La discipline qui étudie les propriétés des métaux et des minerais afin de pouvoir les traiter par des procédés mécaniques et chimiques a connu son essor à partir du 19ème siècle. Mais le travail du cuivre remonte déjà dans les 4 000 av J-C. L’art de la métallurgie qui a commencé dans la fabrication des hauts fourneaux et de laminoirs a abouti dans l’élaboration des matériaux utilisés par les industries de pointe comme l’automobile, l’aéronautique, le ferroviaire, le nucléaire, la médecine… Le traitement des matériaux est possible grâce à la maîtrise des technologies de recyclage, de fonderie et de transformation de produits bruts en semi-bruts. Tour d’horizon sur cette science, les différents métiers de la métallurgie et les risques professionnels de la pratique de ces métiers.
Pour faire simple, ce terme désigne le travail ou les procédés de fabrication et d’affinage des métaux. Il existe une grande sélection de métaux qui ont chacun leur propriété, citons entre autres : l’aluminium, le fer, le nickel, le plomb, le zinc, l’étain, le cuivre, le mercure, le tungstène, l’or… Le traitement industriel des minerais et des métaux requiert une bonne connaissance de mathématiques, de physique-chimie, de minéralogie, de dessin, de la mécanique pour ne citer qu’eux. Un métallurgiste devra connaître les caractéristiques ou les propriétés mécaniques et les défauts du matériau qu’il travaille et la possibilité d’un alliage métallique avec un autre corps. Il s’agit ainsi d’une activité scientifique qui nécessite de connaissance rigoureuse. Cette science se décompose en :
- Métallurgie extractive qui s’articule autour de la transformation des minerais en métal
- Métallurgie secondaire en industrie qui comprend la fabrication des alliages, les procédés thermomécaniques comme le laminage, la trempe, et la mise en forme des matériaux en semi-produits ainsi que la fabrication des produits finis pour l’industrie de pointe. La transformation des métaux permet d’obtenir les propriétés telles que la résistance ou l’élasticité du produit tandis que l’affinage permet d’avoir un produit pur en forme de barres, de billettes etc.
- La métallurgie physique ou mécanique : la science qui étudie les caractéristiques et le traitement physique et chimique qu’on peut faire subir aux matériaux.
On retrouve également 3 branches dans l’industrie métallurgique qui imposent chacune des spécialisations : l’industrie sidérurgique qui produit l’acier et les alliages, l’industrie qui produit des métaux non ferreux et non précieux, et l’industrie qui transforme les métaux précieux.
Notons que cette industrie consomme beaucoup d’énergie et elle cause aussi la pollution de l’environnement (eau, air, sol).
Les industries métallurgiques génèrent ainsi plusieurs métiers qui requièrent leur propre champ de compétences et de nouvelles formations. Ce qui facilite la recherche d’emploi d’une personne en quête d’un poste. A titre d’exemple, on retrouve les travailleurs dont la fonction concerne uniquement l’installation, la mise en fonctionnement, le réglage et la maintenance des machines et des équipements de production. Ils assurent le bon fonctionnement des machines pendant toute leur durée de vie. Il y a aussi les techniciens qui ont pour rôle d’étudier la conception des matériaux et la préparation des méthodes de réalisation des projets mécaniques. Sans oublier la majorité des opérateurs de production qui travaillent, fabriquent, affinent, assemblent, soudent les différents matériaux produits. Il y en a également les techniciens qui testent les produits finis. Comme dans toutes les industries, on retrouve également les cadres en charge de la gestion, de l’administration de finance, de ressources humaines, ainsi que les responsables marketing et commercial.
Parmi la liste des métiers dans ce secteur d’activités, on peut citer : le technicien d’atelier d’usinage ou l’agent de maintenance, les opérateurs de production, l’opérateur régleur tournage- fraisage, le rectifieur, le chaudronnier, le soudeur, l’ajusteur-monteur, l’opérateur fusion, le tuyauteur, l’ingénieur électronicien, l’ingénieur produit. La liste est non exhaustive.
