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    « Privilégiez l’ambition, mais surtout pas la précipitation… Commencez par la case Départ et  construisez pas à pas votre carrière »   Dans les bureaux du Président Directeur Général du Groupe ENNAKL AUTOMOBILES Confortablement installés et particulièrement bien reçus par Ibrahim Debache , PDG du Groupe. TanitJobs  : Si Ibrahim, pouvons-nous commencer cette interview en apprenant un peu plus sur vous et sur votre parcours… Ibrahim Debache : merci pour cette interview, Erich et merci à Tanit Jobs pour avoir permis le plaisir de répondre à vos questions… En fait, pour commencer, je suis issu d’une double culture, ayant des origines tunisiennes et françaises. Alors que je faisais toutes mes études secondaires en Tunisie, je partais en France pour faire mes classes préparatoires à Paris avant d’intégrer une école de commerce… En fait, mes études m’orientaient plutôt vers une carrière dans le domaine de l’informatique, dans un environnement IBM. L’un de mes premiers emplois en France se situait dans le secteur du transport et de la logistique où j’exerçais des fonctions de Directeur des Ventes et de Consultant… J’avais aussi travaillé dans l’immobilier. Je décidais pourtant de rentrer en Tunisie et durant dix ans, je travaillais en qualité de directeur commercial et marketing chez STAFIM, la filiale de Peugeot en Tunisie… Ce premier contact avec le monde de l’automobile me passionna… En 2007, j’étais recruté par Ennakl en qualité de DGA pour les marques Volkswagen et Audi… Pour faire court, en septembre 2012, le nouveau Conseil d’Administration, constitué des deux nouveaux investisseurs, les Groupes Poulina et Amen, me confirmait dans mes fonctions de Président Directeur Général du Groupe. TanitJobs : le Groupe Ennakl constitue l’un des fleurons de l’industrie automobile en Tunisie… Pourtant, son histoire ne ressemble en rien à celle d’un long fleuve tranquille… Ibrahim Debache  : je suis d’accord avec vous, mais c’est ce qui fait sa force et sa solidité. De 2007 à 2010 , nous étions leaders sur le marché automobile et nous représentions plusieurs marques majeures, telles que Volkswagen, Audi, Porsche, Seat. En juillet 2010, le groupe était doublement introduit en Bourse ; 30% du capital à Tunis et 10% à Casablanca… Quelques mois plus tard, pourtant, la révolution de 2011, suscitait des turbulences au sein du Groupe. Avec le départ de Sakher El Matri qui possédait 60% des parts du Groupe,via sa société Princess Holdings, la période de l’administration judiciaire arriva, mais elle fut courte. En effet, dès 2012, avec la mise en place d’un nouveau Conseil d’Administration et de représentants de l’État qui avait récupéré les 60% de Princess Holdings, il fut décidé de trouver rapidement un investisseur privé. Je fus chargé de cette mission. Deux grands groupes tunisiens, Poulina et Amen, décidèrent de se porter acquéreurs. Le tout fut bouclé rapidement et en  septembre 2012 , le nouveau Conseil d’Administration était nommé et j’avais le privilège d’être confirmé en qualité de PDG du Groupe. TanitJobs  : depuis 2012, pouvons-nous parler d’un nouvel essor du Groupe Ennakl  ? Ibrahim Debache  : Oui, exactement. Depuis 2012 ,nous avons développé une nouvelle stratégie où nous avons voulu acquérir plus de solidité financière et renforcer nos acquis. Nous avons également fait évoluer notre management, car nous avons privilégié un management par marque, pour permettre à chaque marque d’afficher ses différences et de jouer pleinement son rôle. Nous employons maintenant 400 personnes ( nous en employions 300 avant la révolution ).En 2018, nous représentons six marques : Volkswagen, Volkswagen utilitaires, Audi, SEAT, Skoda et Porsche . TanitJobs : quelles sont les grandes orientations du Groupe Ennakl pour les années à venir ? Ibrahim Debache : hormis de nouvelles stratégies et une révision obligée suite à la baisse de parts de marché, nous voulons toujours maintenir notre statut de leader… Malgré la baisse des immatriculations en