalières doivent se soumettre aux variations climatiques. Les producteurs de céréales sont ainsi confrontés à une disette une année sur trois. Ce qui se répercute dans leur capacité de remboursement de crédits. De plus, les cultures de taille réduite dominent la superficie nationale. Elles sont assurées par des petits agriculteurs qui ne disposent pas de connaissance adéquate pour faire face aux changements climatiques naturels. Le fonds d’indemnisation est financé par l’Etat à hauteur de 30 MD par année, avec un prélèvement de taxe de solidarité nationale de 1 %sur certains produits comme les céréales collectées par l’Office de céréales. Les agriculteurs déclarants doivent aussi payer une cotisation annuelle fixée à 2,5 % de la valeur de la production assurée. Par ailleurs, les bénéficiaires de cette caisse de compensationsont uniquement les agriculteurs assurés par la société d’assurance en charge de la gestion de fonds. Notons enfin que l’encouragement de culture biologique pourrait aussi sauvegarder le maintien en active des agriculteurs tout en préservant les ressources naturelles.
  Zoom sur les tunisiens résidents à l’étranger Retour des Tunisiens résidents en étranger en été Faire participer les résidents à l’étranger à l’économie tunisienne   Préoccupés par l’avenir et étouffés par la peur de devoir faire partie des chômeurs diplômés du pays, beaucoup de jeunes Tunisiens rêvent de quitter la Tunisie. D’autres pensent aussi qu’à l’étranger, il y a plus d’opportunités de s’enrichir que dans le pays. Ainsi, depuis la Révolution, on compte pas moins de 13 % de la population tunisienne, soit 1,5 million environ à l’étranger (y compris ceux sans papier). Ces chiffres sont basés sur l’estimation des statistiques consulaires de l’année 2015 et les vagues migratoires en France et en Italie. Pour l’Etat, le défi c’est de trouver les moyens d’atténuer le flux des migrants à travers la formation professionnelle et de faire participer les tunisiens à l’étranger dans la croissance économique du pays. Zoom sur les tunisiens résidents à l’étranger Selon le chiffre donné par l’observatoire national de la migration (ONM) en Tunisie, la population tunisienne s’élève à plus de 11 444 000 habitants en 2017. Les résidents à l’étranger, quant à eux sont au nombre de 1 424 386 personnes. A cela s’ajoutent les sans-papiers et les ressortissants non enregistrés comme les enfants des parents mixtes etc. L’effectif de ces derniers peut atteindredans les environs de 90 000 personnesen France et à Italie depuis 2011. La France tient le premier rang en nombre de TRE avec un chiffre de 800 000 immigrants. L’Italie et l’Allemagnela suivent avec 240 000 et 120 000 émigrés. Les TRE en Belgique et au Canada sont quant à eux au nombre de 30 000. La majorité des expatriés dans les pays de l’Union Européenne sont des jeunes de moins de 35 ans. Il y également ceux dans les Emirats Arabes Unis, de Qatar avec29 000 contre 27 000 immigrés, pour ne citer qu’eux. Le phénomène de migration de cerveaux touche notamment le secteur de médecine, la formation professionnelle et l’ingénierie. Ce n’est pas uniquement l’affaire de l’Etat. Le secteur civil et le secteur privé ont aussi leur rôle à jouer dans ce fléau. Pour soigner ce mal qui ronge le pays, il convient de revoir les conditions de travail des médecins dans les hôpitaux ainsi que l’augmentation des salaires du personnel médical et paramédical. En effet, plusieurs hôpitaux dans les gouvernorats manquent d’équipement médical et certains sont même en mauvais état. Il y a également la surcharge de travail pour les internes et les étudiants et le manque de motivation.De leur côté, on sait également que les ingénieurs tunisiens sont demandés par les pays Européens et les Etats-Unis d’Amérique, surtout les spécialistes en informatique. Le moyen permettant de les retenir dans le pays consiste à améliorer leurs conditions salariales et augmenter les opportunités d’emplois dans le pays. Pour les enseignants universitaires, il faut aussi chercher une solution avec l’amélioration de leur rémunération et leur carrière. Quant aux autres migrants non diplômés, certains décident de quitter le pays car ils ont des problèmes de liberté de culture. D’autres pensent trouver des meilleures opportunités à l’étranger. Retour des Tunisiens résidents en étranger en été Les expatriés Tunisiens ont l’habitude de retourner au pays pendant la période estivale. Bon nombre de familles Tunisiennes ont d’ailleurs un membre à l’étranger. Ils ne sont pas tous des expatriés ayant une bonne situation. La communauté tunisienne en France est en effet composée de retraités, de membre d’une famille modeste qui ne dispose pas de bonnes ressources. D’autres sont également confrontés avec des problèmes financiers dus à la souscription à un prêt immobilier pour accéder à l’achat d’un bien immobilier en France.La situation du pays d’accueil a également changé depuis ces dernières années. Malgré cela, ils souhaitent prendre leurs vacances d’été au pays afin de revoir leurs familles ou afin de gérer leur patrimoine. Mais avec le coût actuel de la Tunisair et de la CTN, ils ne peuvent pas se permettre de rentrer au pays. Pour l’info, la Tunisair est obligée d’afficher des prix élevés à cause des difficultés financières qu’elle aurait à régler. En effet, le tarif de la Tunisair pour deux heures de vol est compris entre 550 et 750 euros pour l’aller-retour. Un coût prohibitif comparé aux revenus mensuels des immigrés dont la plupart ne perçoivent pas plus de 1500 euros et qui doivent aussi assumer la charge de leurs familles. En plus de ce tarif exorbitant, cette compagnie aérienne ne propose pas non plus de services satisfaisant avec ses retards ou annulations de vol, l’accueil insatisfaisant à l’aéroport. La CTN ne fait pas aussi mieux avec le tarif qu’elle applique.Tout cela ne constitue pas un encouragement pour les expatriés à passer les vacances au pays. Rappelons que le bureau tunisien de l’immigration et de la main-d’œuvre étrangère n’accorde que 6 000 permissions de travail environ par an. Ce sont notamment les compétences qui peuvent apporter de valeur ajoutée à l’économie et à la promotion des produits Tunisiens qui bénéficient de ces permissions. Or, la diaspora tunisienne joue un rôle non négligeable dans l’économie tunisienne avec leur envoi d’argent qui contribue à hauteur de 2 milliards de dollars, soit 5 % du PIB du pays. Pendant leur vacances d’été au pays, elle fait aussi des dépenses avec les restaurants, les sorties à la plage, l’aide de leurs familles etc. Ces dépenses peuvent atteindre de milliers d’euros pour une famille ayant une situation financière moyenne sans compter le frais du billet aller-retour. Ainsi, pour passer leur vacance estivale au pays,un couple avecdeux enfants doivent ainsi mettre de côté au moins 7 000 euros pour les billets d’avion et les dépenses.Et s’ils préfèrent faire une traversée en ferry, le coût est de 2 250 euros sans compter les frais de chambre d’hôtel, le repas dans le ferry…De plus, au programme, il n’y a que les traversées début de juin et fin de septembre depuis le port de Marseilles au port de Zarzis. L’Etat devrait ainsi chercher une solution pour résoudre ce problème des expatriés afin de faire revenir ces immigrants dans le pays pendant les vacances d’été. Faire participer les résidents à l’étranger à l’économie tunisienne A l’ARP, la Commission des affaires des Tunisiens à l’étranger ont débattu la possibilité d’ouverture de compte d’épargne et de compte devises au profit de la communauté des tunisiens à l’étranger. Elle a aussi débattu la création d’un fonds d’investissement pour le financement de projet de communauté tunisienne à l’étranger. La commission a proposé la possibilité d’ouverture de comptes d’épargne en devises et le transfert en économies en devises aux banques locales avec une hausse du taux d’intérêt à 3 ou à 4 %. La séance de travail a souligné aussi l’importance des campagnes de sensibilisation et d’information sur les mesures prises par l’Agence foncière de l’habitation (AFH). Ces mesures consistent à consacrer 5 lots individuels aux Tunisiens qui résident à l’étranger et à appliquer cette procédure aux lots collectifs. La possibilité des Tunisiens de payer les frais de douane par le biais de leur carte bancaire en Tunisie est aussi au cœur du débat de la commission des affaires des Tunisiens.Tout cela est étudié pendant la séance du travail du 20 mai 2019 dans le but d’améliorer la situation des expatriés tunisiens et les encourager à investir dans le pays.
