L’amélioration de l’efficacité énergétique du pays fait partie des défis auxquels la Tunisie a à relever depuis les années 80. Pour atteindre l’objectif dans la maîtrise de l’énergie, le pays a mobilisé des lignes de crédit et a mis en place différents programmes pour inciter les investisseurs dans ce domaine. Dans cet article, nous allons faire un tour d’horizon sur l’état du secteur énergétique dans le pays, les métiers dans ce secteur et les risques professionnels de ces métiers.
Le réchauffement de la planète est devenu un souci constant pour les pays industrialisés à cause de la consommation énergétique. L’objectif est de limiter les facteurs énergétiques en adoptant les solutions comme les panneaux solaires ou en proposant des subventions d’Etat pour isoler les logements des foyers précaires. En ce qui concerne la Tunisie, en tant que pays en développement, le pays est déjà engagé dans la politique énergétique en cherchant des moyens permettant d’approvisionner le pays en énergie au moindre coût, et de réduire l’émission de gaz à effet de serre. A cet effet, le gouvernement a augmenté le coût des prix de l’énergie et a octroyé des ressources budgétaires pour financer les investissements de maîtrise de l’énergie. Il a mis en place aussi entre autres les programmes comme l’audit énergétique obligatoire, la consultation des projets qui consomment beaucoup d’énergie, la diffusion des lampes basse consommation, la règlementation thermique des bâtiments. L’audit énergétique a abouti à une signature d’un contrat programme d’économie énergétique pour les industries, les professionnels dans le secteur tertiaire et le secteur du transport. La mise en place de ces contrats programmes dans l’industrie est réalisée par l’accompagnement de l’ANME, qui a accordé des subventions allant jusqu’à 27 millions de dinars pour la période entre 2005 à 2010. La diffusion de LBC de l’ANME a pour effet d’augmenter l’utilisation de ces équipements de 4 % en 1999 à 26 % en 2009. Grâce aux ventes à grande échelle des lampes à basse consommation, le pays a connu une baisse de puissance de l’ordre de 294 mégawatt dans les années 2010. La cogénération est l’autre programme d’efficacité énergétique mis en place par l’Etat et surveillé par l’ANME. Le cumul de la capacité atteint plus de 36 mégawatt en 2011.
L’impact de tous ces programmes est visible dans la hausse de la consommation de l’énergie primaire, et la baisse de l’intensité énergétique dans les années 2000. Mais le bilan est maintenant inquiétant. La subvention pèse lourd au budget de l’Etat et aujourd’hui, il est plus que nécessaire de renforcer cette politique car les ressources nationales sont déjà à leur limite. En effet, la production de pétrole entre 1990 et 2018 est passée de 5 à 2 millions de tonnes par an due entre autres à la baisse des investissements.
Sinon, il s’avère aussi important de réduire l’importation des énergies fossiles, de réduire la dépendance envers les énergies fossiles en encourageant l’auto-génération énergétique. Il importe également d’avoir une vision énergétique sur le long terme et surtout de créer des emplois.
Rappelons que le secteur de l’énergie offre une vaste sélection de métiers sur différents terrains et qui sont accessibles aux personnes diplômés ou sans diplômes. Les offres d’emploi sont issues des grandes compagnies pétrolières, des grands groupes comme Total, Engie, Edf, mais aussi des petites et moyennes entreprises œuvrant dans ce secteur. Les palettes de compétences requises sont variées : ouvriers ou agent d’entretien dans les plates-formes pétrolières, les centrales hydrauliques ou nucléaires, salariés dans les entreprises vendeurs de panneaux solaires ou des entreprises fournisseurs de gaz et d’électricité. Les diplômés, peuvent quant à eux, tenir le poste de technicien d’exploitation réseau, chercheur, ingénieur et maintenance des installations thermiques, des éoliens…
Parmi les métiers proposés dans ce secteur, on peut citer le métier d’agent de développement des énergies renouvelables, le soudeur, chaudronnier, tuyauteur, le géologue, le géophysicien, le technicien thermicien concepteur, l’ingénieur pétrolier, l’hydraulicien, l’opérateur de raffinerie, le technicien d’exploitation de réseau d’électricité, le technicien qualité d’eau, l’installateur de systèmes solaires thermiques et photovoltaïques…La liste est non exhaustive.
