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L’impact du Coronavirus sur l’économie mondiale



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La pandémie du siècle Covid-19 a non seulement provoqué plusieurs milliers de morts, dont la plupart sont des personnes fragiles, mais risque aussi d’avoir des impacts significatifs sur l’économie mondiale. Les économistes entrevoient le déclenchement d’une crise financière identique à l’année 2008 avec des pertes d’emplois et de faillites. Certes, il y a des mesures de soutien à l’économie dans les pays membres de l’UE et de suppression de charges sociales du côté de l’Oncle Tom, mais est-ce que ces mesures permettent de relancer l’économie ? Décryptage.

Le lundi 9 mars 2020 a des conséquences graves pour les Bourses du monde entier. En effet, la bourse de Francfort a plongé à 7,94 %, celle de Londres a chuté de 7,69 % contre 8, 39 % pour la bourse parisienne et 5,07 % pour la bourse de Tokyo. Les mesures de confinement et d’interdiction de déplacements ont fait dévisser les bourses asiatiques, européennes et américaines. Du jamais vu dans l’économie mondiale après la récession de 2008 avec l’effondrement des subprimes. L’OCDE a d’ailleurs attiré l’attention sur les graves répercussions de l’épidémie pour l’économie mondiale. Le rapport a ainsi révisé la croissance mondiale de 2,9 % à 2,4 % à cause du grand bouleversement économique provoqué par la maladie. L’occasion pour les auteurs d’interpeller les Etats à agir immédiatement afin de contenir l’expansion du virus. Ils ont aussi profité de cette occasion pour attirer l’attention des pays sur l’importance de l’investissement dans les infrastructures publiques comme les services de santé. L’OCDE a notamment émis deux scénarios : le premier est que l’épidémie se développera d’une façon extrême en Chine mais sa propagation sera endiguée dans le reste du monde. Dans ce cas, elle prévoit une croissance mondiale de 2,4 % et une baisse de 1,4 % pour le commerce mondial. Dans la deuxième hypothèse, si l’épidémie est difficilement maîtrisée par la Chine, son effet sur l’économie mondiale pourrait atteindre 1,5 %. Et si la Chine est la plus affectée par la crise, ses effets se répercuteront aussi en Asie, en Europe et en Amérique du nord. Ce qui pourrait diminuer les échanges commerciaux de 3 % sur l’année. Quoi qu’il en soit, les pays comme le Japon, la Corée du sud et l’Australie seront aussi lourdement impacté par l’effet de cette épidémie.

En fait, si Coronavirus risque de mettre à rude épreuve l’économie mondiale, c’est que cette infection est apparue en Chine. Or, l’Empire du milieu produit 20 % de la PIB mondiale, soit 27 % de production d’ordinateurs dans le monde, 20 % de vente d’Apple et 40 % de ventes de Volkswagen pour ne mentionner que ces exploits. La Chine est également un important marché mondial pour les secteurs de luxe. Or la mise en quarantaine, les restrictions de déplacement, l’arrêt de vols et de transport ainsi que la fermeture des innombrables usines pour endiguer l’épidémie ont perturbé les échanges commerciaux mondiaux. En outre, l’Italie du Nord qui est aussi l’un des pays les plus fortement touché par la crise est une des régions les plus nanties du monde.

Dû au Coronavirus, le prix pétrolier encaisse également un nouveau choc car l’Opep et la Russie ne sont pas d’accord sur la baisse de leur production afin d’éviter la chute du prix. Les cours du baril atteignent ainsi 30 dollars le 8 mars. Or bon nombre de banques européennes et américaines sont dépendantes de l’industrie pétrolière. Face à ces difficultés économiques, la Banque Mondiale a cru bon de débloquer jusqu’à 12 milliards de dollars pour aider le système sanitaire des économies en développement affectés par cette contagion. La Chine a pour sa part effectué le déblocage de 43 milliards de dollars pour aider ses entreprises, le Japon 4 milliards, l’Angleterre 30 milliards de livres et l’Italie 25 milliards d’euros. Aux Etats-Unis, des mesures ont été prises pour faciliter l’accès aux crédits des opérateurs économiques. Ces mesures s’accompagnent d’une suspension de trois mois de taxes sur le salaire. En France, le gouvernement a aussi débloqué une enveloppe de 300 milliards d’euros pour financer les banques et les entreprises.

