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Les récoltes céréalières en Tunisie



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La Tunisie doit compter sur la France pour l’approvisionnement des céréales du pays. Cela est également valable pour les autres régions du Maghreb qui souffrent des conditions climatiques défavorables et de la difficulté économique. Pour la saison agricole de cette année 2019, cependant, si on tient compte des prévisions de récolte céréalière de la Tunisie, les récoltes céréalières atteignent son niveau record de 2 millions de tonnes. Une bonne nouvelle qui pourrait amortir les coups durs après 3 années de sécheresse.

La bonne pluviométrie dans les provinces impacte sur la quantité de céréales récoltées de cette année, si on tient compte de l’estimation dans le budget économique 2019. Les superficies ensemencées ont atteint 1 220 000 ha, dont 849 000 ha situées dans les parties nord et le reste dans les gouvernorats du centre et du sud. Rappelons que pour l’année précédente, la récolte de céréales affiche 14,3 millions de quintauxalors que cette année, elle est estimée à 19 à 20 millions de quintaux.

Mr Mohamed Rjaibia, chargé des grandes cultures quant à lui, a indiqué que le 2 millions de tonnes est une surestimation. Il pense que la récolte céréalière de cette année n’atteint pas un tel record et qu’elle ne peut pas dépasser les 16 ou 17 millions de quintaux. Pour lui, les problèmes se trouvent au niveau de collecte et de capacité de stockage. La capacité de collecte du pays est limitée à 8,5 à 9 millions de quintaux et le reste sera stocké à ciel ouvert.

Si on se réfère aux statistiques de l’office des céréales, le pays injecte 600 millions de dinars chaque année pour l’approvisionnement en céréales comme le blé tendre, le blé dur, l’orge fourragère…

Les causes de cette dépendance del’extérieur en matière de l’importation sont nombreuses. Premièrement, les agriculteurs ne disposent pas d’assez de ressources financières pour s’approvisionner en semences et plants. Au cours d’une saison agricole, des catastrophes naturelles provoquantun incendie, des dégâts, des inondations, des chutes de grêle dans les exploitations céréalières pourraient aussi survenir. Il y a également les difficultés de la calibration auxquelles les producteurs doivent faire face. Cela pourrait réduire la quantité de la production. D’un autre côté, l’augmentation des prix de céréales ne suffit pas aussi pour couvrir les coûts de production.Sans oublier la baisse des crédits de recherche sur l’amélioration de nos systèmes de production et leur adaptation sur les problèmes environnementaux.

La solution permettant d’améliorer notre production de céréales consiste à relancer la recherche en agronomie, à restructurer le marché tout en aidant financièrement les agriculteurs, et à améliorer notre capacité de collecte et de stockage.

Selon les statistiques de l’INS, la Tunisie enregistre une hausse constante de volume d’échanges commerciaux avec l’extérieur au cours de l’année dernière. La hausse à l’export tourne autour de 3,7 % contre 1,1 % pour l’import. La hausse de l’importation en volume concerne le secteur de l’énergie et du lubrifiant à hauteur de 18,1 %. Quant à la hausse des exportations en volume, elle touche notamment l’agriculture et le secteur agroalimentaire.

Rappelons d’ailleurs que pour l’année 2017, la Tunisie a importé 100 000 tonnes de blé tendre et 50 000 tonnes d’orge. Et ce malgré la récolte de céréales de 1,6 million de tonnes au cours de la saison agricole 2016-2017. La Tunisie est obligée de recourir à l’importation afin de subvenir à ses besoins. Elle importe notamment du blé tendre. La France tient régulièrement plus de 15 % des parts du marché de fournisseur de blé depuis ces dernières années. Pour l’année 2016, par exemple, les importations de blé du pays proviennent de l’Ukraine, de Russie, de Roumanie de France et de Belgique. Les chiffres ont également montré que les exportations de céréales de la France affichent une baisse dans la région du Maghreb alors qu’elles sont en hausse sur le Moyen-Orient.Depuis 2016, le principal importateur de l’orge français est l’Arabie saoudite. Le volume des autres pays importateurs a aussi augmenté, par exemple, la Tunisie a augmenté de 23 % des importations d’orge de France, contre 75 % pour le Maroc. Mais les importations françaises de l’orge vers les pays européennes restent stables.

Pour l’année 2016, les exportations tunisiennes de blé tendre vers les pays tiers affichent aussi une croissance de 63 % grâce aux importations algériennes. Il en est de même pour les exportations de blé et de maïs dans les pays de l’Union européenne qui affiche une haussepar rapport àla campagne 2016-2017.

Ces statistiques s’expliquent par la montée en puissance de la Russie dont les exportations de céréales battent le record avec un volume de 52,2 millions de tonnes. Mais comme on l’a déjà dit, il importe aussi d’apporter des réformes structurelles afin de rationaliser les importations de céréales et réduire les importations des autres produits classiques. Dans cette optique, le ministre ZiedLaâdhari a indiqué que son département a pris des mesuresvisant à améliorer la balance des opérations de l’import-export du pays. On peut citer entre autres la hausse de la taxe douanière, le renforcement du contrôle technique sur les importations sur les importations, le lancement de négociations avec l’UE pour maîtriser le déficit commercial, la demande d’une assistance technique pour percer le marché turc et chinois…

Les agriculteurs tunisiens ne peuvent pas se passer des aides de l’Etat. En effet, ils sont confrontés à plusieurs problèmes comme les conditions climatiques peu clémentes, la sécheresse, la grêle, la neige, la forte pluviométrie etc. Tout cela acausé des pertes d’une valeur de 345 millions de dinars depuis 2011 selon le ministre de l’agriculture. Afin d’indemniser les agriculteurs et les marins-pêcheurs victimes de ces calamités naturelles, le gouvernement est obligé d’instaurer un fonds de dédommagement dans le cadre de la loi de finances 2018 pour dédommager ces sinistrés. Cette couverture concerne les pertes dues aux inondations, tempêtes, aridité, neige, gelée aux cultures irriguées, aux produits agricoles et aux animaux d’élevage et de pêche.

Ce fonds est indispensable pour les agriculteurs tunisiens car sur les 5,4 millions d’hectares cultivables, seuls 400 000 sont irrigués en cas de sécheresse. Les cultures restantes qui sont notamment des productions céréalières doivent se soumettre aux variations climatiques. Les producteurs de céréales sont ainsi confrontés à une disette une année sur trois. Ce qui se répercute dans leur capacité de remboursement de crédits. De plus, les cultures de taille réduite dominent la superficie nationale. Elles sont assurées par des petits agriculteurs qui ne disposent pas de connaissance adéquate pour faire face aux changements climatiques naturels.

Le fonds d’indemnisation est financé par l’Etat à hauteur de 30 MD par année, avec un prélèvement de taxe de solidarité nationale de 1 %sur certains produits comme les céréales collectées par l’Office de céréales. Les agriculteurs déclarants doivent aussi payer une cotisation annuelle fixée à 2,5 % de la valeur de la production assurée. Par ailleurs, les bénéficiaires de cette caisse de compensationsont uniquement les agriculteurs assurés par la société d’assurance en charge de la gestion de fonds. Notons enfin que l’encouragement de culture biologique pourrait aussi sauvegarder le maintien en active des agriculteurs tout en préservant les ressources naturelles.

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