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La saison estivale et son impact sur l’économie tunisienne



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Même si les inégalités sociales se creusent de plus en plus après la révolution, les vacances sont un bien-être que les Tunisiens dans les grandes villes considèrent indispensable au même titre que la possession d’une voiture, d’un logement ou de l’électroménager. Ainsi, le ramadan passé suivi de la fin de l’année scolaire, beaucoup attendent déjà avec impatience le début des vacances d’été.La mode de vie des Tunisiens résidant en ville ont en effet changé depuis ces 20 dernières années. Malgré la baisse des achats en ligne et le règlement par carte bancaire, le nombre total des ménages ayant souscrit à un prêt bancaire pour accéder à des biens de consommation a augmenté sur l’année 2017 à 2018. Un petit focus sur la société de consommation tunisienne, la saison estivale et son impact sur l’économie du pays.

Depuis ces 5 dernières années, le PIB par habitant de Tunisie affiche une baisse. Cependant, dans les grandes villes, les citadins enregistrent des niveaux de consommation plus élevés. Cette information provient de l’enquête publiée par l’Institut national de la consommation. Cette tendance est causée par des facteurs culturels, économiques et démographiques. Les dépenses concernent notamment l’alimentation, le bien-être, le moyen de transport et l’accès au logement. L’impact de la publicité commerciale sur l’achat des biens à la consommation entraîne la hausse des prêts bancaires et du taux d’endettement des Tunisiens dans les grandes villes. Le changement des modes de consommation se reflète aussi sur l’augmentation des patients souffrants des pathologies comme l’hypertension artérielle, le cholestérol, l’obésité. L’enquête a indiqué également que les consommateurs tunisiens montrent plus d’exigence lorsqu’ils font des achats. Ils s’informent d’abord sur la marque, la qualité des produits qu’ils vont acheter et préfèrent avoir une plus grande variété de choix. Environ 93 % des citadins enquêtés ont ainsi répondu qu’elles disposent d’une machine à laver et 36 % possèdent d’ordinateurs contre 25,6 % pour les appareils photo et tablettes numériques. 36 % des familles enquêtées ont ainsi indiqué qu’elles ont au moins un membre de leur famille qui a contracté un prêt bancaire pour accéder à un bien à la consommation. 51 % font leurs emplettes auprès des surfaces commerciales.

Outre les dépenses pour les biens à la consommation, les consommateurs tunisiens ont également un véritable attrait envers les vacances. Malgré les tarifs des hôtels prohibitifs, les plages bondées et les problèmes de propreté des plages, les bains de mer sont des rituels à ne pas manquer pour de nombreux citadins. Concernant justement l’entretien des plages et des espaces verts, des entreprises privées s’occupent depuis cette année de la collecte des déchets, et le nettoyage à l’aspirateur des plages. Des conteneurs sont également installés dans les zones touristiques. En dehors de ces mesures, le ministère des affaires locales et de l’environnement cherchent aussi des moyens pour s’attaquer aux moustiques qui se multiplient avec le problème du marécage. De plus, dans la commune de Raoued dans le gouvernorat d’Ariana, 45 nageurs sauveteurs sont recrutés pour surveiller les baigneurs dans cette plage pour cette année 2019. La municipalité a également taillé les palmiers et les arbres aux abords de la route.

En ce qui concerne les recettes touristiques au cours de cette année, elles affichent une progression de 37,7 % au mois de mai par rapport à l’année précédente. Les touristes augmentent de + de 14,5 % au mi-mai avec la venue des Européens. Les Français sont en tête des 2,4 millions de touristes avec 244 000 touristes, puis on retrouve les Allemands avec 54, 3 milles touristes. L’objectif est d’atteindre 1 million de visiteurs Français et le même chiffre pour les touristes Allemands au cours de prochaines années selon le ministre du Tourisme, René Trabelsi. Les autres nationalités, quant à eux, comptent 241,3 milles visiteurs. Parmi ces derniers, on retrouve les Algériens, 777 073 depuis le début de cette année jusqu’au mi-mai puis les Lybiens 642,8 milles visiteurs. En guise d’info, les visiteurs Algériens qui sont venus au paysau cours de l’année dernière atteignent 2,7 millions. Le nombre des Chinois qui débarquent au pays a aussi affiché une hausse de + de 11,8 % au cours de cette année.

Ces chiffres impactent sur les nuitées touristiques qui ont également progressé de 17,1 % avec des nuitées des personnes non-résidentes en hausse de plus de 26 %.Les régions ayant affiché le plus grand nombre de nuitées sont la Sousse, Yasmine-Hammamet et Tunis-côte.

Ces statistiques constituent une belle perspective pour la Tunisie qui était rudement secouée par les attentats au Tunis. Pour cette saison estivale 2019, les réservations grimpent de 55 %. Elle se trouve ainsi à la quatrième place des destinations prisées des Français. Cette embellie du tourisme se répercute également sur les devises du pays. Jusqu’au mois d’avril 2019, les recettes du secteur atteignent 331 millions d’euros. Ce qui affiche une hausse de 36,4 % comparées à l’année précédente.

Pour autant, cela ne fait pas oublier le problème du tourisme balnéaire tunisien.Pour y remédier, le ministre du tourisme vise à proposer une découverte autre que les vacances balnéaires aux touristes avec le sport, la thalasso, le Sahara etc.Quant aux attentats qui font fuir les touristes, le ministre a rappelé qu’il fait des efforts dans le rétablissement de la sécurité.

Depuis longtemps, la Tunisie est considérée comme un acteur majeur dans le tourisme arabe dû à sa position stratégique et à ses attraits culturels et touristiques. Pour les hôteliers, l’arrivée des vacances constitue une manne qui leur permet de renflouer leur compte. En effet, les clients locaux tout comme les touristes dépensent plus pendant cette saison. A titre d’exemple, la nuit en demi-pension coûte 170 dinars tandis que les places au soleil à Hammamet est dans les environs de 1500 dinars à 3000 dinars la semaine dans un appartement ou une villa riche. Or, ces chiffres sont trompe-l’œil car le tourisme marocain rapporte quatre fois plus que le tourisme tunisien. Pour l’année 2018, par exemple, chaque touriste qui a visité le pays jusqu’au 30 juin a dépensé 140 dollars environ alors que chaque touriste marocain a rapporté 612 dollars. Les causes en sont les partages des recettes entre les hôteliers et les agences de voyages tunisiens qui tirent le prix vers le bas à moins de 75 % pour attirer plus de touristes.

Voilà pour les touristes et les restaurateurs, mais pour l’économie de l’Etat, malgré la hausse de 8,3 millions de visiteurs, les recettes en devise n’ont pas suivi la même augmentation. Et pour cause, le secteur a fait entrer dans la caisse de l’Etat 1,85 milliard euro en 2010 contre 1,30 à milliard en 2018. Cela est dû au glissement du dinar tunisien et aussi à la baisse des recettes de l’exportation de l’huile d’olive. Le tourisme et l’agriculture (en particulier l’huile d’olive) sont responsables du faible apport en devises.

Pour la petite info, on constate une perte de 15 % de la valeur de dinar face à l’euro depuis le début de l’année 2018. Le taux directeur de la banque centrale a augmenté aussi de 2,75 %. Ce qui rend le refinancement difficile à l’Etat tandis que la dette publique ne cesse d’augmenter. De leur côté, les banques octroient du crédit plus qu’elles ne reçoivent de dépôt. Bref, face au contexte actuel, les économistes maintiennent leur point de vue négatif malgré le repart à la hausse du tourisme.

 

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