Tunisie, les marques Audi, SEAT et SKODA gagnent des parts de marché, alors que Volkswagen en perd. Nous compensons les pertes de marché par les gains d’autres marques. Autre objectif : l’ Afrique où nous sommes présents en Côte d’Ivoire pour la marque SEAT . Parallèlement, nous venons de devenir les représentants officiels de Hertz en Tunisie pour des locations de véhicules à courte et moyenne durée. Tanitjobs  : à cause de la conjoncture, le marché de l’occasion en Tunisie est en pleine croissance. Des opportunités pour Ennakl  ? Ibrahim Debache  : bien sûr. Nous développons un label DAS WELT AUTO et nous avons déjà mis en place un système de ventes de véhicules d’occasion chez Volkswagen… TanitJobs : parlons RH comme cette interview sera publié sur le site Tanitjobs… Quels sont les plus qu’offre le Groupe Ennakl à ses employés en matière de ressources humaines ? Ibrahim Debache : en qualité de premier responsable du Groupe Ennakl , je favorise continuellement le partage de la décision qui est prise toujours en commun par le Directeur Général, le Secrétaire Général et moi-même. Notre management privilégie la formation de différents comités : un comité stratégique de direction composé de membres du Conseil d’Administration et de hauts cadres dirigeants appartenant à tous les départements du groupe. Nous avons également créé des comités de marques qui gèrent leurs produits, leur marketing et leurs budgets en toute autonomie, sans oublier un comité d’audit . Ces partages de décision, à tous les niveaux de nos entreprises, nous permettent d’avoir des employés engagés, motivés et très productifs… TanitJobs : vous accordez également une large place à la formation et à la motivation Ibrahim Debache  : oui et pas seulement à la formation technique qui est souvent assurée par nos marques, via des formateurs formés par les constructeurs, aux normes et aux standards… Nous favorisons également la formation aux soft skills ( comportements de vente, savoir-être …). Notre politique de formation interne est très active. D’ailleurs, nous interrogeons nos clients pour connaître leur satisfaction lors de la vente d’un véhicule ou lors de leurs entretiens avec nos collaborateurs. Nos faiblesses sont alors analysées, tout comme nos forces, et c’est là où la formation prend aussi le relais. En ce qui concerne la motivation, nous donnons environ 15,5 mois de salaire à nos collaborateurs et nous mettons en place un système de récompenses pour les collaborateurs qui se distinguent particulièrement… Une politique de mobilité interne est également activée. TanitJobs : quel serait votre conseil pour un jeune qui rejoint le marché du travail ? Ibrahim Debbache  : ne pas être trop pressé, commencer à la case Départ, ne jamais brûler les étapes et construire sa carrière pas à pas, mais durablement… Dans une vie professionnelle, tout est possible. Il suffit d’être ambitieux, mais garder les pieds sur terre !     Interview réalisé par Erich ALAUZEN, novembre 2018
« Mon quotidien est le soutien aux autres. Je ne souhaite pas en changer. »     Nous sommes reçus dans le bureau de Monsieur Souheil Ben Halima , au siège d’ Afrique Assistance , en compagnie de la Directrice du Marketing, Madame Mouna Doudech.   TanitJobs  : Monsieur Ben Halima, merci de recevoir TanitJobs à Afrique Assistance . Tout d’abord, nous aimerions en savoir un peu plus sur vous… Souheil Ben Halima : Merci. Je suis fils d’un professeur universitaire et d’une mère énergique, imaginative, généreuse et remplie de dons de toutes sortes.Mes parents étaient également très généreux et dévoués et ont choisi pour moi le prestigieux Collège « Sadiki » à Tunis pour faire mes études primaires et secondaires. J’ai fait un Bac Math/Sciences, puis je suis parti au Canada, à l’Université Laval au Québec pour entreprendre des études en génie mécanique. Quelques années plus tard j’obtenais mon MBA à McGill University à Montréal. Je décidais de rester au Canada et j’entrais chez Siemens dans le Département Recherche et Développement. Puis, désirant revoir mon pays, je rentrais en Tunisie, me mariais et j’intégrais alors le Département R&D d’ Air Liquide à Tunis… Un jour, en 1996, je fus approché par Slim Maaoui, un ami d’enfance, sadikien comme moi, qui me proposa de prendre la direction d’Afrique Assistance à Tunis. Je partais alors à Madrid avec mon épouse chez MAPFRE – qui détient 49% du capital d’ Afrique Assistance – pour en savoir plus sur la compagnie et sur le poste de directeur général. Je pris rapidement ma décision en acceptant le défi.   