La rentrée scolaire peut poser des soucis conséquents aux familles nécessiteux. En effet, vu la conjoncture économique difficile que traverse le pays, ces ménages sont toujours aux prises avec des difficultés financières même si l’enseignement est gratuit.Les élèves doivent aussi faire face à l’angoisse ou la phobie de la rentrée scolaire. Quoi qu’il en soit, le nombre des élèves qui entrent en école accroît de 2 % pour cette année scolaire. Et ce en dépit des problèmes d’infrastructures et de l’effectif insuffisant d’enseignants.
Pour cette année 2018-2019, on recense 2 121 000 élèves qui rejoignent les bancs de l’école, soit une hausse de 2 % par rapport à l’année dernière.Outre cette croissance des élèves scolarisés, plusieurs réformes marquent également cette année scolaire qui va commencer. A titre d’exemple, on enregistre une ouverture de 29 écoles. Pour les élèves de 1ère, 2ème, 3èmeet 4ème primaire, les courspour les samedis ne sont plus aussi au programme. Une mesure qui s’étendra pour les classes de 5ème et de 6ème pour l’année prochaine. Le calendrier scolaire des enseignements primaires est également révisé et la durée du cours est réduite à 7 h. Le prix des cantines scolaires pour chaque repas a également doublé à hauteur de 1 600 millimes. Cette mesure est couplée avec la mise en place d’une banque alimentaire qui s’occupera de l’approvisionnement de ces cantines. L’Etat prévoit également des cours de rattrapage gratuits pour lutter contre les cours particuliers.Outre ces réformes, presque l’intégralité des écoles nécessitant des travaux de réhabilitation sont aussi rénovées et plus des tiers des établissements éducatifs ont des citernes d’eau potable. Un système de chauffage central est également installé dans les pensionnats. Ces réformes font aussi suite à l’appel du ministère de l’éducation en vue de la mobilisation des sociétés civiles et des chefs d’entreprise pour la restauration des écoles.
Par ailleurs, l’Etat va aussi recruter 3 400 enseignants et professeurs pour cette année scolaire. A ce chiffre s’ajoutent les 7 500 suppléants qui prennent en charge les cours gratuits des samedis. Pourtant, cet effectif est encore insuffisant car il en faut encore 10 000, selon le ministre de l’éducation. Au passage, ces suppléants ont d’ores et déjà revendiqué leur intégration dans le ministère de l’éducation nationale, mais pour le moment, ils ne perçoivent que 750 dinars par mois et une couverture sociale.
Concernant l’inscription des élèves, plus de 1 cinquième des élèves se sont inscrits à distance. Ce nombre des élèves qui s’inscrivent en ligne peut atteindre un niveau élevé, mais les bureaux de postes sont saturés alors que les cartes n’étaient accessibles qu’à la poste.
Mais si l’Etat, les enseignants et les foyers tunisiens se préparent activement à la rentrée scolaire,ce moment n’est pas aussi facile pour les élèves. Outre le fait de se déplacer à l’école dans une distance assez loin de leur domicile pour les familles les plus démunies, ces enfants ont aussi à faire face au stress scolaire et angoisses de rentrée.
La phobie scolaire est l’une des problématiques fréquentes des élèves qu’on voit lors des premiers jours la rentrée scolaire ou au cours de l’année. Elle survient aux tout-petits, vers l’âge de 6 ans, et vers l’âge de 13 à 14 ans.Elle se caractérise par un refus d’aller à l’école dû à une crainte de ne pas se faire des amis ou une peur des autres élèves. Cette phobie peut s’accompagner des migraines, des vomissures, des maux de ventre ou des crises.Ces crises ne s’arrêtent que si l’enfant est assuré qu’on ne l’amène pas à l’école. Chez l’adolescent, elle peut s’associer avec des problèmes comme la baisse de l’estime de soi, les troubles de sommeil, l’attitude dépressive…Selon le professionnel de santé, un enfant anxieux face à la rentrée ou un changement d’école peut avoir trois réactions, soit il ne veut pas aller à l’école, soit il attrape des maux de tête ou d’autres malaises, ou encore il montre des signes de problèmes émotionnels ou une dépendance aux jeux.
Lorsque l’enfant montre ces signes, les parents doivent tenir compte ces symptômes et le soulager dans la mesure de possible.Pour ce, ils peuvent travailler en équipe avec le personnel enseignant de l’école fréquenté par leur enfant afin de le rassurer et de chercher une solution adéquate. Après l’école, ils peuvent également l’inciter à raconter sa journée à l’école et l’amener faire ce qui lui plaît, par exemple, aller se promener avec le chien… Dans tous les cas, il convient de communiquer avec lui et de ne pas le priverdes moments de détente tous les jours afin de diminuer son anxiété. Par exemple, s’il excelle dans une pratique sportive, il faut l’encourager dans cette activité car cela permet de le valoriser et de réduire son anxiété. Dès le début de l’année scolaire, le parent devrait également l’amener voir le professeur afin que l’enfant puisse surmonter cette peur de l’inconnu qui le tenaille.Selon les psychologues, cette peur est due au fait que l’enfant ne connaît pas les personnes qu’il va rencontrer et le déroulement des séances d’apprentissage à l’école. Mais lorsque ce peur du changement qui pourrait arriver chez un enfant peut avoir une proportion démesurée allant jusqu’à la phobie dans certains cas. Cette appréhension de la rentrée pourrait aussi provenir d’un sentiment de contrainte, d’obligation et d’une sorte de pression dans l’esprit de l’enfant ou de l’adolescent. Pour ce dernier, cela peut résulter d’une dispute avec un professeur, d’une querelle familiale ou problème amoureux…A noter qu’en règle générale, cette crainte disparaît au bout de quelques jours pour l’enfant de bas âge s’il est accompagné par ses parents lors de la rentrée et si on lui explique le programme à l’école comme l’heure du déjeuner, le goûter…Chez les ados, ce problème requiert souvent une prise en charge familiale ou une analyse de la difficulté de l’intégration sociale de l’adolescent.
Pour les petits en maternelle, la rentrée est souvent synonyme de larmes et de déchirement. Ce moment est douloureux pour eux car ils ont peur de perdre leur parents. Par contre, s’ils ont déjà découvert l’école avec la maîtresse ou l’équipe enseignante, ils peuvent éviter les angoisses. Dans certaines écoles où on prévoit une organisation de portes ouvertes pour familiariser les enfants avec l’école avant la rentrée, ces derniers ne montrent pas aussi des angoisses.
Il convient aussi de parler d’une façon positive de la vie à l’école à son enfant. Par exemple, on lui apprend qu’il va avoir de nombreux amis, une grande cour pour jouer avec beaucoup de jeux. On peut lui expliquer aussi que quand on est grand, on va à l’école parce qu’on y apprend des nouvelles choses intéressantes. Cela permet d’évacuer le stress du bambin tout en le sociabilisant. La semaine avant le jour de la rentrée, il faut également le coucher tôt progressivement puis le jour J, après le rituel de bisous, il faut le laisser rapidement car sinon il va pleurer dès qu’il anticipe le départ du parent. Enfin, les parents doivent chercher aussi des jeux pédagogiques pour stimuler son éveil intellectuel tout en améliorant son rendement académique.