Quand la Chine s’enrhume, le monde entier en est victime. En effet, compte tenu de la place de l’Empire du milieu dans les échanges mondiaux, cette propagation du Covid-19 pourrait causer une véritable débandade dans l’économie mondiale et dans les résultats de nombreuses multinationales. Dans la vie quotidienne, les consommateurs confrontés à l’urgence sanitaire mondiale ont fait d’abord dévaliser les produits de bases dans les supermarchés. Tandis que les médecins et les infirmiers ont fait de leur mieux pour soigner les infectés. Mais derrière ce tableau morose, on assiste à une perturbation de chaînes d’approvisionnement mondiales. Toutes les places financières tombent à la baisse avec de pertes de valeurs d’actifs. L’arrêt de nombreuses usines de manufacture chinoises se répercute sur les entreprises allemandes, japonaises, coréennes, italiennes, françaises et américaines. Ces entreprises dépendent des pièces et composants fabriqués par la Chine. Une usine de Renault en Corée du sud a dû ainsi se fermer temporairement pendant cette crise. Apple doit aussi arrêter la production des fournisseurs. Le terme « choc d’offre » utilisé par les économistes décrit la situation économique laissée par Covid-19. Ce choc conduit à l’affaiblissement de l’économie mondiale, qui est déjà sujette aux tensions commerciales entre les grandes puissances (la Chine, les Etats-Unis et l’Europe). Cette crise impacte lourdement aussi sur les investissements. L’infection a fait rester au sol des nombreux avions partout dans le monde. L’interruption des liaisons pourrait coûter plus de 100 milliards de dollars selon l’Association internationale du transport aérien.

Outre les entreprises, le secteur du tourisme est aussi durement frappé par les effets de Coronavirus. 25 % des touristes venant au Corée du sud sont des Chinois. Or, depuis la propagation de la maladie contagieuse, les arrivées des visiteurs Chinois ont connu une baisse spectaculaire jusqu’à 95 % dans de nombreux pays. En Europe, le tourisme représente 7 % des emplois. Avec les avions qui se vident et l’arrêt des vols, la perte de ce secteur pourrait se chiffrer entre 63 à 113 milliards de dollars. Concernant les pertes des entreprises, leur choc est durable. En effet, les structures les plus vulnérables sont celles qui dépendent des importations chinoises (électronique, textile…). En France, 3600 entreprises dont la plupart des petites et moyennes entreprises ont décidé d’envoyer au chômage une partie de leurs salariés. D’autres entreprises comme les usines de Michelin optent pour la fermeture de leurs sites en France, Espagne et Italie jusqu’à l’amélioration de la situation. Seuls les secteurs comme les jeux vidéo, Netflix, Amazon et ceux qui font de télétravail ne ressentent pas l’effet de la crise.

Pour maintenir l’économie, les aides des Etats et des institutions financières flambent. Tout dernièrement, afin d’aider les pays membres de l’Union Européenne à redresser leur économie, la Commission européenne a décidé de créer un fonds de 25 milliards d’euros. L’institution a aussi souligné que les dépenses du budget liées à la lutte contre l’expansion du virus ne sont pas comptées dans le calcul du déficit du pays concerné. La Banque centrale européenne prévoit aussi l’achat de 120 milliards de dettes supplémentaires cette année en plus du programme pour financer les PME. L’objectif est d’empêcher la crise temporaire de nuire d’une façon durable aux entreprises et à des personnes à cause du licenciement et de faillites.

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