  Le mode de consommation de la société tunisienne La saison estivale et le tourisme en Tunisie La saison estivale et l’économie Tunisienne   Même si les inégalités sociales se creusent de plus en plus après la révolution, les vacances sont un bien-être que les Tunisiens dans les grandes villes considèrent indispensable au même titre que la possession d’une voiture, d’un logement ou de l’électroménager. Ainsi, le ramadan passé suivi de la fin de l’année scolaire, beaucoup attendent déjà avec impatience le début des vacances d’été.La mode de vie des Tunisiens résidant en ville ont en effet changé depuis ces 20 dernières années. Malgré la baisse des achats en ligne et le règlement par carte bancaire, le nombre total des ménages ayant souscrit à un prêt bancaire pour accéder à des biens de consommation a augmenté sur l’année 2017 à 2018. Un petit focus sur la société de consommation tunisienne, la saison estivale et son impact sur l’économie du pays. Le mode de consommation de la société tunisienne Depuis ces 5 dernières années, le PIB par habitant de Tunisie affiche une baisse. Cependant, dans les grandes villes, les citadins enregistrent des niveaux de consommation plus élevés. Cette information provient de l’enquête publiée par l’Institut national de la consommation. Cette tendance est causée par des facteurs culturels, économiques et démographiques. Les dépenses concernent notamment l’alimentation, le bien-être, le moyen de transport et l’accès au logement. L’impact de la publicité commerciale sur l’achat des biens à la consommation entraîne la hausse des prêts bancaires et du taux d’endettement des Tunisiens dans les grandes villes. Le changement des modes de consommation se reflète aussi sur l’augmentation des patients souffrants des pathologies comme l’hypertension artérielle, le cholestérol, l’obésité. L’enquête a indiqué également que les consommateurs tunisiens montrent plus d’exigence lorsqu’ils font des achats. Ils s’informent d’abord sur la marque, la qualité des produits qu’ils vont acheter et préfèrent avoir une plus grande variété de choix. Environ 93 % des citadins enquêtés ont ainsi répondu qu’elles disposent d’une machine à laver et 36 % possèdent d’ordinateurs contre 25,6 % pour les appareils photo et tablettes numériques. 36 % des familles enquêtées ont ainsi indiqué qu’elles ont au moins un membre de leur famille qui a contracté un prêt bancaire pour accéder à un bien à la consommation. 51 % font leurs emplettes auprès des surfaces commerciales. La saison estivale et le tourisme en Tunisie Outre les dépenses pour les biens à la consommation, les consommateurs tunisiens ont également un véritable attrait envers les vacances. Malgré les tarifs des hôtels prohibitifs, les plages bondées et les problèmes de propreté des plages, les bains de mer sont des rituels à ne pas manquer pour de nombreux citadins. Concernant justement l’entretien des plages et des espaces verts, des entreprises privées s’occupent depuis cette année de la collecte des déchets, et le nettoyage à l’aspirateur des plages. Des conteneurs sont également installés dans les zones touristiques. En dehors de ces mesures, le ministère des affaires locales et de l’environnement cherchent aussi des moyens pour s’attaquer aux moustiques qui se multiplient avec le problème du marécage. De plus, dans la commune de Raoued dans le gouvernorat d’Ariana, 45 nageurs sauveteurs sont recrutés pour surveiller les baigneurs dans cette plage pour cette année 2019. La municipalité a également taillé les palmiers et les arbres aux abords de la route. En ce qui concerne les recettes touristiques au cours de cette année, elles affichent une progression de 37,7 % au mois de mai par rapport à l’année précédente. Les touristes augmentent de + de 14,5 % au mi-mai avec la venue des Européens. Les Français sont en tête des 2,4 millions de touristes avec 244 000 touristes, puis on retrouve les Allemands avec 54, 3 milles touristes. L’objectif est d’atteindre 1 million de visiteurs Français et le même chiffre pour les touristes Allemands au cours de prochaines années selon le ministre du Tourisme, René Trabelsi. Les autres nationalités, quant à eux, comptent 241,3 milles visiteurs. Parmi ces derniers, on retrouve les Algériens, 777 073 depuis le début de cette année jusqu’au mi-mai puis les Lybiens 642,8 milles visiteurs. En guise d’info, les visiteurs Algériens qui sont venus au paysau cours de l’année dernière atteignent 2,7 millions. Le nombre des Chinois qui débarquent au pays a aussi affiché une hausse de + de 11,8 % au cours de cette année. Ces chiffres impactent sur les nuitées touristiques qui ont également progressé de 17,1 % avec des nuitées des personnes non-résidentes en hausse de plus de 26 %.Les régions ayant affiché le plus grand nombre de nuitées sont la Sousse, Yasmine-Hammamet et Tunis-côte. Ces statistiques constituent une belle perspective pour la Tunisie qui était rudement secouée par les attentats au Tunis. Pour cette saison estivale 2019, les réservations grimpent de 55 %. Elle se trouve ainsi à la quatrième place des destinations prisées des Français. Cette embellie du tourisme se répercute également sur les devises du pays. Jusqu’au mois d’avril 2019, les recettes du secteur atteignent 331 millions d’euros. Ce qui affiche une hausse de 36,4 % comparées à l’année précédente. Pour autant, cela ne fait pas oublier le problème du tourisme balnéaire tunisien.Pour y remédier, le ministre du tourisme vise à proposer une découverte autre que les vacances balnéaires aux touristes avec le sport, la thalasso, le Sahara etc.Quant aux attentats qui font fuir les touristes, le ministre a rappelé qu’il fait des efforts dans le rétablissement de la sécurité. La saison estivale et l’économie Tunisienne Depuis longtemps, la Tunisie est considérée comme un acteur majeur dans le tourisme arabe dû à sa position stratégique et à ses attraits culturels et touristiques. Pour les hôteliers, l’arrivée des vacances constitue une manne qui leur permet de renflouer leur compte. En effet, les clients locaux tout comme les touristes dépensent plus pendant cette saison. A titre d’exemple, la nuit en demi-pension coûte 170 dinars tandis que les places au soleil à Hammamet est dans les environs de 1500 dinars à 3000 dinars la semaine dans un appartement ou une villa riche. Or, ces chiffres sont trompe-l’œil car le tourisme marocain rapporte quatre fois plus que le tourisme tunisien. Pour l’année 2018, par exemple, chaque touriste qui a visité le pays jusqu’au 30 juin a dépensé 140 dollars environ alors que chaque touriste marocain a rapporté 612 dollars. Les causes en sont les partages des recettes entre les hôteliers et les agences de voyages tunisiens qui tirent le prix vers le bas à moins de 75 % pour attirer plus de touristes. Voilà pour les touristes et les restaurateurs, mais pour l’économie de l’Etat, malgré la hausse de 8,3 millions de visiteurs, les recettes en devise n’ont pas suivi la même augmentation. Et pour cause, le secteur a fait entrer dans la caisse de l’Etat 1,85 milliard euro en 2010 contre 1,30 à milliard en 2018. Cela est dû au glissement du dinar tunisien et aussi à la baisse des recettes de l’exportation de l’huile d’olive. Le tourisme et l’agriculture (en particulier l’huile d’olive) sont responsables du faible apport en devises. Pour la petite info, on constate une perte de 15 % de la valeur de dinar face à l’euro depuis le début de l’année 2018. Le taux directeur de la banque centrale a augmenté aussi de 2,75 %. Ce qui rend le refinancement difficile à l’Etat tandis que la dette publique ne cesse d’augmenter. De leur côté, les banques octroient du crédit plus qu’elles ne reçoivent de dépôt. Bref, face au contexte actuel, les économistes maintiennent leur point de vue négatif malgré le repart à la hausse du tourisme.  
