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L’impact de la hausse du prix du pétrole sur l’économie du pays



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La hausse du prix de l’or noir entraîne une situation de l’inflation dans les pays importateurs alors que cette conjoncture constitue une perspective de croissance pour les pays exportateurs. Elle impacte également sur les indices boursiers des placements financiers des entreprises dans le secteur de la production du pétrole. Pourtant si on se réfère au choc pétrolier entre 2003 et 2005 où le cours de l’évolution du prix pétrole atteint un niveau inquiétant, l’effet n’est pas particulièrement notable pour la croissance économique mondiale qui reste à 4 % en 2005 contre 3,9 % en 2003. De même depuis l’année 2015, la tendance à la baisse du prix du pétrole n’a pas donné un coup de fouet à la croissance mondiale. On pourrait supposer que l’amélioration de la performance énergétique, la baisse de la demande et la consommation de l’or noir dans les 38 pays de l’OCDE sont pour quelque chose dans cet environnement paradoxal.

Le pétrole est une matière première indispensable pour le fonctionnement de la plupart des secteurs économiques surtout chez les pays en développement. Car dans les pays développés, ils utilisent depuis longtemps les sources d’énergies alternatives afin d’éviter la forte dépendance au pétrole. Depuis ces 3 dernières années, on a remarqué une baisse de l’euro par rapport au dollar et la baisse du prix baril de cette matière première. Or, cette chute n’est pas étrangère au glissement du dinar. En effet, elle engendre une chute de changes dans le pays qui dépend largement de l’exportation de cette énergie renouvelable puisque les revenus sont transférés de la zone euro en Tunisie.La diminution de recettes pétrolières affecte l’économie en entraînant un cercle vicieux avec l’effondrement du PIB, l’inflation et la dégringolade du dinar. Cette dégringolade provoquera à son tour la hausse de l’essence, du gaz, de l’électricité, des nourritures. Les syndicats salariés risquent de leur côté de demander une hausse de salaire pour stabiliser leur pouvoir d’achat. L’inflation va toujours ainsi de pair avec la flambée sur les marchés du bien. Plus la baisse et la fluctuation du prix du pétrole perdurent, plus cela a de répercussions sur la chute du dinar malgré le politique anti-inflationiste adoptée par le pays. En revanche, le coût attractif du pétrole dans le pays exportateur est un facteur favorable à la compétitivité des entreprises utilisant cette matière première dans la zone euro comme les ménages, les transporteurs, les industries etc.

Les difficultés économiques auxquelles le pays aurait à faire face actuellement sont aussi dues aux querelles politiques internes après la transition démocratique, aux vagues de terrorisme qui secouent ces dernières années la Tunisie. Les autres facteurs incriminés dans le freinage de l’économie sont également l’augmentation de salaire des travailleurs dans la fonction publique, les emprunts bancaires non productifs pour la construction des hôtels, la chute des exportations des produits et des services etc. Concernant ce dernier facteur, on retient notamment la réduction de la production de phosphate et des engrais à 90 %, et l’écart entre la production et la consommation du pétrole brut.Cette baisse des exportations a favorisé la perte de la valeur du dinar depuis 2010. Le problème du secteur touristique a aussi fait perdre la crédibilité du pays dans le classement du Forum économique sur la compétitivité de Davos. La Tunisie a été classée à 92ème dans le rang mondial alors qu’elle faisait partie des 40 pays les plus compétitifs il y a une décennie. De l’autre côté, les partenaires européens ont cru bon d’imposer le renforcement de contrôle des transactions financières afin d’éviter le blanchiment d’argent et le financement des actes de terrorisme.

Face à ce tableau peu luisant, les observateurs étrangers n’ont pas tous une mauvaise image de la Tunisie. En effet, certains pensent que la dégringolade du dinar apporte un avantage non négligeable dans l’attraction des investisseurs étrangers. Quoi qu’il en soit, une étude menée par l’intermédiaire en bourse Mac SA a indiqué un taux de croissance annuel de 1,17 % en 2016. Une tendance à la baisse car entre 1966 et 2016, le pays a affiché un taux moyen de 4,59 %.Cette statistique prouve l’état de stagnation de l’investissement. La production industrielle est la plus affectée par cette panne contrairement aux industries manufacturières exportatrices, aux industries mécaniques et électriques et aux industries minières, textile et habillement.Le plus grand défi à relever pour le gouvernement est la recherche d’une solution permettant de rééquilibrer la production du pétrole et la consommation du carburant.Car en 2010, la production du pays pouvait prendre en charge 93 % des besoins de la population en carburant alors qu’elle ne peut assumer que 50 % actuellement. Cette situation a décuplé l’enveloppe de l’état pour les subventions aux hydrocarbures. En revanche, le taux de croissance s’est nettement amélioré en 2017 grâce à la mise en place des réformes structurelles, le rebondissement de la production et l’exportation du phosphate ainsi que l’augmentation des touristes. Le PIB pourrait ainsi afficher un taux de 2,8 % pour cette année contre 3,9 % pour l’année prochaine. L’instauration de la politique de sécurité après les attaques de terrorisme en 2015, l’appui de la communauté internationale figurent entre autres parmi les facteurs qui ont soutenu cette croissance. Cependant, il ne faut pas occulter que la dette publique atteint 70 % du PIB à la fin de l’année dernière, et les réserves de la banque centrale ont aussi affiché une baisse. L’autre défi à relever pour l’Etat est la recherche des solutions pour atténuer le taux de chômage et pour faciliter l’accès des PME au financement des banques.

La détérioration des comptes publics, les problèmes des prêts bancaires non productifs, la saturation du secteur public et le faible taux de création d’emplois constituent des blocages à l’absorption des diplômés qualifiés chômeurs. Selon les statistiques publiées par l’INS, 15,4 % de la population sont actuellement privées d’emploi. Ce chiffre est le même que le premier semestre de cette année 2018. La population active est répartie entre les services (52 %), les industries manufacturières et non manufacturières (33,5 %), et l’agriculture et la pêche (14,5 %). Le nombre de sans-emplois diplômés de l’enseignement supérieur a diminué de 1600 dans ce deuxième trimestre de l’année. Pour résoudre ce fléau endémique, le gouvernement devrait poursuivre sa politique de réforme de la sécurité sociale afin d’attirer les investisseurs étrangers à créer des entreprises à Tunisie et afin d’attirer les touristes. L’assainissement de la fonction publique pourrait être aussi envisagé afin de libérer des postes pour les diplômés en attente de recrutement même si ce secteur est déjà fortement saturé. Enfin, la stimulation des industries à haut potentiel qui peuvent embaucher une grande quantité d’employés permet également de réduire le taux de chômeurs dans le pays. Quoi qu’il en soit, si la Tunisie souhaite maintenir la compétitivité sur le long terme et espérer stabiliser le dinar, i il faut passer par la création d’emplois, la meilleure gouvernance et l’amélioration de l’accès des petites et moyennes entreprises aux crédits bancaires.

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