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La migration des compétences tunisiennes



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La migration d’une élite scientifique est un facteur handicapant pour le développement d’un pays. La Tunisie n’est pas épargnée par ce phénomène. Selon les chiffres affichés par le ministère des affaires étrangères tunisien, le nombre des ressortissants tunisiens à l’étranger avoisine déjà un million à la fin de l’année 2006. Même si les données exactes sur la migration ne sont pas encore disponibles, ce chiffre tend à augmenter d’année en année avec une croissance de 3,7%. En 2008, 31 % de ces immigrants résident en France tandis que 13 % préfèrent s’établir au Canada, et 11 % en Amérique. Dans cette étude, nous allons essayer d’analyser les causes de cette fuite de cerveaux, ainsi que les moyens possibles pour éliminer ce fléau.

Les raisons les plus évoquées pour cette migration intellectuelle sont d’abord des motifs d’ordre financier ou matériel. D’autres avancent également des raisons d’éducation, des raisons politiques ou encore sociales. Mais l’objectif principal des immigrants est leur ascension sociale. La destination privilégiée de la plupart de ces immigrants est l’Europe de l’ouest puis le Canada ou la partie nord de l’Amérique. La plus grande émigration des cerveaux tunisiens se passe surtout au niveau du domaine informatique et médical. L’effectif des personnels médicaux en France étant insuffisant, la France embauche des docteurs étrangers pour exercer sur l’hexagone. Pour ce, il y a la mise en place de concours annuel d’équivalence qui permet aux praticiens étrangers de s’établir sur le territoire français. Ce concours s’adresse à toutes les nationalités, excepté les ressortissants de l’Union européenne. Les Tunisiens ont une grande part dans les lauréats de ces postes. Près de tiers des médecins admis sont des médecins originaires de la Tunisie. En ce qui concerne les autres pays comme Canada ou les Etats-Unis d’Amérique, ce sont notamment les femmes qui ont fait des études scientifiques dans l’ingénierie et de la recherche qui migrent vers ces pays.

Ce flux migratoire vers les pays d’Europe ou l’Amérique s’explique par plusieurs facteurs tels que :

  • la mauvaise gouvernance du pays. Il n’y a pas de développement adéquat qui réduit les écarts entre les couches sociales.
  • l’insuffisance de perspectives de carrières ou de postes intéressants. L’égalité de chances ne s’applique pas à tout le monde. Les scientifiques expatriés décrochent facilement un poste de secteur public alors que les diplômés universitaires s’engouffrent dans le chômage.
  • la difficulté de l’intégration dans le secteur public et la hausse du taux de chômage dans le pays. L’Etat est incapable de satisfaire les attentes des diplômés qui ont un haut niveau de qualification. Cela est dû en partie par la mauvaise adéquation entre la politique de l’éducation et celle de l’enseignement universitaire. Cette situation est aggravée par la faiblesse du système d’entreprise qui ne se préoccupe pas de recherche pour développer leurs activités.
  • le faible montant du budget dédié à la recherche, 1% pour le pays alors qu’au Japon, cela affiche 2,8% et 2,4 % en Amérique.
  • le contexte socioculturel en Tunisie. La prise d’initiative n’est pas une qualité prônée dans les entreprises et dans le milieu de travail tunisien or cette qualité est très recherchée en Europe.
  • le lancement de la carte bleue en 2007 rend aussi plus facile la mobilité des compétences du pays vers l’Europe.

Tout cela encourage la diaspora scientifique comme les ingénieurs et médecins à fuir vers un pays où ils bénéficient d’une condition financière plus favorable. Les diplômés scientifiques manquent d’encouragement et de bonne volonté pour participer à la réforme de l’institution. D’autant plus que bon nombre d’entre eux ont du mal à trouver un emploi. Quant aux compétences Tunisiennes expatriés, ils ne sont pas plus engagés dans le développement du pays. Des facteurs organisationnels et administratifs les empêchent de s’impliquer dans la croissance du pays. En plus, ils ont évolué dans un contexte socioculturel moins difficile qui reconnaît la valeur ajoutée d’une personne.

Si dans les années 60, on enregistre de migrants constitués par des mains-d’œuvre qui s’établissent en France, dans les années 80, le niveau d’instruction des migrants s’améliore. De nos jours, il n’est plus question de main-d’œuvre qui part en Europe. Les profils des migrants sont des cadres supérieurs, des médecins, des enseignants-chercheurs, des ingénieurs et d’autres compétences:

8 000 cadres,  1200 hommes d’affaires, 1464 professeurs ont déjà quitté le pays en 2014-2015. 