TanitJobs  : Qui possède les 51% restants ? Souheil Ben Halima  : Les grandes compagnies d’assurances tunisiennes, elles sont au nombre de 8.   TanitJobs  : Vos débuts ne furent pas faciles, car Afrique Assistance, à l’époque, perdait de l’argent… Souheil Ben Halima  : Exactement, la société était déficitaire, nous perdions environ 560 000 TND, ce qui représentait plus de la moitié du capital. Mais grâce à une augmentation de capital que j’obtenais des actionnaires, nous redressions rapidement la barre et en quelques années, Afrique Assistance devenait le fleuron tunisien de l’assistance, position que la compagnie occupe toujours en 2018.En 1996, nous étions huit personnes en tout et pour tout, et en 2018, nos effectifs dépassent les 80 employés, chiffre augmenté en été. De nos 560 000 TND de pertes en 1996, nous réalisions en 2017 un chiffre d’affaires qui dépassait les 20 MTND. Nous totalisons 300 fournisseurs toutes catégories confondues – médecins, remorqueurs, ambulanciers, plombiers, électriciens, vitriers … et près de 200 camions.   Tanitjobs : D’après ce qu’on peut lire de par vos communications régulières, Afrique Assistance n’est pas seulement une société de remorquage… Souheil Ben Halima  : Oui, cela est vrai. Nos activités de remorquage et d’assistance routière sont historiques et nous placent depuis longtemps sur le devant de la scène du domaine de l’assistance en Tunisie. Nous détenons 80% de parts de marché. Pourtant, nous proposons à nos membres de nombreux autres services dont ils peuvent bénéficier en voyage, par exemple, à travers des solutions d’assurance voyage offertes par leurs cartes de crédit, via leurs banques… Mais nous assurons également des services d’assistance à domicile – plomberie, vitrerie, serrurerie, électricité – et un autre service que les Tunisiens connaissent bien lorsqu’ils remplacent ou réparent leurs pare-brises ou les vitreries de leurs voitures, le service  Car Glass . En fait, ce que j’aime dans mon métier, c’est que nous passons tout notre temps à aider et à soutenir nos assurés, dans les turbulences plus ou moins graves qu’ils traversent au fil de leurs vies.   Tanitjobs : Vous ne délivrez pas de service en direct au consommateur tunisien. Vous êtes une entreprise qui opère en B2B. Qui sont vos clients en fait ? Souheil Ben Halima  : Les compagnies d’assurance, bien entendu, du fait que nos services sont vendus à travers elles. Puis les banques pour le volet de l’assistance voyage et également, les concessionnaires automobiles où nous opérons sur le marché d’occasion en termes d’octrois de garantie de 3 ou 6 mois. C’est un secteur en plein développement en Tunisie à cause de la cherté des voitures neuves. Les agences de voyages constituent également un noyau de clientèle pour l’assurance voyage, notamment dans les périodes de pèlerinages.   Tanitjobs  : Quels sont les objectifs d’ Afrique Assistance pour l’année 2019 ? Souheil Ben Halima  : En fait, l’année 2019 sera importante pour Afrique Assistance , car nous allons proposer à nos membres de nouveaux services. L’Assistance Obsèques, pour commencer… Elle permettra d’avancer de l’argent à la famille qui sera ainsi débarrassée de tracasseries financières pour mieux supporter leur deuil… Ensuite, tout le monde sait que le passage de la visite technique en Tunisie n’est absolument pas une sinécure… Afrique Assistance va proposer de prendre la visite en charge et enverra l’un de ses agents pour remplacer le propriétaire du véhicule. Enfin, un nouveau produit qui me tient beaucoup à cœur est de mettre à disposition de personnes en état de dépendance, d’handicap ou de maladie, des assistants de vie qui allégeront ainsi la vie de leurs proches. Enfin, nous allons également prendre en charge la réparation de véhicules accidentés à nos membres et en leur offrant une période de six mois de garantie si la réparation est effectuée dans l’un de nos garages agréés.   