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L’impact du Coronavirus sur le tourisme mondial



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De nombreux secteurs d’activité subissent de plein fouet les répercussions négatives de la pandémie mondiale coronavirus mais le tourisme en est le plus impacté. Malgré le souhait des quelques pays Européens de relancer au plus vite ce secteur qui pèse lourd dans l’économie, le déconfinement n’est peut-être pas encore synonyme du retour à la normal des activités touristiques. De plus, la maladie a chamboulé les dates de vacances et de nombreux restaurants et hôtels ont coulé sous la crise. Sans mentionner les dizaines de milliers d’employés au chômage partiel dans ce milieu pour ne citer que la France alors que cette dernière attire un flux touristique important ces dernières années. Le point sur la situation actuelle du tourisme mondial, l’avenir des employés de ce secteur et la prévision d’un redémarrage post-confinement.

Dus à l’abaissement des coûts de transport et l’amélioration du niveau de vie et du pouvoir d’achat, des millions de personnes se déplacent chaque année dans un autre pays que celui de sa résidence habituelle pour se détendre, pour le visiter ou pour des motifs religieux ou médicaux. Deux siècles auparavant, le voyage à l’international était encore réservé à une classe d’élite mais le développement économique et la mondialisation ont changé la donne. Le tourisme est même devenu un levier économique et une source de devises dans de nombreux pays, tout en donnant du travail à la population active. Aujourd’hui, avec l’amélioration des infrastructures de transport et d’hébergement, c’est un phénomène de masse de parcourir l’Europe. Les Européens représentent d’ailleurs la moitié des touristes mondiaux qui visitent le vieux continent. Mais le 21ème siècle apporte aussi un nouveau changement avec la montée en puissance de l’Empire du milieu qui fournit le plus de touristes mondiaux avec une statistique de 150 millions de voyages à l’étranger pour l’année 2018 selon le chiffre de l’OMT. la Chine continentale affiche ainsi une hausse de séjours touristiques à l’étranger de 15 % en un an en 2018, dépassant de loin les Allemands et les Américains. Les Chinois se rendent notamment en Asie (Hong Kong, Macao, Taïwan, Corée du sud, Japon…) et s’ils choisissent de faire du long-courrier, ils préfèrent visiter l’Europe, les Etats-Unis mais aussi l’Australie. La France figure en première place des destinations les plus prisées des Chinois en Europe. 55 % des ressortissants de l’Empire du milieu qui voyagent en Europe se rendent en France, soit 2,2 millions en 2018. L’Allemagne séduit 37 % des touristes chinois tandis que 30 % préfèrent se rendre en Italie. Les touristes chinois se démarquent aussi par leur pouvoir d’achat élevé et leurs dépenses pendant les voyages car un touriste chinois débourse environ 1850 dollars par personne en 2018, soit 4 milliards d’euros en 2018 pour l’ensemble des Chinois ayant visité la France. L’agence Planet, quant à lui a indiqué que les dépenses lors de la période du nouvel an constituent 9 % des dépenses annuelles des chinois.

En ce qui concerne la Tunisie, elle enregistre 9,4 millions de touristes pour l’année 2019, apportant des revenus de 2 milliards de dollars. Ce secteur représente 7 % du PIB du pays.

Partout dans les 195 pays sinistrés par Coronavirus, les recettes de tourisme affichent une baisse spectaculaire due à la diminution voire l’inexistence de revenus en devises et la stagnation du secteur pendant le confinement. De nombreuses réservations sont annulées à cause de la fermeture des aéroports, de ports et de frontières et l’annulation des vols. A l’échelle mondiale, les revenus du tourisme pourraient afficher une baisse de 20 milliards d’euros et si l’épidemie perdure, les pertes pourraient augmenter jusqu’à 60 milliards d’euros. Côté compagnies aériennes, la pandémie causerait une perte de 30 milliards de dollars pour cette année.

Ces chiffres révèlent l’impact négatif de ce virus sur l’économie des nombreux pays touchés. En France, l’entreprise française Club Med qui passe aux mains du conglomérat chinois Fosun international en 2015 a essayé de faire face à la crise sanitaire. L’entreprise présente dans plus de 70 pays à travers ses programmes de sport, de découverte de la nature dans les villages de vacances et l’organisation de circuit touristique a mis au chômage partiel 5 000 de ses employés. Seul un resort du club a pu continuer ses activités à Shanghai depuis début avril, et ce en respectant les règles sanitaires. Le président Emmanuel Macron a d’ailleurs annoncé un plan d’aide pour ce secteur sinistré.

Par ailleurs, selon le sondage du cabinet Roland Berger, la plupart des entreprises du tourisme en France ont mis en place une cellule de crise et des mesures comme la mise à jour de leur trésorerie, le report des échéances bancaires, la répriorisation des actions de développement et la recherche du financement de l’Etat... Tandis que 95 % ont opté pour le chômage partiel de 80 % de leurs employés.

En Tunisie, le ministre Mohamed Ali Toumi a parlé aussi des mesures de soutien et de défense du secteur touristique tunisien, lequel est fortement ébranlé par le fléau mondial. Mais la Fi2T (fédération interprofessionnelle du tourisme tunisien) trouve insatisfaisantes les mesures prises par le gouvernement. Le président de son syndicat patronal a annoncé que vu le ralentissement économique qui pourrait entraîner les faillites de centaines d’agences de voyages, restos, hôtels, agences de location de voitures… et le chômage de dizaines de milliers d’employés dans ce secteur, il s’attend à un soutien fort de l’Etat. Parmi ces aides, il demande la prise en charge par le gouvernement du salaire du mois d’avril et du mois de mai, l’annulation ou le report des cotisations sociales pour le premier et deuxième trimestre sans pénalisation ni pièces justificatives. Il demande également le réaménagement des dettes fiscales sur une longue période sans paiement de pénalités ainsi que l’accès à des emprunts bancaires à taux abordable, voire à taux zéro. Pour appliquer ces mesures, le Président du syndicat patronal de la Fi2T préconise le recours aux aides financières étrangères comme l’Union européenne, la Banque mondiale, l’ONU…

En raison de crise de Coronavirus, le PIB de nombreux pays ont fait une chute dramatique comme le cas des USA. Pour y remédier, certains pays s’impatientent pour le redémarrage de leurs activités, y compris le secteur touristique. Tel est par exemple le cas de la Suisse qui enregistre 1 703 morts selon la statistique du 29 avril dernier. Les entreprises du tourisme et de l’hôtellerie se mobilisent pour la reprise de leurs activités afin de combler la perte. En Italie, pays le plus sévèrement sinistré en Europe avec 27,682 décès du courant du 29 avril, et où le tourisme apporte 10 % du PIB, l’application de la distanciation de 3 mètres est de rigueur sur la plage. Tandis que les bars et les restaurants préparent la fin progressive du confinement le 3 mai prochain. En France, le président de la République a annoncé la fin progressive du confinement. Une prise de décision qui pourrait exiger aussi le respect de la distanciation sociale y compris dans les métros pendant les heures de pointe, le port de masque dans les espaces publics pour éviter une nouvelle vague du virus. Quoi qu’il en soit, le début de vacances prévu pour le 4 juillet reste toujours inchangé. En Tunisie, le déconfinement partiel est prévu pour le 3mai mais la situation est beaucoup plus épineuse pour le secteur touristique qui a déjà du mal à se redresser après les attentats à Tunis et à Sousse.

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