  L’agriculture : un secteur en difficulté en Tunisie L’agriculteur face à l’Etat Les solutions de l’Etat pour l’agriculture   Le secteur agricole du pays nécessite une restructuration pour pouvoir faire face à la concurrence des grands groupes industriels tunisiens et être capable de se conformer au marché européen. De plus, la mesure libérale d’ouverture totale du marché se répercute sur les emplois de l’agriculture et la vente de la production locale. Des produits agricoles risquent ainsi de disparaître due à l’invasion des marchandises européennes sur le marché.Zoom sur la situation actuelle du secteur de l’agriculture en Tunisie L’agriculture : un secteur en difficulté en Tunisie Le secteur primaire du pays est paralysé par des problèmes de structure de taille. En effet, il souffre d’un retard de modernisation et d’un endettement élevé des agriculteurs. Et même si ces derniers souhaitent mettre leur exploitation au niveau de la norme requise et restructurer leurs dettes, ils ne peuvent pas accéder facilement au financement bancaire. A cela s’ajoutent le déficit hydrique et le changement de climat, l’insuffisance de l’exploitation de nos terres ainsi que la concurrence déloyale des produits européens. Le gouvernement n’arrange pas aussi la situation financière des agriculteurs déjà décevante avec sa politique de soutien des produits étrangers. A titre d’exemple, le ministre de commerce vient d’importer trois milles tonnes de pommes de terre d’Egypte. Des produits qui seront proposés à la vente à 770 millime environ le kilo, alors que le coût par kilo de ces produits importés est estimé à 1 680 millime le kilo. Le gouvernement préfère ainsi vendre à perte plutôt que de soutenir les agriculteurs tunisiens qui peinent à réussir la saison de pomme de terre, selon le communiqué du syndicat des agriculteurs de Tunisie (SYNAGRI)le 24 mai 2019. Le fait est que ce secteur est en état de nourrir les habitants du pays avec sa superficie de 10 millions d’hectares de terre agricole, soit 62 % de la superficie de la Tunisie. Mais à l’état actuel des choses, il peine à nourrir même le quart de la population. 4,9 millions ha de ces terres sont des terres arables, le reste composé des pâturages et de parcours. Le problème c’est que seul 25 % des agriculteurs ont des exploitations de plus de 10 ha, de plus, ces derniers ne travaillent pas assez leurs terres. Les petits agriculteurs quant à eux, sont confrontés à l’exploitation des terres morcelées héritées de leurs ancêtres. L’Aleca est aussi pour quelque chose dans cette difficulté de l’agriculture tunisienne. Cet accord de libre-échange avec l’Union européenne ne donne pas des retombées positives. Et pour preuve, le déficit budgétaire de l’Etat entre 1996 et 2008 de 24 milliards de dinars. Cette perte est causée par la non-application des taxes douanières aux produits européens. Plusieurs milliers d’entreprises tunisiennes qui emploient plus de 400 000 personnesn’ont pas tenu le coup et ont disparu. D’ici quelques années, les économistes anticipent la disparition de 250 000 agriculteurs du secteur à cause de la concurrence déloyale. Concernant justement cet accord Aleca, l’exposé d’un collectif indépendant dans la publication « le guide citoyen sur l’Aleca » apporte un éclairage sur la prépondérance des produits européens sur les marchés tunisiens et l’incapacité des agriculteurs tunisiens à faire face à cette concurrence. L’argumentaire pointe sur le rapport de force inéquitable entre l’Europe et la Tunisie car le PIB de la Tunisie n’est qu’une partie infime dans les zones de l’Union européenne. De plus, elle ne possède pas d’un surplus de production pour l’exportation. Or, la production des agriculteurs européens affiche un excédent. Ce qui leur permet de baisser le prix des produits agricoles dans la zone euro avec la mise en place de l’Aleca et d’exporter leurs produits vers la Tunisie. Et avec les barrières douanières inexistantes, ils peuvent faire des bénéfices non négligeables alors que de son côté, les agriculteurs tunisiens sont victimes de la rude concurrence. A noter également que les agriculteurs européens disposent d’un grand soutien avec 40 % du budget européen, afin d’assurer un revenu minimum aux agriculteurs. Or, la Tunisie, ne peut pas évidemment fournir une telle subvention aux agriculteurs du pays, vu la situation économique actuelle. L’étude éclaire aussi sur la pression de l’Union européenne sur les normes internationales et la sécurité sanitaire. Elle indique que cette norme peut être appliquée pour les produits à exporter vers l’Europe, mais non pas pour les produits agricoles locaux. Dans tous les cas, selon les recommandations du ministre de commerce, l’agriculture tunisienne requiert la restructuration complète avant la libéralisation dans le cadre de l’Aleca. L’agriculteur face à l’Etat Des faits divers des problèmes des agriculteurs tunisiens causant la polémique montrent la difficulté rencontrée par ce secteur. Il y a par exemple l’affaire des abricots jetés à la poubelle de la région de la Kairouan car l’Etat a refusé l’autorisation d’exportation de ce produit vers le pays voisin. L’indignation et le mécontentement de ces agriculteurs soutenus par l’’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (UTAP) vient du fait que les autorités de tutelle obligent la demande d’une autorisation préalable à l’exportation. De son côté, ces dispositions sont mises en place par l’Etat afin de s’assurer que la qualité des fruits à exporter répond aux normes et pour l’imposition de taxes aux exportateurs et aux producteurs. Or, l’UTAP veut que les produits soient vendus sur le marché parallèle sans subir de contrôle. Les agriculteurs mécontents préfèrent ainsi jeter leurs fruits à la poubelle plutôt que de les vendre aux consommateurs tunisiens à des prix moins dérisoires que ceux de l’exportation. Par ailleurs, pour améliorer la condition sociale des agriculteurs, le ministre des affaires sociales a mis en place un plan dédié aux femmes paysannes afin de les intégrer dans la protection sociale. Ce plan permet aux ouvrières agricoles d’effectuer le versement de leur cotisation sociale à hauteur de 0,6 à 0,8 dinar par jour à travers le téléphone portable octroyé gratuitement par des entreprises industrielles.Les agricultrices peuvent devenir ainsi affiliées sans qu’elles aient besoin de se déplacer. C’est la poste tunisienne qui se chargera de la transmission des abonnements à la Caisse nationale de sécurité sociale et à la Caisse nationale d’assurance maladie. Ce programme appelé Ahmini touche 7 gouvernorats dont Beja, Ben Arous, Jendouba, Kairouan, Bizerte, Gafsa et Tozeur. 1836 femmes paysannes ont adhéré à ce programme. Les solutions de l’Etat pour l’agriculture L’Ahmini n’est pas bien accueilli par l’UTAP. Pour cette association, cette mesure provisoire ne correspond pas aux attentes des agricultrices. Elle estime qu’il fallait apporter une vraie réforme sur le système de couverture sociale des agriculteurs et de la pêche dans son ensemble. Quoi qu’il en soit, ce programme permet d’éviter le drame des ouvrières agricoles victimes d’un accident routier, ou de mauvaises conditions de santé dues à un travail pénible. Concernant les subventions et dons reçus des partenaires étrangers, le gouvernement américain octroie par exemple un don de 5 millions de dollars pour réhabiliter les centres de formation agricole du pays. L’ambassadeur américain a évoqué aussi les possibilités d’un forum entre les hommes d’affaires américains et tunisiens en vue d’une éventuelle coopération dans le secteur agricole. Le FAO vient également de financer un nouveau projet de promotion des investissements agricolesà hauteur de 125 millions de dollars dans l’accord signé le 7 mai 2019. Le projet d’une durée de 9 mois concernera le secteur de l’oléiculture et l’emploi des jeunes et des femmes rurales.