A ce groupe s’ajoutent les étudiants qui ont obtenu de bourse d’études et qui ont décidé de ne pas rentrer au pays une fois leurs études terminées 7% seulement des étudiants en médecine qui partent à l’étranger, reviennent en Tunisie. Certains d’entre eux ont aussi suivi leurs parents. A noter cependant que tous les migrants ne sont pas des compétences. On retrouve également des personnes qui n’ont pas un parcours scolaire ou professionnel régulier et qui ont changé plusieurs fois de pays de résidence.

Enfin, il existe également les migrations de compétence qui s’orientent vers les pays de Golfe arabe. Il s’agit notamment de recrutement par des organismes internationaux.

Le pays semble maîtriser ce phénomène d’exode vers la fin des années 2010. A cette époque avant les révolutions, le nombre de migrations irrégulières sur les rives de l’Europe, notamment sur les îles de Sicile et de Lampedusa a connu une baisse. En 2008, ils étaient à quelque 40 000 migrants pour passer à 4500 en 2010 et  94 000 compétences tunisiennes après la révolution. Les Etats maghrébiens et les pays d’Europe semblent contrôler ce flux migratoire du Maghreb et de l’Afrique. Cela est dû à une sorte d’alliance entre la Tunisie, la Libye et le Maroc et les pays de destination qui sont la France, l’Espagne et l’Italie.

Dès l’an 2000, les pays membres de l’Union européenne ont demandé aux pays du Nord d’œuvrer ensemble pour la lutte contre la migration clandestine. Et ce à travers la coordination des efforts comme les patrouilles maritimes, le contrôle maritime et terrestre, l’échange des informations. Les pays européens ont également fourni des matériels de détection.

Il y a également des lois qui imposent des peines et des amendes plus conséquentes aux trafiquants qui prennent en charge la traversée d’une rive à l’autre de la Méditerranée. Les migrants sont également sévèrement punis quelle que soit leur provenance. L’amélioration de la relation entre les pays d’Europe et la Lybie en 2003 a permit aussi d’inclure la Lybie dans la lutte contre le flux migratoire irrégulier.

Les Tunisiens et les réfugiés qui se dirigeaient vers les îles italiennes de Sicile ont été interceptés et refoulés. En 2010, les deux pays se félicitaient que les efforts conjugués étaient fructueux. Mais la révolution de 2011 a changé la donne. Des dizaines de milliers de jeunes tunisiens sont partis pour Lampudusa, à quelque 100 km des côtes tunisiennes. Le contrôle du domaine maritime a connu un relâchement.

Ces départs massifs ne sont plus uniquement des compétences. Ils regroupent de main-d’œuvre composés de jeunes, des diplômés ou non, qui sont au chômage. Par ailleurs, la mise en place d’un nouveau projet de coopération dans la gestion de la migration entre le Tunisie et l’Union européenne en 2012 ne fait que faciliter l’obtention de visas pour les catégories d’élite tunisiennes tout en luttant contre l’immigration clandestine.

En bref, le phénomène de la migration des cerveaux tunisiens vers le pays du Nord ne cesse de s’amplifier depuis 2013. Les seuls moyens pour le pays de stopper l’hémorragie seraient le réajustement de l’environnement social et professionnel au niveau de compétences en Tunisie et de multiplier les opportunités de recherche et l’égalité de chances dans le pays.

Il y a plusieurs raisons pour lesquelles les compétences tunisiennes peuvent quitter le pays. Voici quelques facteurs couramment mentionnés :

Opportunités économiques limitées : Malgré les progrès réalisés dans le secteur des TIC en Tunisie, le marché du travail peut être compétitif et les opportunités d'emploi peuvent être limitées, en particulier pour les professionnels hautement qualifiés. Certains talents tunisiens peuvent chercher des perspectives d'emploi plus attractives à l'étranger, où ils peuvent trouver des salaires plus élevés, des avantages sociaux plus attractifs et des opportunités de carrière plus vastes.

Recherche d'un environnement favorable à l'innovation : Les personnes ayant des compétences techniques et entrepreneuriales peuvent être attirées par des environnements plus propices à l'innovation et à la création d'entreprises. Dans certains cas, les écosystèmes technologiques et entrepreneuriaux d'autres pays peuvent offrir des ressources, un soutien financier et des opportunités de collaboration plus attractifs pour les professionnels tunisiens.

