Le climat politique intenable, la situation économique figée, le manque de moyen financier et de perspectives d’emploi figurent parmi les causes de l’immigration clandestine. Un fléau qui touche non seulement la Tunisie, mais aussi la Lybie, l’Italie, la France et les autres pays européens. Le point sur les facteurs favorisant ce phénomène et les solutions pour réprimer les immigrations massives des Tunisiens à l’étranger.
L’immigration clandestine prend de l’ampleur inquiétante dans les pays d’Afrique. Le premier risque de ce phénomène est l’entrave à la sécurité. En effet, l’infiltration des terroristes parmi les immigrants n’est pas à exclure. De source sûre, des réseaux criminels organisent en effet ces immigrations illégales en demandant au candidat une certaine somme allant jusqu’à 8 000 dinars. Certains de ces immigrés clandestins font aussi de trafic de stupéfiants pour pouvoir payer leur périple. Le troisième risque avec ce fléau est également la propagation de maladies ou des épidémiestransportés par immigrants. Enfin, les immigrants eux-mêmes risquent leur vie avec les entrées parfois périlleuses dans un pays.C’est d’ailleurs pour ces nombreuses raisons que la Lybie a décidé de bannir de son territoire les immigrés clandestins illégaux, dont la plupart sont des originaires de l’Afrique sub-saharienne.
En fait, il est difficile de lutter contre ce fléau malgré l’accord de l’Union européenne avec la créationde l’Agence européenne de gestion et de contrôle des frontières. La vigilance des pays de l’Afrique du nord permet de diminuer le flux des immigrants mais il ne faut pas occulter que leurs efforts ont aussi un coût immense. Car il ne leur est pas possible de surveiller les frontières immenses avec le pays comme le Mali, le Niger. Les mesuresrépressives de rapatriement, de fermeture de frontièresou d’autres solutions radicales s’avèrent inefficaces dans la solution de ce problème. Même les arguments moralisateurs comme le fait de faire appel au sens du patriotisme des migrantsou le recours aux moyens multimédias pour sensibiliser les immigrants contre les risques de décès en s’embarquant sur une pirogue des côtes de l’Afrique n’ont pas porté leur fruit. Ces campagnes de sensibilisation font l’objet du projet de l’OIM (Organisations internationale pour les immigrations) appelé « Aware immigrants ». Cette tournée de concert de l’année 2017 avec la chanteuse sénégalaise GoumbaGawlo, (une tournée financée par l’Italie) réunit plusieurs chanteurs de l’Afrique de l’Ouest. Le clip conseille les immigrants à migrer d’une façon légale et montre les risques d’une migration irrégulière.L’OIM coopère aussi avec les rappeurs, les humoristes, les journalistes et blogueurs pour faire passer le message sur les risques de l’émigration. Outre les clips, l’OIM sensibilise également les émigrants à travers les matchs de foot, les pièces de théâtre etc.Toutefois, comme nous l’avons dit, ces sensibilisations ont peu d’effet sur les migrants qui continuent
Les politiques contre l’immigration irrégulière engagent ainsi non seulement les Etats occidentaux mais aussi les pays Africains. Pour les Etats concernés, il est utile de mener cette campagne contre l’immigration car ce fléau est à l’origine de dysfonctionnement de l’emploi dans les pays Européens. Effectivement, il fait entrer les étrangers dans une situation financière précaire tout en détériorant l’image des étrangers en situation régulière en Europe.
Le premier facteur favorisant l’immigration est le chômage selon une enquête réalisée par la Fondation Rosa Luxembourg parmi les jeunes de 18 à 34 ans. Plus de la moitié de ces jeunes souhaitent quitter le pays et le tiers de ces enquêtés croient que l’immigration est une alternative permettant d’atteindre cet objectif. L’enquête menée par l’ITES dans un village de Mahdia a aussi révélé quelesimmigrants sont motivés par le désir de réussir matériellement et par l’ambition de montrer leur richesse lorsqu’ils reviennent au pays. D’autresrêvent d’un Eldorado en Europe où ils croient pouvoir engranger de l’argent pour envoyer à leur famille restée au pays. Le chômage,l’abandon scolaire et les disparités régionales constituent également des motifsinvoqués par les émigrés.Il en est de même pour la baisse de la production agricole et du revenu par habitant, la famine et la guerre civile qui affectent certains pays Africains. Enfin, le fait que la Tunisie est devenue aussi le seul pays de transit après que les routes partant de Lybie sont fermées a fait également retourner le flux des migrants vers la Tunisie.
A noter qu’une grande partie des migrants sont âgésentre 21 à 30 ans. D’ailleurs, une étude a révélé qu’avant la révolution de 2011, 35 % des jeunes tunisiens enquêtés souhaitent quitter le payspour s’établir en Europe. Pendant la période post-révolutionaire, ce chiffre a grimpé à 54 %. Ainsi, au cours de l’année 2017, le nombre d’opérations d’immigration clandestine atteint plus de 300 avec une hausse au quintuple des arrestations pendant le deuxième semestre.Sur le territoire italien, 7 988 immigrants clandestins ont fait l’objet d’arrestation toujours en 2017.
Ce qu’il ne faut pas cacher avec cette immigration non réglementaire, c’est que le rêve peut être fatal pour un certain nombre de ces migrants.Selon les statistiques fournies par les autorités, 5 000 personnes parmi les quelque 119 340 Tunisiens qui ont fui la Tunisie en prenant la mer sont portés disparus.Les migrants venant de l’Afrique noire qui traversent le Sahara passent aussi par des épreuves difficiles qui peuvent leur coûter la vie. Notons au passage que le gouvernorat de Sfax tient le premier rang de la liste des opérations de migration clandestine suivi de Nabeul, de Bizerte et de Zarzis. Et 60 % de ces opérations se font pendant le mois de septembre et d’octobre à cause de la direction du vent favorable à cette opération pendant cette période (vent modéré de 10 km/h).
Pour lutter contre ce fléau qui touche en grande partie les jeunes tunisiens chômeurs et vivant dans une situation financière précaire, il faut prendre des mesures plus efficaces que la sensibilisation des jeunes. En effet, quels que soient les arguments proposés pour convaincre ces jeunes de ne pas partir illégalement, ils sont déterminés à trouver le moyen pour financer le voyageavec la traversée de la Méditerranée pour rejoindre l’Italie depuis la Tunisie. Le flux de l’immigration continue d’exploser chaque année et c’est une crise politique qui nécessite des solutions.
Pour alléger contre ce phénomène qui touche particulièrement les pays Africains, les arguments ne suffisent plus pour changer les mentalités des jeunes et des moins jeunes à propos de cette immigration clandestine. Le fondateur de JPREM pense qu’il faut offrir l’opportunité à la jeunesse afin qu’ils puissent participer à l’amélioration du bien-être économique et social des jeunes Africains.Si ces jeunes reçoivent des aides financières des futurs pays d’accueil leur permettant de réussir une entreprise, cela pourrait inspirer d’autres jeunes à être aussi des acteurs de changement dans leur pays. Pour lui, les jeunes talents africainspeuvent ainsi réussir dans leur ville, leur campagne ou leur village si on leur donne des opportunités.
Les systèmes Frontex et Eurosur permettent également de baisser le nombre d’opérations d’immigration clandestine, tout en surveillant les frontières méditerranéennes et ensauvant les migrants en mer. Cependant, pour un résultat plus tangible, les pays d’Europe doivent accorder de l’aide aux pays dont partent les immigrants afin de favoriser le développement de ces pays et d’atténuerle flux des immigrants.