Le taux de la criminalité en Tunisie Le chômage un facteur clé de ce fléau Les solutions pour lutter contre la criminalité en Tunisie La montée en flèche des affaires criminelles en Tunisie ces deux dernières années est un fait inquiétant qui fait la une des journaux locaux. Les récentes statistiques fournies par les autorités de sécurité contre le crime révèlenten effet que la hausse de la criminalité en 2018 atteint 13 % par rapport à l’année précédente. De nombreux facteurs sont incriminés dans la survenance de ce phénomène. Outre le chômage ; la migration irrégulière, la contrebande de la drogue et des armes, la pauvreté, la baisse du pouvoir d’achat, l’arrêt de scolarisation pour les jeunes enfants dans certaines régions sont également cités. Tour d’horizon sur ce fléauet les mesures prises par l’Etat pour lutter contre ce phénomène. Le taux de la criminalité en Tunisie Le classement réalisé par le site américain Numbeo en 2017 a classé Tunis à la 17 e place des villes où la sécurité est dangereuse en Afrique. L’indice de la criminalité était alors peu élevé à 36,15 sur 100 contre 81,97 pour Pietermaritzburg en Afrique du sud et 78 point environ pour Johannesburg et Pretoria. Ces trois villes sont à la tête de la liste des villes les moins sûres en Afrique. Dans ce classement, l’indice de sécurité à Tunis est estimé à 63,89 contre 18,03 à Pietermaritzburg.Pour info, l’indice de criminalité inférieure à 20 est considéré comme le pays le plus sécurisé, entre 20 à 40 comme pays assez sûr, entre 60 à 80 comme une ville à risque élevé et au-delà de 80, c’est une ville dangereuse en termes de sécurité. A noter que la Tunisie devance Maroc et l’Algérie dans ce classement. Mais la belle réputation d’un pays « sûr » commence à s’effriter si on regarde les statistiques de sécurité à propos des affaires criminelles et délits dans le pays pour l’année dernière.Le taux de criminalité affiche une augmentation de 13 % l’année dernière. Les homicides sont passés de 331 à 401 tandis que les cas d’agressions et viols affichent aussi un taux de croissance de 9 %. Idem pour les vols et les affaires de terrorisme qui ont augmenté aussi. En matière de criminalité, les villes les plus touchées sont le Grand Tunis, Sousse, Nabeul, Sfax et Tatouine. Les affaires de cambriolage, de meurtre, de détournement de mineure, de braquage armé, de consommation de drogue alimentent souvent les journaux. Tel est par exemple le cas de deux jeunes hommesmort âgés de 21 ans et de 31 ans à El Fahs qui ont été victimes de l’agression de leurs compagnons par l’arme blanche après une soirée arrosée. Jusqu’au mois d’octobre 2018, le nombre des affaires criminelles atteint 185 617 cas et presque la moitié des personnes détenues dans ces crimes sont des jeunes. Et 58 % de ces personnes sous détention sont âgés de 15 à 19 ans et 8099d’entre eux ont déjà récidivé. Outre les affaires liées au meurtre et braquages ou vols, les affaires d’émigration clandestine, de trafic de drogue, de terrorisme, et de cybercriminalité prennent aussi du terrain.Le ministre de l’intérieur Hichem Fourati a fait remarquer aussi une hausse spectaculaire de crimes causés par la consommation de drogue dans les écolespendant l’année scolaire 2017-2018. Et 10 000 personnes environ sont compromises dans des affaires de drogue pour l’année dernière. Le ministre de la justice a aussi fait savoir la disponibilité des armes interdites dans le pays dans les mains des délinquants. On retrouve ainsi des cas de hold-up de banques, de nombreux vols avec recours aux armes à feu, de vol de bétail, de cambriolage de maison, de vol à l’arrachée… Les unités de sécurité ne se tiennent pas les bras croisés devant ce fléau. Elles ont élucidé 81 % des affaires concernant l’agression, le meurtre, le vol, les délits de violence, le trafic de cannabis etc. Le chômage un facteur clé de ce fléau Cette montée de la criminalité s’explique par plusieurs facteurs. Il y a d’abord la présence des armes prohibées dans le pays, la contrebande et le terrorisme. Mais l’instabilité politique et économique du pays, le taux alarmant de chômage dans certains gouvernorats, la baisse du pouvoir d’achat des foyers, le manque d’encadrement pour les enfants forcés d’abandonner l’école… figurent aussi parmi les facteurs favorisant ce fléau. En guise de rappel, on enregistre 15 % de chômeurs parmi la population active pour l’année 2018. 40 %d’entre eux sont des diplômés universitaires. Les dépenses de l’Etat tournent notamment autour du budget pour le fonctionnement de la machine administrative avec les hausses de salaires de fonctionnaires, et les recrutements massifs dans la fonction publique pendant les années après la révolution. Le secteur public est arrivé maintenant à sa limite et il ne peut plus recruter de nouveaux fonctionnaires. Ainsi, par défaut d’investissement dans la création des emplois pour résorber ce chômage, et par manque d’apport financier pour le tissu industriel qui peut créer des emplois, la sécurité sociale se dégénère.Les jeunes sans espoir et marginaliséssont amenés à faire valoir leur droit à travers les affaires criminelles et les violences. L’économie de rente encouragée par le gouvernement ne fait profiter qu’aux quelques personnes privilégiées. Comme les autres pays arabes, la Tunisie a une économie impotente, qui ne peut pas se servir de ses ressources importantes comme l’agriculture, le tourisme, le tissu industriel, et le capital humain pour devenir productive. L’effet désastreux de cette impotence entraîne le chômage et le sous-emploi et elle se répercute sur la sécurité sociale dans le pays. Les solutions pour lutter contre la criminalité en Tunisie Pour lutter contre ce grand défi auquel le pays est confronté, le ministre de l’intérieur a pris quelques mesures. En premier lieu, il a déployé des patrouilles mobiles autour des lycées pour faire régner la sécurité dans de ces institutions. Ces patrouilles informent sur la sécurité dans ces établissements scolaires. Selon le ministre, le gouvernement n’est pas en mesure de sécuriser toutes les écoles et lycées de toutes les villes, mais seules les grandes agglomérations sont concernées. Il a aussi ajouté qu’il a fait le recrutement et la formation de 7 700 agents pour le renforcement de la sécurité et pour la lutte contre la criminalité. Ce réseau de force de l’ordre vise également à resserrer l’étau sur les terroristes. Le ministre a également mis en place à Kasserine, où l’on a enregistré un hold up d’une banque une unité de force mixte Police-Garde nationale pour lutter contre le terrorisme.Ce plan de sécurité concernera aussi les autres gouvernorats frontaliers à l’instar de Kef et Jendouba. Lors de la conférence sur la protection des jeunes contre la délinquance et la criminalité, le premier conseiller à la sécurité nationale auprès du président de la République a indiqué aussi l’importance de la protection du jeune dans l’espace cybernétique. Selon les données révélées lors de cette conférence5 % des étudiants âgés entre 20 à 24 ans sont dépendants de drogue et 4 % des élèves en consomment.Les approches de la prévention de la criminalité mises en lumière lors de cette conférence s’articulent autour de la mise en place des mesures sociales, économiques, éducatives et sanitaires, la collaboration active entre les habitants de la zone ciblée, l’aménagement de territoire afin de limiter la possibilité de violences ou de crime, et la réinsertion sociale des délinquants pour éviter les récidives.