- L’agent technicien qualité d’eau : ce professionnel qui travaille dans une station d’épuration a pour mission de surveiller et d’entretenir les équipements de traitement d’eaux usées (canalisations, pompes et filtres…) et d’eau potable. Il repère et répare également les éventuels dysfonctionnements du réseau d’eau tout en contrôlant le taux usées ou taux d’eaux potables. Le métier nécessite de connaissance en automatisme, en électromécanique, en équipement de pompage, appareils haute pression et en règles d’hygiène publique.
- l’ingénieur pétrolier quant à lui, s’occupe de la mise en place des interventions nécessaires pour l’exploitation de l’hydrocarbure. Sa mission consiste à repérer les gisements de pétrole, le nombre de puits et leur emplacement. Puis, il va mettre en place les tests et les installations requises pour le creusement et le traitement du pétrole. Sa tâche pourrait également concerner la transformation de pétrole en produits pétroliers ainsi que la recherche des solutions pour optimiser le rendement et garantir la sécurité des travailleurs dans les plates-formes. Le parcours de bac +5 en génie électronique, en mécanique ou en école d’ingénieurs des mines pourront mener à ce poste.
- Le poste de technicien thermicien concepteur quant à lui, se spécialise dans les énergies renouvelables. Il réalise les plans d’une installation thermique, sélectionne les matériaux à utiliser, assure les branchements et la fiabilité de l’installation. La réparation d’une panne ou d’un dysfonctionnement fait aussi partie de ses tâches en plus de l’amélioration de l’installation en vue d’augmenter le rendement énergétique. Ce poste requiert le diplôme de bac+2 en maintenance des systèmes thermiques et énergétiques ou un BTS en option génie climatique et fluidique.
Malgré le renforcement des mesures pour la protection de l’environnement, les métiers liés à la production et au développement énergétique n’offrent pas tous une bonne sécurité pour les travailleurs. Les risques sont nombreux que ce soit au niveau de l’apparition des accidents, ou aux risques professionnels sur la santé dus aux installations potentiellement dangereuses ou décharge des déchets dans les sites d’exploitation.
Voici quelques risques du métier de l’énergie :
- Pour les installateurs photovoltaïques sur les toits par exemple, ils sont confrontés à des risques de chute, des risques électriques dus aux installations précaires avec des prises défectueuses ou risque d’électrocution avec la proximité des lignes électriques haute tension.
- La sécurité au travail des ouvriers dans les plates-formes de raffinerie est aussi problématique car l’endroit stocke des produits toxiques, hautement inflammables. Les risques concernent non seulement les fuites dangereuses lors de l’éclatement des tuyauteries ou lors des travaux d’entretien des canalisations ou de purge. L’inhalation, l’ingestion ou le contact de certains produits pétroliers comme le benzène pourrait également causer des pathologies graves telles que le cancer. Sans parler des conditions de travail difficiles avec le bruit des machines, les odeurs, la chaleur, les sols inégaux, le travail de nuit.
- Quant aux techniciens travaillant dans les centres nucléaires, ils évoluent quotidiennement dans un environnement à haut risque où ils peuvent aussi travailler la nuit. Les soudeurs, tuyauteurs et chaudronniers qui travaillent également dans cette filière sont soumis aux substances toxiques, aux risques liés aux machines et outils et aux risques de dégradation de la santé.
- Enfin, outre les risques mécaniques et physiques, le risque de piratage du système informatique concerne également les industries de fournisseurs d’énergie, comme tous les autres secteurs d’activité.