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L’état du secteur industriel en Tunisie



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La fin du modèle dirigiste des années 70 a fait émerger une politique industrielle basée sur la sous-traitance internationale et privilégiant la création d’emplois. La venue de la mondialisation des échanges et des marchés a aussi renforcé cette politique. Dorénavant, beaucoup d’entreprises tunisiennes doivent devenir compétitives et ouvertes sur le marché mondial si elles veulent résister à la férocité de la concurrence économique. Tour d’horizon sur l’état du secteur industriel en Tunisie, l’emploi dans ce secteur et son amélioration.

Après l’indépendance, l’industrialisation est considérée comme le moyen de sortir au plus vite de sous-développement dans la plupart des pays du Tiers-monde. La politique industrielle tournait autour de l’implantation d’infrastructures de base et des pôles de croissance. Mais ce système de dirigisme a connu une rupture. Vers le milieu des années 70, le modèle tunisien d’industrialisation et dans le secteur manufacturier se transforme de plus en plus vers le développement du secteur de l’exportation et la création des zones franches. Les zones franches économiques profitent au titre de leurs activités en Tunisie de l’exonération totale d’impôts pendant les 10 premières années de leur implantation et d’une réduction fiscale de 50 % vers la onzième année. Elles peuvent aussi importer les biens et services utiles à la production. Pour promouvoir l’investissement en Tunisie, l’Etat a introduit aussi le système de partenariat à travers les rencontres et les manifestations pour aider les opérateurs Tunisiens à accéder aux marchés mondiaux. Des encouragements fiscaux et financiers accompagnent ces mesures. Mais dans l’environnement actuel où la compétitivité et l’innovation sont les maitres-mots, il est temps de mettre à niveau et d’explorer tous nos potentiels. Cela concerne par exemple la sélection des meilleurs créneaux, l’investissement dans la recherche et l’innovation, la répartition des branches industrielles dans toutes les régions, la promotion pour la compétitivité des produits industriels, la diversification des produits. Il faut aussi miser sur l’ouverture sur les marchés extérieurs, le positionnement sur les secteurs économiques porteurs ainsi que la mise en place d’une politique d’adaptation à la conjoncture internationale. La concertation entre les acteurs dans l’industrie permet aussi d’identifier les failles et les difficultés rencontrées par chaque opérateur afin de mieux savoir les défis à relever et s’adapter aux éventuels bouleversements planétaires.

Concernant l’état du secteur industriel actuel, notre secteur manufacturier traverse une passe difficile à cause de la concurrence frénétique des marchés internationaux. Nos entreprises ne peuvent pas faire face à la concurrence mondiale car elles sont tournées vers le marché intérieur et n’exportent pas assez. Elles n’innovent pas aussi et leur faible volume de production ne leur permet pas de réduire le coût de leur exploitation. Elles doivent aussi opter pour la spécialisation, la requalification de leur personnel ainsi que la diversification des produits. Pour pouvoir être compétitives, les industries doivent également bien coordonner ses méthodes de fabrication, de contrôle qualité, de maintenance des machines, d’exportation, etc.

Une solution possible pour promouvoir ce secteur consiste à développer les clusters. Ces derniers sont les PME œuvrant dans le même secteur et proches sur le plan géographique qui entretiennent des relations entre elles. Les échanges et les interactions positives de ces clusters permettent de rentabiliser leur investissement et d’augmenter leur chiffre d’affaires. Nos entreprises locales peuvent aussi prendre comme exemple les entreprises étrangères qui ont réussi. Enfin, la création d’un climat favorable aux entreprises à travers l’octroi des avantages pour celles qui affichent des performances techniques et mettent en place des plans d’innovation stratégiques.

Le secteur industriel comprend les industries minières, le forage, la construction et les services publics comme le gaz, l’électricité, et les industries de fabrication de biens de consommation. Ce secteur compte 28 % environ du PIB et emploie 33 % environ des salariés. Les industries extractives occupent la part la plus importante. Le secteur recrute beaucoup de compétences et des ouvriers en commençant par chaudronnier, le tôlier jusqu’au poste de technicien, chef d’équipe ou concepteur. Le secteur pharmaceutique, l’habillement, l’agro-alimentaire recrutent aussi de nombreux main- d’œuvre ainsi que des commerciaux. Les salaires varient en fonction du poste occupé, du diplôme mais aussi du secteur industriel. Les années d’expérience influent aussi sur la rémunération. Les personnes ayant plusieurs années d’expérience touchent un salaire beaucoup plus élevé que les débutants et les stagiaires. A titre d’exemple, un responsable de production est beaucoup mieux rémunéré qu’un responsable commercial mais touche moins de salaire qu’un directeur technique d’une grande société. Les diplômes du CAP jusqu’à l’ingénieur voire bac + 7 ouvrent la voie à un emploi dans ce secteur. Si l’on souhaite une évolution dans son poste, il faut passer par une formation spécifique. Les postes de management sont quant à eux accessibles avec un master ou des diplômes d’école de commerce. Les chercheurs d’emploi peuvent jeter un coup d’œil dans les offres d’emploi sur notre portail de petites annonces.

Pour en revenir au tissu industriel tunisien, les résultats du baromètre sur le climat des affaires effectué par l’Apii ont montré une meilleure amélioration au niveau de ce climat pour l’année 2018. Cette enquête est faite auprès de 367 entreprises réparties dans divers secteurs. L’enquête porte sur le climat en interne des entreprises, les avis sur l’impact de la loi d’investissement et l’environnement des affaires externe. Plus de la moitié des personnes enquêtées ont déclaré qu’ils sont plutôt positifs pour l’année 2019. Le taux de satisfaction de ces entrepreneurs est dû à la qualification de la main-d’œuvre, le voisinage des zones logistiques et les avantages du développement régional. Concernant les facteurs décourageants qui nécessitent des améliorations, ces entrepreneurs reprochent la corruption, la hausse de la pression fiscale, et la hausse du taux d’inflation. La plupart des entrepreneurs sont aussi mécontents de dispositions de la loi d’investissement en vigueur depuis 2017.

Une enquête réalisée par l’INS sur 943 chefs d’entreprise a aussi montré une amélioration du rythme de croissance de la production industrielle pour l’année 2018 pour la plupart des interviewés. Seuls 20 % ont indiqué une stabilité au niveau de la production. Ces industries sont dans le textile, l’habillement et le cuir. Tandis que les industries chimiques et les fabricants de matériaux de construction ont enregistré une baisse de leur production.

Quoi qu’il en soit, la Tunisie doit se préparer à l’industrie intelligente ou industrie 4.0. Cette révolution industrielle permet d’améliorer la compétitivité des entreprises tout en mettant en place une procédure de transformation digitale et un investissement dans des équipements interconnectés. Plusieurs entreprises ont d’ailleurs fait figure de précurseurs dans ce domaine de recherche digitale comme la voiture connectée.

D’autres études apportent aussi de lumière sur l’importance de l’amélioration du secteur aéronautique tunisienne. Pour ce, le comité de pilotage de l’étude recommande le développement d’une industrie aéronautique intégré, le développement des filières, la hausse du recrutement et de services, ainsi que l’approvisionnement d’une meilleure infrastructure (route, ports, avions) et logistique.

Bref, pour promouvoir le secteur industriel Tunisien, il faut analyser le marché international, faire une étude sur les concurrents de la Tunisie et voir quels sont les atouts et l’attrait de la Tunisie par rapport à ces pays. Toutes les entreprises doivent aussi améliorer la valeur ajoutée dans les produits qu’ils fabriquent.

 

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