Besoin de développement professionnel et académique : Pour certains professionnels tunisiens, quitter le pays peut être motivé par le désir d'acquérir une expérience internationale, d'approfondir leurs connaissances et leurs compétences, ou de poursuivre des études supérieures dans des institutions renommées à l'étranger.

Instabilité politique et économique : L'instabilité politique et économique peut être un facteur qui incite certains talents tunisiens à chercher des opportunités à l'étranger. Les incertitudes économiques, les changements de politiques et les fluctuations du marché peuvent rendre la situation professionnelle moins prévisible et pousser certains professionnels à rechercher une stabilité plus solide à l'étranger.

Mobilité accrue et facilité de déplacement : Avec la mondialisation et la facilité accrue des voyages internationaux, les professionnels tunisiens ont plus de possibilités de chercher des opportunités à l'étranger. Les processus de visa simplifiés et les politiques d'immigration favorables dans certains pays peuvent également faciliter la décision de quitter le pays.

Il convient de noter que toutes les compétences tunisiennes ne quittent pas nécessairement le pays, et de nombreux talents restent en Tunisie pour contribuer au développement économique et technologique du pays. Cependant, il est important de reconnaître les défis auxquels sont confrontés certains professionnels tunisiens et les facteurs qui peuvent les inciter à chercher des opportunités ailleurs. Certaines entreprises en Tunisie proposent des postes clés à des compétences tunisiennes comme c’est le cas pour certaines plateformes de livraison.

La migration des compétences à l'étranger peut avoir à la fois des répercussions positives et négatives, tant pour le pays d'origine que pour le pays d'accueil. Voici un aperçu des principaux aspects :

Les répercussions positives pour le pays d'origine :

Envois de fonds : Les travailleurs émigrés envoient souvent des fonds dans leur pays d'origine, ce qui peut contribuer à la croissance économique, réduire la pauvreté et soutenir les familles restées dans le pays.

Transfert de connaissances et de compétences : Les travailleurs émigrés peuvent apporter avec eux des connaissances techniques, des compétences et une expertise qu'ils ont acquise à l'étranger. Ils peuvent partager ces connaissances avec des collègues et contribuer au développement de leur pays d'origine.

Réseaux internationaux : Les professionnels qui travaillent à l'étranger établissent souvent des contacts et des réseaux internationaux. Ces réseaux peuvent faciliter les échanges commerciaux, les investissements et les collaborations entre le pays d'origine et le pays d'accueil.

Remplissage des lacunes de compétences : Les travailleurs émigrés peuvent combler les pénuries de compétences dans certains secteurs clés de l'économie du pays d'accueil, contribuant ainsi à stimuler la croissance économique et la productivité.

Diversité culturelle et créativité : Les professionnels étrangers apportent souvent avec eux une diversité culturelle et des perspectives nouvelles. Cela peut favoriser l'innovation, la créativité et la diversification économique dans le pays d'accueil.

Contributions fiscales : Les travailleurs émigrés paient des impôts dans leur pays d'accueil, ce qui peut contribuer aux recettes fiscales et au financement des services publics et des infrastructures.

Fuite des cerveaux : L'émigration des compétences peut entraîner une perte de talents et de ressources humaines qualifiées pour le pays d'origine. Cela peut affaiblir certains secteurs et entraver le développement économique.

Perte d'investissement dans l'éducation et la formation : Si les professionnels émigrent après avoir bénéficié d'une éducation ou d'une formation subventionnée par le pays d'origine, cela peut représenter une perte d'investissement pour le système éducatif du pays.

Répercussions négatives pour le pays d'accueil :

Brain drain inversé : Dans certains cas, les travailleurs émigrés peuvent quitter le pays d'accueil après avoir acquis des compétences et une expertise, ce qui peut représenter une perte pour le pays en termes de capital humain.

Concurrence sur le marché du travail : L'arrivée de travailleurs étrangers qualifiés peut entraîner une concurrence accrue sur le marché du travail local, notamment dans les secteurs spécialisés.

Il est important de noter que les répercussions de la migration des compétences peuvent varier en fonction du contexte spécifique, des politiques d'immigration et des dynamiques économiques des pays. Les compétences tunisiennes qui ont opté rester en Tunisie ont surtout choisis rester proches de leurs membres de leurs familles, mener une vie équilibrer et fréquenter des salles de sports pour rester équilibrés mentalement et surtout pour être toujours en forme. 

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