Ce secteur d’activités est dynamique en Tunisie surtout pour les branches de la construction aéronautique et automobile. Malgré le contexte économique de hausse de chômage, les profils ayant des compétences techniques sont toujours recherchés.
Description de quelques métiers de la métallurgie :
- Le technicien de la métallurgie chirurgie : ce professionnel se spécialise dans le domaine de la chirurgie et la sidérurgie. Ses tâches consistent à essayer, contrôler et analyser les matières premières en matière d’hygiène, de sécurité et de risque environnemental. Un bac + 2 ouvre la voie à l’exercice de ce métier qui nécessite des qualités comme la maîtrise de management de l’équipe ainsi que la patience.
- Le chaudronnier : cet artisan fabrique des pièces en métaux à partir de cuivre, d’acier, d’étain, de plomb ou d’aluminium. Dans un premier temps, il effectue un dessin à plat du modèle à obtenir, avant de façonner ou de découper les feuilles de métal et les imbriquer ensuite par un assemblage provisoire. Puis, il les soude et les polit. Le métier exige aussi la maîtrise des techniques de travail de métal, un sens de précision et la capacité à exercer un travail éprouvant.
- Le tuyauteur : si cet artisan travaille dans les industries, il utilise également un plan pour concevoir des tuyauteries. Il les découpe, les pique, les forme et les assemble selon le plan défini. Il peut travailler seul ou avec un soudeur.
Comme la plupart des métiers, il existe des risques sur la santé dans l’exercice des métiers métallurgiques. Ces risques peuvent être élevés ou moyens en fonction du poste du travailleur et des conditions de travail. Quoi qu’il en soit, plusieurs enquêtes ont révélé que les ouvriers dans les industries lourdes sont sujets à des fréquentes atteintes à leur santé à cause de la pénibilité et du danger de leur travail. A noter au passage que l’industrie de pétrochimie et de sidérurgie emploie une large majorité des ouvriers masculins.
Concernant justement les conditions de travail dans les entreprises sous-traitantes, les ouvriers se plaignent des contraintes industrielles, de la pénibilité du travail, du manque de moyen pour produire un travail de qualité et du faible soutien de la hiérarchie et de la représentative du personnel. A cela s’ajoutent la non-déclaration ou la sous-déclaration des accidents de travail et la médiocrité de la couverture sociale.
Or, les opérations externalisées sont notamment les tâches pénibles les plus exposées aux risques professionnels. A titre d’exemple, dans les industries nucléaires, les ouvriers sont fortement exposés aux rayons radioactifs comparés à l’industrie qui utilisent les produits finis dans le même secteur d’activité. Les ouvriers qui font des tâches manuelles dans les industries métallurgiques sont aussi soumis à des risques de contraintes posturales et articulaires. Certains doivent travailler dans un environnement bruyant, froid ou suffocant avec des niveaux sonores élevés qui peuvent causer de déficit auditif ou autres dysfonctionnements de l’ORL. D’autres branches de la métallurgie peuvent également produire des risques chimiques ou des explosions suite à l’incompatibilité des matériaux utilisés ou à une imprudence. D’autres sont soumis à des risques de poussières et des substances chimiques. Le point commun avec tous ces ouvriers, c’est qu’ils réalisent généralement une quantité excessive de travail.
Les risques professionnels présents dans le secteur et la pénibilité du travail influent sur la stabilité professionnelle des ouvriers. Le tiers des ouvriers métallurgiques passent d’une industrie à un autre ou enchaînent des contrats non déterminé sans interruption. Ainsi, malgré la formation aux risques et les séances d’information dans ces industries, les ouvriers sont toujours conscients qu’ils sont exposés à des risques mais ils préfèrent y être exposés qu’aux risques du chômage.