  Les secteurs qui emploient les mineurs Comment faire face à ce fléau ? La loi tunisienne protège les enfants   L’exploitation des enfants mineurs est un phénomène qui gagne de l’ampleur en Tunisie selon les chiffres fournis par l’INS. La pauvreté, le taux élevé des élèves qui quittent l’école dans les zones rurales, le faible niveau d’éducation de leurs parents sont les premières causes du travail des enfants. Le fléau s’aggrave car les articles du code de travail permettent aux enfants de moins de 16 ans d’exercer certains emplois sous certaines conditions. Ce manque de clarté des définitions de la loi semble favoriser la transgression de la loi en vigueur. Ainsi, certains d’entre eux sont soumis aux pires formes de travail qui risque d’impacter sur leur santé dans le seul but de lutter contre la pauvreté. Tour d’horizon sur la propension de ce travail infantile et les moyens permettant de faire face à ce trafic d’êtres humains. Les secteurs qui emploient les mineurs Selon le rapport de l’organisation internationale du travail, l’Afrique sub-saharienne est la région qui enregistre le plus grand nombre d’enfants travailleurs. Ce problème concerne surtout les pays en développement. En Tunisie, on enregistre 215 000 enfants travailleurs selon les chiffres de l’EuroMed Monitor, soit 9,5 % des enfants âgés entre 5 à 17 ans exercent un travail et 176 000 n’ont même pas atteint l’âge de 16 ans. La première cause de ce travail infantile est la pauvreté. Les parents nécessiteux dans les zones du nord-ouest et de sud-ouest sont obligés d’envoyer leurs enfants travailler et d’arrêter l’école afin d’aider les parents dans la subvention des besoins de la famille. On peut citer aussi d’autres causes comme l’absence de certificats de naissance des enfants, la difficulté d’accès à la scolarité, le manque d’éducation des parents ainsi que l’intérêt des employeurs avec cette main-d’œuvre à petit prix. Toujours selon l’Euromed, 136 000 enfants travaillent dans des conditions dangereuses et 20 % d’entre eux sont victimes des multiples formes de violences physiques et de tâches assommantes incompatibles avec leur âge et leur force physique sur leur lieu de travail.Dans le milieu agricole par exemple, ils peuvent être amenés à porter des charges lourdes qui impactent sur le développement de leur corps. Le secteur agricole est en effet le plus incriminé dans cette exploitation des mineurs. Ce fléau touche la région nord-ouest du pays où on recense 30 % des enfants mineurs exerçant un travail illégal. Il y en a par exemple des enfants qui font de trafic d’essence en franchissant la frontière pour vendre les bidons d’essence en Algérie. D’autres travaillent dans les mines, les tanneries… Les filles de 10 à 17 ans, quant à elles, exercent le travail d’aide-ménagère avec un salaire de 350 DT au maximum en encourant aussi au pire les risques de violences sexuelles ou d’autres privations. En effet, 17,8 % des aides ménagères sont des filles mineures qui sont généralement des filles issues de parent pauvres et analphabètes du nord-Ouest.Les chiffres ont ainsi indiqué que 21 % des enfants grandissent dans des familles pauvres et un tiers des enfants enquêtés font un petit boulot avant d’aller à l’école. La ministre de la femme, de la famille, de l’enfance et des seniors a d’ailleurs remarqué qu’on enregistre 300 cas de traite d’enfants en Tunisie pour l’année 2017. Et elle ajoute que l’Etat met tout en œuvre pour lutter contre toute forme d’exploitation des enfants et pour garantir leur droit. Pourtant, il faut noter que tous les enfants tunisiens doivent aller à l’école à partir de l’âge de 5 ans. Mais avec le problème de frais de scolarité, de l’éloignement de l’école et de manque d’infrastructures et de transports, peu nombreux sont ceux qui peuvent bénéficier d’un système éducatif adéquat. On remarque surtout ce constat dans les zones rurales. Ainsi, selon le ministre de l’Education, le nombre des enfants qui quittent l’école atteint près de 100 000 chaque année. Pourtant, la Tunisie a bien mis en place un plan pour lutter contre le travail des enfants (PROTECTE) au sein des gouvernorats et elle a déjà signé la convention internationale des droits des enfants depuis 1991. Comment faire face à ce fléau ? Les crises de l’éducation et les inégalités territoriales surtout dans les zones rurales figurent également parmi les causes de cette traite d’enfants. Le Ministre des affaires sociales se sent aussi concerné par cette lutte et il préconise la nécessité de l’application de la loi pour lutter contre le travail des enfants et la mise en place d’une stratégie de prévention de travail des enfants. Le programme « tous contre le travail des enfants en Tunisie » financé par les Etats-Unis à hauteur de 3 millions de dinars entre justement dans ce cadre de lutte contre le travail infantile. Le déroulement de ce programme est prévu pour une durée de 3 ans entre 2017 à 2020. Avant ce projet, il y a également le plan d’action national (PAN) de lutte contre le travail infantile en Tunisie. Ce plan touche les gouvernorats de Jendouba et de Bizerte. Il vise à appliquer les mesures répressives afin de convaincre les employeurs à ne plus embaucher des mineurs. Les différents responsables dans les régions comme les directions régionales, les commissariats des régions sont également impliqués dans cette lutte. Par ailleurs, les associations de défense de droit des enfants (UGTT) réclament toujours la ratification de la convention numéro 189, 171, 177 et 184 portant respectivement sur le travail sur l’emploi des travailleurs domestiques, le travail de la nuit, les travailleurs à domicile et la sécurité dans l’agriculture. La loi tunisienne protège les enfants Même si le parlement tunisien a ratifié la loi portant sur la violence faite aux femmes et qu’il y a une législation interdisant le travail des enfants, le phénomène est loin d’être réduit. En effet, la législation indique que les personnes de moins de 16 ans ne doivent pas être embauchées pour un travail qui nuit à leur santé ou leur développement et équilibre moral et physique qui les empêche de fréquenter l’école. L’article 56 indique également qu’aucun enfant de moins de 16 ans ne doit pas faire des travaux légers pendant plus de 2 h par jour. Cette loi indique aussi la nature de travaux légers autorisés pour les enfants âgés de 16 à 18 ans.La législation entérine également que les enfants de 13 ans peuvent participer à des travaux agricoles menus si ces travaux n’ont un impact néfaste sur leur santé et à leur assiduité scolaire. Par ailleurs dans l’article 59, chaque employeur doit aussi indiquer le nom et date de naissances des personnes de moins de 18 ans qui travaillent pour lui, leur nombre d’heures travaillées etc. Il doit présenter ce registre sur demande des représentants de l’inspection de travail.Or, le plus souvent ces législations ne sont pas respectées car les enfants qui travaillent dans les champs doivent faire des travaux fatigants pendant la journée et sont contraints d’arrêter l’école par manque des moyens financiers et d’énergie. La tenue d’un registre est également impossible pour les personnes analphabètes. Pour garantir une meilleure application de la loi, il faut ainsi assurer la prise en charge et la réinsertion sociales des enfants en conflit avec la loi et renforcer les procédures pénales pour les employeurs qui exploitent illégalement les enfants mineurs.    
