Les sociétés de service font partie des acteurs producteurs des services de marchands dans le paysage économique d’un pays. En Tunisie, ces sociétés apportent 61,6 % du PIB en 2016 contre 28,3 % pour l’industrie et 10,1 %pour l’agriculture. L’émergence de ces sociétés entre dans le processus de réformes de l’économie et de la libéralisation. Chaque entreprise développe une panoplie de services pour les particuliers ou les professionnelles. Les activités de ces agents du développement d’un pays sont réparties en différentes rubriques dont nous allons voir dans cet article. Nous allons parler également des procédures de création d’une telle structure.
Les sociétés de services offrent des prestations dans l’organisation ou de gestion de tâches dans le secteur du nettoyage, sécurité, aménagement d’un lieu, et d’autres travaux divers comme le service aux entreprises. Les plus connus sont les sociétés nettoyeuses de sanitaire, de salle de bain et d’installations de chauffage. Il y a également celles qui effectuent le dégraissage avec vapeur des matelas ou des tuyauteries des sanitaires, celles qui installent le système de sécurité d’un logement etc. Les auto-écoles, les sociétés proposant l’entretien d’un jardin public ou particulier, les garages et équipements véhicule, le service de protection contre les incendies, les entreprises de chauffage, de climatisation, le service de traduction entrent également dans cette définition.
On peut classer leurs activités dans les rubriques suivantes :
-entreprises proposant des services de commerce, de transport ou de restauration.
-sociétés proposant la vente des immeubles et terrain (agences immobilières, société de courtage etc)
-sociétés d’information et de TIC.
-activités de la finance et des assurances.
-activités techniques et services administratifs.
-autres sociétés proposant autres services.
Ce secteur est donc assez vaste puisqu’il englobe également les sociétés de manutention des équipements de production comme le chariot ou autres machines-outils. Dans le domaine informatique et communication, on retrouve également les SSII. Ces structures conseillent, conçoivent et réalisent des outils informatiques. Elles assurent également la maintenance et la formation.Une entreprise peut se charger en interne ses activités mais il lui arrive également d’opter pour la solution d’externalisation. Cette possibilité propose un gain du temps et un gain en efficacité. Dans ce cas, elle établit un contrat avec la société sous-traitante. On peut retrouver ce type de sociétés dans le domaine informatique, maintenance, fourniture de matériels informatiques, comptabilité, logistique, études et conseils etc. Pour se constituer un carnet d’adresses, cette structure doit faire preuve de professionnalisme, de savoir-faire et de compétence.
Suite à la mise en place du processus de la mondialisation vers les années 1990 à 2000, et la privatisation avant ce changement, l’économie tunisienne accorde une place particulière à ce secteur qui affiche 53,9 % des entreprises.Cette politique a permis d’attirer les investisseurs étrangers et de moderniser les techniques de gestion des entreprises même si elle n’a pas apporté une amélioration significative dans le taux du chômage du pays. Le domaine des technologies des informations et de la communicationest le plus avancé dans ce secteur. Le coût bas des salaires et la présence des entrepreneursactifs permettent l’expansion dans ce domaine.A noter que ce secteur emploie plus de la moitié de la population active du pays.
Les démarches nécessaires à la création d’une telle structure sont assez longues. Elles s’articulent autour des éléments suivants :
-l’étude et le montage du projet. (Evidemment, il est préférable de développer un projet qui fait partie de sa spécialisation).
- Après cette étape, il faut demander l’agrément de l’Agence de promotion de l’Industrie et de l’innovation (API). Cet établissement public organisé en 5 centres d’interventions accomplit les formalités de constitution de société. Il faut donc se rendre à cet établissement pour déclarer le business plan et revenir pour savoir s’il a été recevable.
-Ensuite, il y a l’étape de la domiciliation de la société. L’attribution d’un siège social différent où l’entreprise se situe réellement est un élément important. Cela permet à la structure d’opérer sur le marché sans être obligé d’investir dans la location d’un local professionnel.
-Le futur entrepreneur aurait ensuite à rédiger le statut et le contrat de location. Cet acte juridique peut être rédigé par le fondateur ou par un expert-comptable, un notaire ou un avocat. Il existe d’ailleurs des modèles standards de statuts en ligne pour la société personnelle Eurl ou SASU. Mais si la création de la société de services regroupe plusieurs associés ou si le fondateur n’est pas suffisamment averti de la création de société, mieux vaut recourir aux services d’un avocat spécialisé en droit des affaires.
-Il y a ensuite l’étape de l’immatriculation de l’entreprise. Pour ce, le créateur de la structure devra fournir les documents comme les exemplaires de statuts et de l’acte qui nomme le dirigeant (4 chacun), la déclaration de non-condamnation et de non-filiation pour chaque dirigeant, la copie recto-verso de la CIN de chaque dirigeant, la pièce justificative du siège, le formulaire de la création de l’entreprise, les chèques utiles aux différents frais de cette procédure d’immatriculationetc. La liste est non exhaustive.
-Enfin, le fondateur devra ouvrir le compte de la société de services.
-Si l’entrepreneur est seul, il peut opter entre l’entreprise individuelle et la société unipersonnelle à responsabilité limitée (SUARL). Dans le premier cas, le patrimoine personnel du fondateurest compté avec le patrimoine de l’entreprise. Dans le second cas, il faut se constituer d’un capital minimum de 349 euros environ ou 1000 dinars tunisiens. L’entrepreneur sera ainsi gérant associé et il n’est responsable que pour les apports qu’il a effectués dans la structure.
-Si plusieurs personnes décident de lancer la société, elles sont confrontées à plusieurs choix : elles peuvent opter pour le SARL, le SA, la société en nom collectif, la société en commandite simple et le SCA. Le statut juridique SARL requiert un capital minimum de 1000 dinars. Cette forme juridique n’est pas accessible aux sociétés d’épargne, crédit et de capitalisation. Le SA requiert un capital social de 1740 euros ou 5000 dinars et doit avoir au moins 7 actionnaires. La société en nom collectif requiert l’association de deux commerçants qui sont responsables des dettes sociales. Ce statut ne nécessite pas un minimum de capital. La société en commandite simple n’exige pas aussi un minimum de capital. Les responsabilités des commanditaires sont limitées en fonction de leur investissement s’ils ne tiennent pas un poste dans la direction. Enfin pour la société en commandite par actions, les associés devront prévoir au minimum 1740 euros ou 5 000 dinars.
Malgré le fait que ce domaine commence à prendre de l’ampleur, il devrait faire face aussi à de nombreux défis. En premier lieu, la pérennité d’une société de services peut dépendre de la relation entre le prestataire et le consommateur de service. C’est pourquoi, les qualités comme les compétences, le savoir-faire et le savoir-être sont importants dans ce domaine. Le processus d’industrialisation de la production impacte également sur les possibilités de recrutement. L’emploi de logiciels informatiques assistés par l’ordinateur permet de réduire non seulement le temps de la production mais aussi le nombre d’employés. Bref, pour subsister, ces entreprises dans le secteur tertiaire auront toujours à apporter une valeur ajoutée à leur produit tout en assurant la satisfaction des consommateurs ou des clients.