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Traitement des déchets en Tunisie



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La guerre contre les plastiques et les canettes en aluminium mobilise des petits acteurs dans le centre-ville de Tunis et dans d’autres villes des régions. Ces chiffonniers qui fouillentles déchets ménagers pour subvenir à leurs besoins sont amenés à faire ce travail à cause du chômage. En récupérant et en stockant ces matières, les chiffonniers peuvent les revendre à un collecteur pour 5 dinars les 100 kg de bouteilles usées. Les plastiques d’eau minérale et les canettes peuvent être recyclés et revalorisés en fonction de leur catégorie dans les centres de transformation de déchets. Tour d’horizon sur l’organisation de ce travail informel et les moyens pour réduire la quantité des déchets dans la zone urbaine.

Selon l’Agence nationale de gestion des déchets, la collecte des flacons en plastique permet de donner une source de revenus à 1 800 personnes environ. Le recyclage de matières récupérées permet quant à lui de fournir près de 18 000 emplois. Ce secteur informel qui ne bénéficie ni de statut ni de protection sociale renfloue ainsi la caisse étatique. Les barbéchas ramassent dans les rues pour 500 millimes le kilo de plastique contre 1,5 dinar le kilo des canettes en alu. Ils peuvent constituer une récolte d’une dizaine de kilos par jour qu’ils revendent ensuite à un collecteur privé qui possède un camion avec presse à balle. C’est ce dernier qui envoie ces matières à une usine de recyclage. Ce travail lucratif des fouilleurs informels n’est pas aussi sans concurrence car ils sont de plus en plus nombreux à se lancer dans la collecte de ce produit de valeur à la source.

Les déchets s’accumulent notamment en zone urbaine dans le Grand Tunis, entre Sfax et Sousse. Il n’y a aucun endroit où on ne retrouve pas des déchets plastiques. Les citadins jettent en effet des boites d’yoghourt, des canettes de bières et de boissons, des bouteilles d’eau minérales, des emballages de gâteux … dans les rues mais non pas uniquement dans les déchetteries, loin de leurs espaces de vie.

Selon la Banque mondiale, la hausse du volume des déchets est plus conséquente en zone urbaine à croissance significative dans les pays en développement. Les poubelles sont en débordement. Or selon les chiffres, la production de déchets d’un tunisien dans le milieu rural est 5 fois moins importante qu’un tunisien vivant en milieu urbain.

L’accroissement des déchets apparaît notamment au lendemain de la révolution de 2011. Cela est dû à la mauvaise gestion des « délégations spéciales » nommés qui ne sont pas motivés par cette problématique. Les collectivités locales chargées de la collecte de ces ordures sont défaillantes et ces résidus traînent dans les rues. L’élection des pouvoirs locaux à partir de 2018 pourrait changer la donne face à ce problème inquiétant de la société.

Certes, des associations comme la Tunisie recyclage sensibilisent les habitants avec le triage et la récupération des déchets autour de la capitale. Mais les messages ne sont pas reçus 5 par 5 par la population, d’autant plus que la gestion des déchets n’a pas été ainsi depuis longtemps la priorité des autorités locales.

Les déchets collectés par les équipes informelles de ramasseurs d’emballage peuvent être recyclés pour en faire de nouveaux flacons de bouteilles, des seaux en plastique etc. Ces thèmes de valorisation de ces matières usagées et l’efficacité énergétique est justement à la une de Workshop Italie Tunisie du mois de mars dernier. La manifestation étudie les aspects positifs d’une collaboration sur la gestion des déchets et du plastique. Les Sociétés du sud de l’Italie qui souhaitent entrer en relation commerciale et industrielles avec les sociétés tunisiennes dans ce secteur sont les plus concernées par ce workshop. Les entreprises tunisiennes participant dans cet atelier sont au nombre de 7 (l’ANME, le ministère de l’industrie etc) . Leur spécialité s’articule autour de recyclage des déchets, traitement des eaux, d’efficacité de l’énergie, et de production de l’énergie éolienne. Les représentants des bailleurs de fonds internationaux comme le BRED sont également présents lors de ces séances qui réunissent les experts italiens dans la technologie de traitement de déchets et de l’utilisation de l’énergie alternative.

Pour info, le déficit en énergie de la Tunisie est non négligeable. Le pays s’approvisionne notamment de l’énergie provenant de l’hydrocarbure et du gaz naturel pour le développement de l’énergie électrique. L’Italie est d’ailleurs le premier fournisseur des hydrocarbures du pays. La mise en place d’un plan d’autosuffisance énergétique est donc d’une importance primordiale grâce à ces collaborations.

La position stratégique de la Tunisie peut œuvrer aussi pour la réussite de telles collaborations car elle peut devenir un point de passage de transfert énergétique entre le continent africain et européen. Par ailleurs, l’Italie figure en tête des pays Européens qui utilisent les matières premières secondaires dans la production de l’énergie renouvelable.

Les déchets ramassés de verre et de plastique peuvent être aussi recyclés pour en faire des œuvres d’art. Kamel Zghidi, agent de propriété à la municipalité de Monastir, collectionne ainsi ces déchets et en fait des œuvres artistiques pendant ses moments perdus. Ses œuvres sont exposées dans son atelier chez lui.

Le revenu issu de la récupération de ces ordures ménagères peut aussi aider les plus démunis. Par exemple, l’organisation des collectes de résidus à travers les plages et les grandes villes du pays de l’association Tunisie recyclage a permis de récupérer une vingtaine tonnes de plastique. Ces résidus sont ensuite revendus à des entreprises de recyclage. Le montant récolté est réinvesti dans l’achat des matériels scolaires d’une petite école fréquentée par les ménages modestes. L’association en a profité pour expliquer aux enfants la provenance des sacs d’écoliers afin de les sensibiliser sur la valeur économique des déchets et la protection de l’environnement.

Pour une plus grande efficacité du rendement, l’association a même eu l’idée de trier par elle-même les déchets et de les revendre aux entreprises de tri sans passer par les collecteurs privés.

La thématique de prolifération de déchets touche toute la population tunisienne. Or, l’Etat ne peut pas mettre en place des structures performantes pour la collecte et le traitement de ces ordures. En effet, on ne recense que 14 décharges contrôlées ou semi-contrôlées pour ces déchets. Pour éviter la pollution, les gens choisissent l’incinération des résidus or ce comportement n’est pas sans effet sur l’environnement et la santé de leur entourage. On attend à une création d’une dizaine de centres de traitement de déchets d’ici à la fin d’année. En attendant, le changement de comportement des habitants pourrait réduire le volume des ordures produites. En effet, l’achat en vrac permet de limiter l’emballage. De même l’achat des objets usagés a aussi l’avantage de ficeler son budget tout en réduisant la production des déchets avec les emballages. A noter évidemment que les ordures ne sont pas constitués des plastiques ou des canettes en alu uniquement. Des couches-bébés, des cartons, des objets usagés que les ménages n’utilisent plus s’amoncellent également dans les déchetteries. La sensibilisation devrait ainsi commencer par les enfants qui sensibiliseront à leur tour leurs parents à travers la réduction de déchets et de compostage. Seul le changement du comportement de chaque citoyen en matière de gaspillage alimentaire permet ainsi de réduire la production des ordures ménagères.

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