  Les génies de la toile en Tunisie La cybercriminalité en Tunisie Les lois contre la cybercriminalité en Tunisie   La Tunisie figure en tête des pays de l’Afrique du nord les plus en avance dans l’utilisation de l’internet mobile. L’enquête publiée par l’INS a révélé en effet que 47,1 % des ménages tunisiens disposent d’ordinateurs et 44,5 % sont équipés d’une connexion à l’internet en 2017.Dans de nombreux pays, la toile n’est pas uniquement utilisée pour les médias sociaux, elle sert aussi à des fins politiques pour réprimer la population ou pour faire tomber le régime en place. Elle est aussi utilisée pour dérober les codes d’accès de compte bancaire avec la création des virus informatiques ou pour faire des opérations de chantage. Zoom sur l’évolution de l’internet en Tunisie et les lois contre la cybercriminalité. Les génies de la toile en Tunisie Le pays possède des acteurs numériques de poids qui créent des applications, des logiciels, des jeux vidéo, des objets connectés pour les clients européens et ceux du Moyen Orient. Ces services sont assurés par les ingénieurs du TIC qui travaillent dans les entreprises offshore ou structures en partenariat entre une entreprise tunisienne et une entreprise étrangère. Mais les talents tunisiens ne sont pas uniquement composés des ingénieurs. Le pays produit aussi des jeunes prodiges dans l’informatique et la programmation à savoir le jeune Bilal Ben Ali âgé de 16 ans qui atteint le pinacle mondial dans la création de logiciels informatiques. En effet, cet étudiant en deuxième année en informatique a remporté le premier prix de « World champion Hackton », un concours organisé aux Etats-Unis qui a réuni des nombreux informaticiens et développeurs de logiciels chinois, japonais, indiens… Le concours organisé aux USA consistait à chercher des solutions à des problèmes de logiciels et à concevoir un nouveau soft dans l’espace de 8 heures. Le jeune Bilal Ben Ali se démarque également dans le concours mondial de « hackton »organisé à Tokyo. Ce concours a vu la participation de 500 jeunes du monde entier. Celui-ci se porte également sur la recherche des solutions à des problèmes logiciels et la création d’un nouveau logiciel en moins de 24 h. Bilal Ali a réussi à remporter le deuxième prix en parvenant à développer un logiciel d’extraction en ligne tout en intégrant la monnaie électronique au quotidien. Par ailleurs, Nader Jemel, un élève de 14 ans a aussi remporté une médaille de bronze aux Olympiades internationales d’informatique au Japon pendant le mois de septembre 2018. Cette prestigieuse compétition scientifique a vu la participation de 4 tunisiens. Rappelons cependant que la toile n’est pas uniquement utilisée pour de finalité du développement de logiciels informatiques. Dans les pays arabes, les dirigeants utilisent aussi les réseaux du Net pour consolider leur pouvoir ou pour se servir contre les militants. On se souvient encore du « printemps arabe » qui a fait déboulonner le président Ben Ali. La Chine craignant la contagion de ce phénomène de soulèvement populaire a d’ailleurs renforcé le contrôle de l’internet. Le régime Lybien et égyptien utilisent aussi ce moyen dans la répression du mouvement populaire. Mais le blocage de l’accès internet n’a pas empêché les opposants égyptiens dans le déboulonnage du règne du président Housni Moubarak. Partout dans le monde, on recense aussi de disparition des cybermilitants et des activistes présents sur la toile qui ont amené la population au soulèvement. Outre l’utilisation de l’internet à des fins politiques, la toile est également utilisée à des fins criminelles à travers les attaques des réseaux, les campagnes de spam… La cybercriminalité en Tunisie La toile véhicule une quantité immense d’informations économiques ou personnelles. Or, les cybercriminels se servent des réseaux informatiques pour pirater les données des utilisateurs et des structures ou pour faire des opérations de chantage. Selon l’étude menée par l’Union internationale des communications, la Tunisie est classée à la 27 ème place sur les 60 pays étudiés en matière de cyber sécurité. Les critères pris en compte dans cette évaluation des niveaux de cyber sécurité sont le nombre des attaques provoquant des pertes de données financières dues aux logiciels malveillants, le pourcentage des ordinateurs et téléphones victimes d’une attaque des logiciels malveillants, le pourcentage d’attaque par des mineurs de cryptomanie, le cadre légal sur lacyber sécurité….Dans ce classement, la Tunisie devance d’autres pays arabes comme le Maroc, l’Algérie, l’Egypte… en termes de sécurité informatique. Ces autres pays sont classés à la 25 ème place, à la vingtième place et à la première place. Celui qui est classé à la soixantaine place (le Japon) dispose du système de cyber sécurité le plus performant. La France, le Canada, les Etats-Unis se classent aussi dans la catégorie des pays performants en matière de sécurité sur les réseaux. Concernant la Tunisie, le pays a lancé le Cybersud, le projet de l’UE et de CE sur la cybercriminalité. L’objectif de ce projet d’une durée de 3 ans est de raffermir la législation en matière de crimes électroniques dans la région du sud de l’UE. Il mobilise un budget de 3,35 millions d’euros et touche la Tunisie, l’Algérie, le Maroc, le Liban et la Jordanie. Les lois contre la cybercriminalité en Tunisie Pour le moment, le parlement tunisien étudie encore la loi qui pénalise les crimes informatiques. Certes les lois 245 et 246 condamnent à 6 mois de prison et d’amendes ceux qui se rendent coupables de diffamation mais la protection de la vie privée des usagers des réseaux sociaux ne relève pas encore du champ d’action de l’instance. En effet, on voit des mercenaires des réseaux sociaux qui usurpent de l’identité, qui utilisent ces technologies pour mener des campagnes de dénigrement ou de l’intox. Or, ils restent impunis. Il y a aussi des actes de dévoilement des données personnelles de la vie privée d’une personne, les calomnies et mensonges avec usage de faux sur les médias sociaux. L’instance ne peut pas punir ces personnes ni contrôler d’ailleurs les flux des informations dans les réseaux sociaux sur les personnalités publiques. En revanche, elle peut entériner une loi contre la cybercriminalité et pour le respect de la confidentialité des données. La Tunisie est d’ailleurs invitée par le Conseil de l’Europe à faire partie des membres de la convention de Budapest sur la cybercriminalité. Cette convention adoptée en 2011 est le premier traité international qui traite les crimes sur la toile, y compris la pornographie des enfants. Pour lutter contre ce phénomène de cybercriminalité, le ministre de l’intérieur adopte des stratégies comme le suivi des administrateurs de page Facebook qui incitent au Djihad, le suivi des comptes électroniques suspects et l’application des articles de la loi sur le terrorisme et le blanchiment d’argent. Il améliore aussi les échanges d’informations avec les services de renseignements étrangers sur la cybercriminalité afin d’identifier plus aisément les terroristes utilisant la toile. Le ministre de l’intérieur collabore également avec le ministre de l’information et des technologies afin de révéler l’identité des personnes suspectés d’être impliqués dans des actes terroristes qui utilisent les cartes SIM. Les organisateurs des crimes sur internet utilisent notamment des logiciels de contrôle de l’Open source qui leur permettent de diffuser des informations sans traces. Ces terroristes financent leurs actes à travers les fonds sous formes de dons et les mandats postaux ou transferts bancaires. Notons enfin qu’un projet de loi relatif aux crimes informatiques sera soumis à l’Assemblée des Représentants du peuple. Ce cadre législatif permet l’adhésion de la Tunisie à la Convention de Budapest sur la criminalité.  
