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Le retour du tourisme



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Le secteur touristique engendre de revenus non négligeables dans l’économie mondiale. Pour l’année 2018, la hausse de flux de touristes dans l’Asie Pacifique, l’Europe mais aussi le Moyen-Orient était chiffrée à plus de 5 %. Tandis que le Royaume-Uni et l’Australie sont les pays qui ont le plus profité d’une augmentation de recettes. Mais la crise sanitaire a fortement affecté le développement de ce secteur. Le point sur l’impact de la pandémie sur ce secteur et la reprise de l’activité en Tunisie.

L’industrie du tourisme a connu une paralysie totale et une perte immense pendant la période difficile de confinement due au coronavirus. Beaucoup de pays ont connu une chute spectaculaire des recettes touristiques et une baisse de la clientèle d’affaires. Ce drame affecte aussi le secteur hôtelier et le transport aérien à l’instar du groupe Lufthansa qui affiche une perte de 1 million d’euros de ses liquidités par heure à cause de la pandémie. Les voyages et réservations annulés, les avions cloués au sol, l’interdiction de déplacements à l’étranger entraînent à leur tour une croissance négative jusqu’à 3 % des arrivées de touristes. Le manque à gagner touche notamment les pays vivant uniquement du tourisme, mais aussi l’Europe.

Pour info, la France est le pays attirant plus de visiteurs chinois dans le monde avec un effectif de 2,2 millions de touristes pour l’année 2018, soit 55 % des Chinois qui voyagent en Europe contre 37 % pour l’Allemagne et 30 % pour l’Italie. La plupart des touristes Chinois visitent l’Hexagone dans le cadre des séjours de découverte de l’Europe. D’ailleurs, les touristes venant de l’Empire de milieu sont ceux qui ont le plus grand pouvoir d’achat car ils ont déboursé un total de 4 milliards d’euros en France pour l’année 2018. Et pendant le nouvel An, ils dépensaient environ 9 % de leurs dépenses annuelles. Les chinois sont aussi les plus grands voyageurs dans le monde avec un historique de 150 millions de voyages à l’étranger pour cette même année. Ce chiffre a triplé pendant les 10 dernières années. Concernant les visiteurs extra européens, ils représentaient un tiers des recettes touristiques Français. Or, il est fort probable que l’ouverture des frontières entre l’Union européenne et le reste du monde ne se fasse pas encore d’ici un à deux mois à cause des mesures préventives, ce qui ferait perdre 18 % des revenus touristiques de l’Union Européenne. Cependant, les frontières françaises sont ouvertes aux visiteurs britanniques dont le nombre atteint 13 millions de personnes par an. Les mesures de quarantaine n’affectent pas ces ressortissants britanniques. Soulignons aussi que même si l’Hexagone est la première destination touristique dans le monde pour l’année 2019 avec plus de 89 millions de touristes étrangers, les recettes du tourisme ne constituent que 8 % du PIB du pays. Alors que le secteur touristique représente 10 % du PIB européen contre 20 % en Croatie. Toutefois, l’impact de la pandémie sur le secteur touristique français est évalué à 10 milliards d’euros par mois selon le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Europe.

Dans ce contexte catastrophique sur la perte liée au déploiement de l’épidémie, quelques pays étudient déjà la mise en place d’un plan de relance rapide du secteur touristique malgré le prolongement de l’état d’urgence sanitaire. Ainsi, la présidente des îles Baléares qui ont commencé le déconfinement le 11 mai souhaite rapidement une réouverture de ses transports aériens avec l’Allemagne afin de démarrer la saison touristique. C’est compréhensible car le tourisme constitue 35 % du PIB de cet archipel. La Grèce a aussi indiqué aussi qu’elle ré-ouvrira progressivement certains vols maritimes et aériens afin de relancer le come-back des touristes. De son côté, le gouvernement français a octroyé une enveloppe inédite de 18 milliards d’euros pour redémarrer ce secteur.

Le contexte d’incertitude touche également les étudiants de ce secteur. Certains ont dû changer d’orientation à cause des perspectives sombres de ce marché touristique pour cette année. D’autres ont changé d’ambition à cause des stages amputés dans un hôtel ou une agence de voyage. Le secteur touristique étant jusqu’à maintenant en difficultés. L’OMT a d’ailleurs révisé sa prévision de baisse de trafic de touristes à 78 % face au déploiement de l’épidémie.

Beaucoup de pays font face à une récession, une hausse de chômage et à une baisse de la production industrielle pendant ces quelques mois de confinement. Le secteur touristique est pour la plupart au point mort avec la coupure des liaisons aériennes, l’annulation des réservations, la mise en quarantaine des étrangers provenant d’autres pays. La Tunisie n’est pas épargnée des chamboulements dus à l’épidémie : plages et hôtels désertés, hausse de chômeurs… Et c’est un deuxième coup dur après les attentats de 2015. Afin d’éviter les dégâts immenses causés par cette crise sanitaire, l’état tunisien aborde sa deuxième phase de déconfinement du 24 mai au 3 juin 2020 avec les allègements de restrictions. Cette mesure sera suivie par une ouverture prochaine des établissements hôteliers en mi-juin 2020 dans la phase numéro 3 du confinement entre 4 et 14 juin. Mais malgré ces mesures, tant que les vols vers la Tunisie ne reprennent, la reprise d’activité est encore problématique.

Ces mesures de reprise de tourisme ont entrainé diverses réactions. Certains craignent un risque sur la santé de la population et leur confort psychologique. Mais l’Etat a annoncé qu’il mettra en place d’une protection sanitaire des citoyens face à la pandémie. Le ministre du tourisme Mohamed Ali Toumi a aussi indiqué la mobilisation d’un fonds de soutien de 500 millions de dinars tunisiens en ce temps de crise. Cette ligne de crédit est destinée aux hôtels et restaurants.

Rappelons que le tourisme au pays a connu un ralentissement depuis le début du confinement en mi-mars. Les hôtels et restaurants sont tous fermés et les vols sont annulés afin d’éviter la propagation du virus. Cet arrêt total d’activités touche de plein fouet les professionnels du secteur de tourisme et de l’hôtellerie qui n’ont aucune visibilité de la reprise de vols et des activités. Certains espèrent que cela aura lieu le mois de juin, d’autres parlent du mois de juillet, voire du mois de septembre. Mais pour les nombreux professionnels du tourisme, la saison touristique pour cette année est déjà perdue. Alors que le secteur touristique apporte aussi un PIB non négligeable pour le pays. L’apport des revenus de ce secteur est en effet évalué à 10 % du PIB. La plupart des touristes sont des Français, des Allemands, Italiens et Maghrébiens. D’ailleurs, le ministre du tourisme a fait savoir qu’après la crise, le gouvernement va faciliter l’arrivée des Algériens dans le pays. La perte de ce secteur touristique tunisien est estimée à 1,3 milliard d’euros avec une menace de 400 000 emplois directs et indirects. Le World Travel & Tourism Council a estimé l’impact de cette pandémie à 5 fois supérieur à la crise de 2008. Sans compter la soixantaine de millions d’euros impayés du tour-opérateur Thomas Cook. L’effondrement de la fréquentation des hôtels entraine à leur tour l’incapacité des hôteliers à régler le salaire de leur personnel pour le mois de mars, d’avril et le mois de mai. La ligne de financement du gouvernement de 500 millions de dinars pourrait ainsi les aider à sortir la tête de l’eau.

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