TanitJobs  : Afrique Assistance va-t-il prendre le virage de la digitalisation pour améliorer ses services ? Souheil Ben Halima  : Oui, bien sûr. Nous sommes en train de mettre en place la géolocalisation de nos camions et déjà, certains d’entre eux sont équipés de tablettes qui permettent à nos remorqueurs d’être plus réactifs et de répondre immédiatement à nos demandes de dépannage.   TanitJobs  : Vous nous l’avez confirmé. Afrique Assistance est un recruteur important, que ce soit pour des emplois directs ou indirects. Comment positionnez-vous Afrique Assistance en termes de ressources humaines ? Souheil Ben Halima  : Nous pouvons toujours faire mieux, certes. Mais avec notre Département de Ressources Humaines, j’essaie toujours de privilégier l’humain.Rappelez-vous, nous sommes une entreprise qui travaille avec l’humain à longueur de journée. Si nos collaborateurs ne se sentent pas à l’aise chez nous, comment pourront-ils aider et soutenir des gens qui sont en train de connaître des moments stressants et qui ont besoin d’une oreille attentive ? Nous assurons une moyenne de 500 services quotidiens… Les employés heureux font les clients heureux et je me souviens tout le temps de cela. Voici quelques exemples : un treizième salaire, une prime de rendement égale à 150% du salaire, des Tickets Restaurant, Assurances Maladie et Retraite Complémentaire, une prime pour les deux Aids, les primes de scolarité et de rentrée scolaire, un cadeau pour chaque naissance et à chaque mariage, une indemnité de maternité, la prise en charge du transport du personnel ainsi que la possibilité de souscrire auprès de notre entreprise un prêt sans intérêt.   TanitJobs  : Merci pour toutes ces précisions, Monsieur Ben Halima. Ce stress dont vous parliez, vous venez de le connaître lors des effroyables inondations qui ont endeuillé Nabeul. Souheil Ben Halima  : Oui, vraiment… Même si les catastrophes naturelles ne sont pas inscrites dans nos contrats, nous avions le devoir de réagir et d’aller aider les gens dont les véhicules étaient endommagés, avec des conducteurs et des passagers incapables de regagner leurs domiciles. Ce que nous avons fait, c’est remorquer les véhicules et leurs passagers dans les garages de réparation et de nettoyage les plus proches afin que leurs familles puissent venir les chercher. Nous avons ainsi aidé 1200 familles avec un service Afrique Assistance assuré 24h/24.   TanitJobs  : Pour conclure, quels seraient vos conseils pour un jeune Tunisien qui veut devenir entrepreneur ? Souheil Ben Halima  : D’abord, laissez-moi remercier TanitJobs d’avoir choisi Afrique Assistance pour illustrer votre blog. Mes conseils pour un jeune entrepreneur tunisien… Ils sont simples. Essayez, osez et si vous vous cassez la figure, vos échecs vous rendront plus fort, et surtout plus efficaces à votre prochain essai, car vous saurez ce qu’il ne faut pas faire… Donnez uniquement de la qualité à vos clients, n’ayez pas peur du marché et de la sinistrose et ne soyez pas pessimiste… L’optimisme est le moteur de toute réussite !     Propos recueillis par Erich ALAUZEN Septembre 2018    