  Economie Tunisie versus Maroc Tourisme : Tunisie versus Maroc   La Tunisie et le Maroc sont deux nations sous-continents à majorité islamique appartenant à la ligue arabe, et dépendants envers l’Europe. Mais la surface marocaine est presque trois fois plus étendue que celle de la Tunisie. Il en est de même pour le nombre de la population. Malgré cela, ces deux pays sont des poids lourdsau niveau économique dans la région maghrébine. Plusieurs indicateurs permettent de visualiser leur score en termes de compétitivité économique. Dans cet article, nous allons faire un tour d’horizon sur ces indicateurs et la performance de chacun. Economie Tunisie versus Maroc La Tunisie est un pays d’une superficie de 163 610 km2 situé à la pointe nord du continent africain et à une centaine de km de l’Italie. L’Algérie et la Lybie sont ses voisins. Le pays a une population de 11,5 millions d’habitants. Le Maroc, quant à lui est aussi un pays du Nord-est de l’Afrique qui partage la frontière avec l’Algérie et le Sahara occidental. Il s’étend sur une superficie de 446 550 km2 avec une population de plus de 35,7 millions. Le Maroc dépasse de loin la Tunisie en termes de PIB annuel avec un chiffre de 97,119 millions d’euros pour l’année 2017 contre 35,369 millions d’euros pour la Tunisie. Il en est de même pour la dette totale avec 63.260 contre 23.520 et les dépenses publiques avec un montant de 29.196,6 contre 10.908,6 pour la Tunisie.En termes d’exportations et d’importations, les chiffres réalisés par le pays marocain sont aussi le double de la Tunisie avec un chiffre de 39 776 millions d’euros environ pour les importations de l’année 2017 contre 18 282 pour l’économie tunisienne de la même année. En revanche, ils ont tous deux le même indice de corruption estimé à 43 pour l’année 2018. La Tunisie souffre notamment de la faiblesse du pouvoir juridique et d’un manque de transparence. Concernant le classement RTI et le classement de l’innovation, la Tunisie l’emporte sur le Maroc car elle se situe au 13 ème rang contre 85 ème  pour le RTI et au 66 ème   rang contre 76 ème   en termes d’innovation pour le pays marocain. Concernant l’attractivité nationale et le climat d’investissement, la Tunisie prend le dessus avec un score de 79 contre 74 pour le Maroc pour l’année 2016. Ce score dépend de la gouvernance politique, de la sécurité des investisseurs etc et même si le Maroc affiche un taux de croissance en hausse et une réduction de taux de pauvreté. Le capital humain et financier tunisien est également plus important avec un chiffre de 81 contre 66 pour les compétences marocaines. Mais le royaume chérifien obtient un part de marché sensiblement plus élevé de 71 contre 69 et un meilleur score d’infrastructures de 68 contre 63 pour son concurrent économique.La Tunisie pèche notamment aux indices de sécurité et de violence interne car elle affiche un chiffre de 38 contre 12 pour le pays marocain mais tous les deux ont un indice de vulnérabilité de l’économie et de l’environnement approximatif.A noter que le total des émigrants marocains pour l’année 2017 est aussi le triple des émigrants tunisiens. En fait, les deux pays sont des concurrents car ils sont actifs sur les mêmes secteurs compétitifs comme l’offshore, les services, l’agroalimentaire, le secteur touristique etc. Les deux pays sont notamment en concurrence directe avec le tourisme mais le royaume du Maroc obtient beaucoup plus de recettes car son offre touristique est plus variée et plus haut de gamme. Certes, la révolution de 2011 impacte lourdement sur l’économie tunisienne et la nation qui a subi des pertes importantes doit émerger en douceur. Rien d’étonnant si le potentiel économique de la Tunisie est encore négatif mais elle affiche des progressions chaque année comparée à celui du Maroc qui est toujours positif. Concernant les échanges économiques entre ces deux nations, le royaume chérifien est le troisième partenaire de la Tunisie avec un volume d’échange de 830 millions de dinars pour l’année 2017. L’objectif de 500 millions de dollars d’échanges instauré lors de la Haute commission mixte en 2012 n’est pas encore atteint. Les échanges des investissements affichent une stagnation tout comme le nombre des entreprises marocaines implantées à Tunisie ou tunisiennes créées à Maroc. Enfin, si on regarde le classement Forbes pour les affaires pour l’année 2016, le Maroc occupe la 51 ème place contre le pays de Ben Ali à la 87 ème place. Pour établir ce classement, le magazine se base sur les critères comme la fiscalité, la protection de la propriété intellectuelle, les projets innovants… Quant à la Turquie et Bahrein, ils sont classés respectivement à la 62 ème   et à la 60 ème  . La France se classe à la 26 ème   position dans cette édition du magazine Forbes. Tourisme : Tunisie versus Maroc Le royaume chérifien est toujours considéré comme une nation qui arrive à sortir son épingle du jeu avec les problèmes de croissance économique mais les réalités sont moins belles. En effet, le rapport fourni par l’OngOxfam affiche les inégalités sociales frappantes au Maroc car un salarié marocain au SMIG aurait à travailler 154 ans pour percevoir ce qu’un milliardaire marocain reçoit en une année. Les écarts de la richesse sont frappants dans ce pays. Et même s’il est représenté comme un pays ayant pu sortir de la crise avec un secteur touristique en bonne santé, l’attractivité de l’économie ne tient pas compte des éléments comme l’éducation et la santé de la population. Les causes de cette inégalité sociale sont notamment les inégalités dans le paiement des taxes et du système fiscal. Le rapport de l’Oxfam pointe du doigt que la réduction de la pauvreté ni le développement ne sont pas couplés par la baisse des inégalités sociales. Pour illustrer ce problème, on peut se référer au système éducatif marocain. 21 % du budget de la Tunisie est dédié à l’éducation. Ce qui n’est pas le cas pour le Maroc où la durée de fréquentation des écoles des élèves est inférieure de deux années comparée aux pays maghrébins. 12 médecins tunisiens s’occupent aussi de 10 000 habitants contre 6,2 pour le Maroc. En ce qui concerne le secteur touristique, les recettes de l’activité touristiques des non-résidents marocains atteignent 5,65 milliards dollars pour les 9 premiers mois de l’année 2017. Les villes marocaines ayant bénéficié cette embellie sont les suivantes : Fès, Tanger, Marrakech et Agadir. Les allemands, hollandais, espagnols, chinois et japonais sont la majorité de ces touristes. De son côté, il ne faut pas cacher que le secteur touristique tunisien est ébranlé par les attentats de 2015. Mais pour la même période, c’est-à-dire pour les 10 premiers mois de l’année 2017, elle a pu réaliser un chiffre record de 2,4 milliards de dinars et ce depuis les 6 dernières années. Comparé à la performance marocaine, le secteur touristique tunisien est encore loin. Les nettes performances marocaines s’expliquent en fait par son envolée dans le tourisme haut de gamme avec Gammarth, Hammameth… Ce qui fait que le Maroc est la destination préférée des Européens et des Français devant la Tunisie. Le pays attire non seulement par le dépaysement et l’exotisme qu’elle offre mais aussi par le côté sécurité. Bref, pour pouvoir rivaliser avec le Maroc et attirer une part de marché plus importante, les investisseurs en tourisme tunisiens devraient accroître la visibilité de ses offres et améliorer le standing des hébergements.  
