Ce mode de travail gagne de l’ampleur avec la crise sanitaire que traverse le monde depuis la fin du premier trimestre de cette année 2020. Il promet un meilleur train de vie, une autonomie, une économie du temps perdu pour les trajets au bureau et une réduction de dépenses pour les entreprises. Malgré ces quelques avantages, il présente des points négatifs qu’il faut prendre en compte avant sa mise en place.
Ce mode d’organisation de travail se réfère à un travail à distance en général depuis son domicile. Ce qui n’implique pas nécessairement un travail permanent à domicile car le télétravailleur peut alterner le travail au sein de l’entreprise et chez lui. Pour exercer cette activité professionnelle, il est nécessaire d’avoir des outils informatiques et les technologies de la communication (micro-ordinateur portable, l’internet, messagerie mobile, skype ou visiophonie,…). Toutes les catégories professionnelles peuvent effectuer le télétravail car il s’agit d’un droit pour les salariés. Toutefois, certains postes pourraient ne pas bénéficier de cet avantage.
Cette modalité de travail séduit de nombreuses personnes, surtout les jeunes parents, car elle leur permet d’être proches de leurs enfants. La Tunisie est sur le tard par rapport aux pays européens comme l’Allemagne, le Danemark, la Finlande dans l’adoption de ce mode de travail. Les chefs d’entreprises Françaises sont aussi en retard dans ce domaine car on enregistre 17 % de télétravailleurs alors qu’en Hollande, la moitié des employés effectuent ce travail à domicile. L’essor du télétravail dans ce pays s’explique par la culture des entreprises adaptée à cette organisation, la souplesse du cadre législatif, l’économie réalisée par l’entreprise qui instaure ce mode de travail et la motivation des employés.
Quoi qu’il en soit, avec la crise sanitaire provoquée par la pandémie coronavirus, de nombreuses entreprises sont obligées d’effectuer les tâches à distance afin de respecter les mesures préventives de confinement. Les chefs d’entreprises peuvent imposer la délocalisation en temps de crise comme la survenance d’une catastrophe naturelle ou un cas épidémique tel que la covid-19. Mais en temps normal, seuls les travailleurs qui se portent volontaires peuvent adopter cette forme d’organisation de travail. Par ailleurs, un employeur peut refuser d’accorder le télétravail à un salarié même si tous les employés en bénéficient à condition d’apporter un motif valable. De même, le refus d’un salarié de télétravailler ne constitue pas un motif de licenciement ou de rupture de son contrat de travail.
Ce mode émergeant du travail est déjà adopté par plusieurs entreprises privées mais la fonction publique n’est pas encore intéressée à la téléactivité. Celle-ci a pourtant l’avantage de révolutionner les conditions d’exercice du travail et de la production tout en assouplissant la distance géographique entre le télétravailleur et son patron ou la personne qui l’emploie. En effet, grâce aux terminaux mobiles, des réseaux de télécommunications et l’internet, il est possible d’entrer en contact avec ses collègues au bureau pour obtenir le fichier ou l’information manquante.
En ce qui concerne la fonction publique, le plus grand défi à relever du gouvernement tunisien est la mise en place des équipements informatiques et d’une infrastructure de réseau performant dans les bureaux. En outre, les fonctionnaires ne ressentent pas vraiment le manque à gagner avec le fonctionnement limité du réseau. De plus, les agents publics sont des travailleurs dont il faut se méfier car leur emploi est stable mais ils peuvent être au cœur des différentes réformes socio-politiques. Toujours est-il que de nombreux agents publics sollicitent les hiérarchies pour être autorisés à faire le télétravail chez eux. Mais pour permettre à ces fonctionnaires de télétravailler, la mise en place des outils à plus ou moins de grande valeur ajoutée est requise. Cela inclut entre autres le téléphone, le fax, le téléphone portable, l’ordinateur portable, la connexion au réseau, l’accès au web… Il est aussi primordial d’instaurer des technologies permettant de sécuriser et d’authentifier les données sensibles et des téléguichets publics pour les usagers qui souhaitent entrer en contact aux agents publics télétravailleurs.
Les freins à la mise en place de la délocalisation au sein de l’administration publique tunisienne sont le retard d’équipement informatique, l’inadéquation des lois sur cette mode organisationnelle de travail, une éventuelle modification du statut et la rémunération des futurs télétravailleurs.
Cependant, ce mode de travail présente des avantages non négligeables pour l’administration publique. D’un côté, les tâches comme la correspondance simple, le renseignement administratif à distance, l’accès à des bases de données et des systèmes d’information, la rédaction de notes, de rapport peuvent être effectués en télétravail. Ce qui permet au public de bénéficier d’un accès plus facile aux agents, des réponses en temps réel aux messages et des services d’informations en horaires étendus. Le télétravail est également susceptible d’améliorer la responsabilité et l’autonomie des agents publics. Les directeurs dans les fonctions publiques peuvent quant à eux, profiter d’une plus grande souplesse dans la gestion des fonctionnaires et des équipements. Mais l’envers de la médaille, c’est que les usagers peuvent avoir de difficultés à identifier l’agent public qui télétravaille. Ce qui réduit la responsabilité de ce dernier en cas de litige. Les usagers pourraient aussi ne pas s’habituer aux nouvelles technologies. L’administration peut également perdre contrôle des agents travaillant en télétravail qui sont livrés à eux-mêmes. Comme tous les employés qui télétravaillent, le risque des réactions de dépression et l’empiètement du travail sur la vie privée ne sont pas aussi à exclure à cause de la solitude et de l’absence d’interaction avec les autres.
Cette pratique qui a fait son apparition dans les années 50 en Amérique présente des bienfaits et des désavantages dont il faut bien étudier avant sa mise en place au sein d’une entreprise. En effet, même si l’ensemble du personnel négocient le télétravail et même si la hiérarchie l’impose, ce mode d’organisation pourrait déstabiliser le fonctionnement de la structure.
Pour y voir plus clair, faisons un aperçu des avantages du télétravail pour l’entreprise et pour le télétravailleur:
-le télétravailleur peut élargir ses plages horaires
-il peut suivre une formation professionnelle à domicile tout en pratiquant ses responsabilités
-le personnel qui ne travaille pas à temps plein et ceux qui sont en contrat à durée déterminée peuvent télétravailler. Ce qui permet de réduire le budget de l’entreprise pour les équipements, les frais de transport des salariés, le loyer des locaux et le taux d’absentéisme.
-le travailleur à domicile peut aussi de son côté avoir un meilleur train de vie, se sentir moins stressé au milieu d’un environnement familial.
-ce mode de travail rend le télétravailleur plus productif car ce dernier peut éviter les trajets pour rejoindre le bureau. De plus, à cause de la flexibilité horaire, il peut avoir plus de temps à consacrer à sa famille et ses passions
-l’absence de surcharge d’activité et le sentiment de liberté accompagnant cette organisation de travail font aussi partie des avantages de cette modalité de travail.
En revanche, il ne faut pas oublier les points négatifs comme l’isolement, le manque d’interaction et de communication avec les autres. Le télétravail implique également une discipline de fer et un respect d’un emploi du temps strict pour ne pas réduire la productivité. Enfin, le dernier inconvénient de ce mode de fonctionnement, c’est aussi l’impossibilité de l’employeur de superviser le salarié. Effectivement, il ne peut pas savoir si l’employé travaille efficacement ou s’il rencontre des difficultés dans la réalisation de ses tâches.