      « Je ne suis fondamentalement pas un homme d’affaires, je suis un homme de développement ». Chez Vitalait, dans leur salle de réunion… Monsieur Ali KLEBI , PDG Fondateur de VITALAIT nous reçoit avec beaucoup de gentillesse et répond à nos questions.   TanitJobs :  Monsieur KLEBI, merci de nous recevoir. Nous aimerions en savoir un peu plus sur vous. Vous êtes un homme discret, mais pour Tanitjobs, pouvez-vous nous parler de votre carrière ? Ali KLEBI   : Je suis un homme âgé de 67 ans, originaire de Chebba, et en fait, je suis ingénieur en agronomie. J’ai enseigné à l’INAT ( Institut National de l’Agronomie Tunisien ) de 1977 à 1982. Je passai ensuite à une société agricole filiale de la STUSID durant quatre ans avant de rejoindre la première centrale laitière en Tunisie, LAINO, que je dirigeais de 1986 à 1997.Cette belle aventure dont je garde un excellent souvenir, me permettait d’acquérir une expérience et une expertise dans le management laitier… En 1998, désirant retourner à mes racines mahdoises, je décidais de profiter un maximum de mon expérience dans le lait et créais donc ma propre centrale laitière à Mahdia : VITALAIT était né ! Avec mon épouse, nous avions pris un risque dans le sens où nous avions vendu notre patrimoine pour créer VITALAIT … Mais nous n’avions pas peur : fort de mon expérience réussie chez LAINO, du soutien de mon épouse et de mon réseau, l’entreprise parvenait à dégager des résultats satisfaisants en moins de deux ans.   « Pour moi, VITALAIT est l'un de mes enfants et j'en parle toujours avec beaucoup d'émotion et de fierté »   TanitJobs :   Bravo, vous annoncez ma prochaine question… Racontez-nous cette merveilleuse histoire de Vitalait qui s’est hissé au cours de toutes ces années, au rang de second acteur tunisien, derrière Délice Danone, sur le marché du lait et du produit frais.   Ali KLEBI   :   Pour moi, VITALAIT est l’un de mes enfants et j’en parle toujours avec beaucoup d’émotion et de fierté. En 20 ans – nous fêtons le 20 ème anniversaire de VITALAIT le 8 décembre prochain – avec toutes nos équipes et tous nos partenaires, qu’ils soient fournisseurs, actionnaires ou financiers, nous avons su ensemble, pas à pas, construire ce qu’est maintenant devenu VITALAIT . Les chiffres parlent par eux-mêmes : nous sommes passés d’un investissement de 9MTND au lancement de VITALAIT à 120 MTND, notre production journalière est passée de 50 000 litres de lait à 600 000, nos chiffres d’affaires se sont envolés de 10 MTND à 300 MTND et nous comptons plus de 800 collaborateurs, nous avions commencé avec une centaine. Depuis 1998, notre croissance annuelle est à deux chiffres.   « Notre succès nous a emportés beaucoup plus loin »   TanitJobs :  Qu’en est-il de vos parts de marché ?   Ali KLEBI   :  Nous détenons environ 20% sur les produits frais et 30% sur le lait. Nous offrons de très nombreux produits à nos clients qui reconnaissent la qualité supérieure de goût de notre lait. En 1998, je voulais faire de VITALAIT une entreprise à taille régionale, mais notre succès nous a emportés beaucoup plus loin… Tuninvest, maintenant Africinvest, nous avait alors approchés et notre consolidation a commencé… Ce progrès s’est construit tranquillement, sans aucune turbulence.   « Nous sommes fiers du capital confiance et sympathie que les Tunisiens nous accordent »   TanitJobs :   VITALAIT est-elle une entreprise familiale appartenant aux KLEBI ?   Ali KLEBI   :  Pas du tout, et c’est ce qui étonne bon nombre de mes amis. Je ne possède que 10% de cette entreprise que j’ai fondée et qu’avec nos équipes, nous avons fait grandir. La majorité du capital appartient à des partenaires industriels suisses et espagnols. Une partie du capital est également détenue par des centrales agricoles tunisiennes. Le reste est partagé entre moi-même et des amis qui avaient investi avec moi.En fait, nous restons très proches de nos clients qui pensent plutôt que nous sommes une entreprise familiale… Nous sommes fiers du capital confiance et sympathie que les Tunisiens nous accordent.     TanitJobs :  Vous considérez toujours VITALAIT comme la prunelle de vos yeux ?   Ali KLEBI   :  Oui, tout à fait, et notre famille y est très attachée. Mon fils Moez Klebi, âgé de 38 ans, assumera, dès décembre 2018, les fonctions de Directeur Général de VITALAIT et j’en deviendrai le Président du Conseil d’Administration. Nos partenaires suisses et espagnols ont validé ces nominations.   TanitJobs :  Parlons maintenant de votre positionnement à l’étranger et de votre export.   