  Zoom sur le travail dans le secteur privé en Tunisie Zoom sur le travail dans le secteur étatique tunisien Avantages et inconvénients de chaque secteur   L’insertion professionnelle des diplômés tunisiens fait partie des problèmes socio-économiques majeurs à résoudre pour la Tunisie. Le pays possède en effet un système éducatif assez performant et produit un nombre important d’élites intellectuelles. La plupart de ces diplômés universitaires aspirent à une embauche dans la fonction publique et préfèrent attendre leur chance plutôt que de travailler dans le privé. Toutefois, comme nous allons voir dans cet article, ces deux statuts ont chacun leur avantages et inconvénients. Zoom sur le travail dans le secteur privé en Tunisie Le secteur privé constitue un acteur de développement non négligeable face aux nouveaux enjeux du marché du travail et à la saturation du secteur public. Mais le problème, c’est que ce secteur ne peut embaucher qu’un petit nombre de diplômés tunisiens. En effet, le recrutement dans les structures privées concerne notamment une main-d’œuvre peu qualifiée, des offres adaptées aux besoins des secteurs productifs. Or le système éducatif du pays, la démocratisation de l’éducation et l’accès aux diplômes supérieurs favorisent la qualité de la formation. Ce qui a permis de produire le trop plein de diplômés chômeurs sur le marché. Pour atténuer ce problème de chômage intellectuel, le cadre légal interdit les enseignants dans la fonction publique en exercice à offrir leur prestation dans les écoles privées à partir de cette année scolaire 2018-2019. Cette mesure vise à permettre aux diplômés chômeurs d’avoir des expériences professionnelles dans le secteur privé. Pour ce faire, le ministère a fait une convention avec le syndicat des propriétaires des écoles et institutions privés afin qu’ils permettent aux diplômés de travailler dans leur établissement. Ce qui permet à ces derniers d’avoir un contrat élaboré avec le ministère de l’éducation. Zoom sur le travail dans le secteur étatique tunisien La définition d’une politique d’aide à l’insertion dans la fonction publique remonte en 1985. Au cours des années avant 2011, l’Etat recrutait en moyenne 7500 fonctionnaires par an. Pendant les années post -révolution 2011 à 2013, le taux de recrutement dans l’administration publique affichait une explosion avec un chiffre de 22 000 recrutés par an. Le plus grand nombre des fonctionnaires recrutés sont dans les ministères de l’Education, de santé et de l’agriculture. Certains d’entre eux comme les martyrs de la révolution n’ont pas fait de concours. Suite à la recommandation de la FMI sur la réduction du nombre de fonctionnaires du secteur public tunisien qui fait partie des plus élevées du monde, l’Etat a presque stoppé l’embauche à partir de 2014. En effet, la masse salariale de l’administration publique atteint 800 milles employés alors que 300 000 suffisent pour faire tourner l’administration. De plus, 70 % des dépenses étatiques vont aux salaires de fonctionnaires. C’est la raison pour laquelle l’Etat offre 2 ans de salaire aux personnes qui souhaitent prendre leur retraite avant 55 ans tout en leur permettant d’obtenir un crédit bancaire pour concrétiser un projet. Quoi qu’il en soit, le travail dans la fonction publique attire de nombreux diplômés à cause de la stabilité de l’emploi. Selon une étude réalisée par Sigma conseil auprès des Tunisiens chômeurs, 66 % souhaitent travailler dans le secteur public s’ils ont à choisir entre la fonction publique et le secteur privé. La majorité de ceux qui souhaitent travailler dans ce secteur sont des jeunes. Le centre-nord de la Tunisie possède le taux le plus élevé des personnes enquêtées qui préfèrent travailler dans l’étatique. Et la gent féminine est la plus intéressée par le statut de fonctionnaire. 60% des personnes enquêtées considèrent aussi que le rôle de l’Etat est satisfaisant. Pour les 39 % sondées, elles trouvent que les masses salariales de fonctionnaires disposent de moins en moins de compétences. Outre la lourdeur administrative qui caractérise ce secteur, la mode d’organisation, la gestion des établissements et entreprises étatiques sont aussi remises en cause. En effet, les entreprises publiques tenaient auparavant le monopole sur plusieurs branches dynamiques comme le transport, la poste et télécommunication… De plus, son champ d’intervention s’étendait aussi sur plusieurs domaines comme la culture, la santé, la protection sociale. Il y avait alors très peu de branches où on peut retrouver ensemble les structures privées et étatiques outre le tourisme. Mais les investisseurs privés dans ce secteur touristique ont réussi à pérenniser leur structure grâce à la prise en charge financière de de l’Etat et leur bonne capacité de gestion. En ce qui concerne l’image d’un fonctionnaire étatique par rapport à un salarié privé, il a perdu aussi son éclat. Effectivement, il fut un temps où le poste stable d’un agent titularisé dans la fonction publique est beaucoup plus convoité que celui d’un l’employé du secteur privé, malgré les différences de revenus. Mais aujourd’hui,un certain nombre de personnes trouve ces valeurs sociales périmées et préfèrent gagner plus d’argent auprès d’une entreprise privée.Cela est dû en partie au lourd endettement de l’Etat, à l’absence de l’autofinancement mais aussi à l’incapacité des entreprises publiques à s’adapter aux innovations et à la compétitivité. Il faut aussi signaler que les structures publiques ne visent pas principalement à la rentabilité mais à la continuité de leur fonction. Ce qui n’est pas le cas pour les structures privées qui doivent s’efforcer pour améliorer leurs prestations, la qualité de leur service, leur capacité d’écoute et de satisfaction clients. Ainsi, malgré le monopole détenu par le secteur public sur plusieurs domaines, la défaillance de paiement des factures et la mauvaise gestion de trésorerie affectent la croissance de l’entreprise étatique. Certes, la réforme dépend du régime en place et non pas de la structure déficitaire. Toutefois, la réduction de la masse des fonctionnaires publiques s’avère indispensable dans un grand nombre de pays pour éviter le lourd déficit budgétaire. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’Etat a nourri l’intention de privatiser un certain nombre de structures étatiques pour alléger le déficit budgétaire. Avantages et inconvénients de chaque secteur Si les préoccupations du secteur privé tournent autour de la montée en gamme de ses produits et la compétitivité, la fonction publique, elle aurait encore à trouver des moyens pour éponger de ses dettes. La privatisation revient toujours au cœur des débats politiques et sociaux, la cession des entreprises déficitaires peut être aussi une solution intéressante pour réduire le taux d’endettement de l’administration publique. Dans tous les cas, on est forcé de constater que le cadre dans le secteur privé, par exemple, un médecin dans un hôpital privé, perçoit un salaire plus élevé qu’un cadre dans un hôpital d’Etat. Les fonctionnaires de tous les secteurs ne peuvent pas fermer les yeux à cette amère réalité. D’ailleurs, c’est peut-être pour cette raison que dans certains hôpitaux publics, il est impossible de joindre un médecin spécialiste pendant une semaine. Un autre exemple, un PDG d’une banque étatique perçoit 2300 dinars par mois contre le quadruple ou le quintuple pour le haut cadre d’une banque privée. Cet écart s’explique par le profit généré par le cadre dans le secteur privé alors que dans le secteur étatique, les fonctionnaires ont seulement à se tenir à leur grille salariale. Cependant, ces fonctionnaires bénéficient d’un emploi stable qui leur permet de percevoir la pension de retraite. Enfin, pour réduire l’écart de revenus, l’Etat a décrété aussi la hausse de l’indemnité de fonction attribuée aux agents responsables de l’un des emplois fonctionnels d’administration centrale.