Ali KLEBI   :   En fait, notre objectif est de continuer à développer nos chiffres et notre production locale avant tout. Depuis 2011, nous avons développé notre activité export vers la Libye, pays proche. En six heures, nos camions étaient à la frontière et le lendemain, nos produits étaient sur le marché. Au vu de la situation libyenne, nous avons temporairement arrêté d’y acheminer nos produits. Comme je le disais, le marché local est important pour nous, car nous savons que nous pouvons encore nous y développer et augmenter nos parts de marché. Pour cela, nous sommes en train de penser à la construction d’une troisième unité qui ne se trouvera pas forcément à Mahdia…   « Pour moi, c’est l’humain le plus important…  »   TanitJobs :  Merci d’avoir défini vos objectifs à court et moyen terme, j’allais vous les demander. Passons au volet des ressources humaines. Je sais que vous y attachez une grande importance…   Ali KLEBI   :  Oui, tout à fait, car pour moi, c’est l’humain le plus important… Les entreprises grandissent de par la qualité de leurs équipes, avant celle de leurs machines ! Depuis la création de VITALAIT , souvent en suscitant des questionnements de mes proches collaborateurs, j’ai placé notre personnel au top de nos préoccupations. Nos employés reçoivent l’équivalent de 16 mois de salaires, ils ont droit à une assurance groupe et nous les accompagnons dans tous les évènements importants de leur vie : mariage, premier enfant, rentrée scolaire, ramadan, Aid… Toutes ces aides correspondent à un presque dix-septième mois ! Il est normal pour nous de le faire, car le partage fait partie de notre ADN. Depuis le début de VITALAIT, nous faisons le maximum avec nos partenaires sociaux – syndicats, commissions paritaires – pour préserver le meilleur climat social possible en établissant un dialogue constant. Un autre exemple : depuis la création de VITALAIT, nous n’avons jamais augmenté le prix du ticket de la cantine qui est resté au prix devenu symbolique de 1 DT.   « Je me déplace personnellement dans ces écoles pour veiller à ce que nos actions soient pérennes et efficaces  »   TanitJobs :  Hormis votre souci de placer vos employés en tête de liste de vos préoccupations, la Responsabilité Sociétale de l’Entreprise (RSE) est aussi au cœur de vos actions.   Ali KLEBI   :   Exactement. Nous voulons être exemplaires et altruistes. Nous sommes une entreprise responsable et citoyenne. Nous respectons nos clients, nos fournisseurs, notre environnement et notre communauté. VITALAIT soutient, avec l’aide de mon épouse, l’association La Voix de l’Enfant qui s’assigne la mission de prendre en charge des nourrissons, sans soutien familial, abandonnés ou nés hors mariage. Nous accompagnons ces enfants sur le plan de la santé, de la nourriture, de l’hébergement, des loisirs jusqu’au moment où ils trouvent des familles d’adoption ou d’accueil. Nous parrainons également quatre écoles, situées dans des villages autour de Mahdia, je me déplace personnellement dans ces écoles pour veiller à ce que nos actions soient pérennes et efficaces. Par ailleurs nous veillons à ce que 50 familles précaires, obtiennent une pension qui les aide dans leur quotidien.Les financements de ces actions sont prélevés sur nos bénéfices et nous sommes heureux chez Vitalait de soutenir le tissu social local. Sur le volet environnemental, idem, depuis longtemps, nos équipes sont formées aux bonnes pratiques, et nous utilisons pour nos paquets de lait en carton des emballages certifiés FSC ™ qui assurent à nos produits un profil environnemental de pointe.   « Une entreprise stable se construit brique après brique  »   TanitJobs :  Pour terminer, quelle serait votre conseil à un ou une jeune Tunisien(ne) qui voudrait démarrer son propre projet ?   Ali KLEBI   :   Je recommanderai la patience et la modestie… En effet, une entreprise stable se construit brique après brique, pas après pas. Commencer petit et grandir à sa vitesse et selon les besoins du marché est, je pense, le secret de la réussite !   Propos recueillis par Erich Alauzen Le 13 septembre 2018