Le niveau de couverture de santé en Tunisie affichait la réputation d’être les meilleurs du continent africain et des pays environnants qui ont un niveau de ressources équivalent. Ce service est assuré par le secteur public et le secteur privé. Ce dernier joue un rôle important dans l’essor de la médecine libérale. Il présente également une belle perspective d’avenir comparé au secteur de la santé publique qui peine à trouver une solution à ses maux et qui tend à régresser. Cependant, nombreux sont encore les sortants universitaires et ceux des grandes écoles qui cherchent un poste dans la fonction publique. On constate également un écart important entre l’offre et la demande des prestataires des médicaux et paramédicaux en Tunisie. Les compétences des nouveaux diplômés ne sont pas en adéquation avec les besoins du secteur médical. Décryptage.
Les dirigeants qui se sont succédé depuis 1956 dans ce petit pays de l’Afrique du nord ont toujours priorisé le développement du secteur de la santé. Actuellement, il dispose d’une solide structure composée de 22 CHU, 32 HR, 118 HC et 2100 CCB. Dans la structure parapublique, on enregistre 6 polycliniques de la CNSS, 3 hôpitaux militaires, un hôpital des forces de sécurité intérieure. Les établissements privés ne sont pas en reste. On compte 81 cliniques, 99 centres de dialyse et 4641 cabinets libres. Les offres du secteur de santé publique sont réparties en centre de santé de base, maternité rurales et hôpitaux de circonscription ainsi que les hôpitaux régionaux. Ce secteur aurait à affronter divers problèmes dont l’inégalité entre les régions aux technologies de pointe, l’encombrement des hôpitaux, la corruption et l’état peu satisfaisant des équipements sanitaires. Il y a également le manque de personnel médical dans certaines régions. En outre, le recrutement en masse des agents de la fonction publique après la révolution de 2011 a aggravé les choses. Le ralentissement de l’activité économique favorise le chômage. L’Etat ne peut plus par la suite recruter de nouveaux fonctionnaires même pour prendre la place de ceux qui vont partir à la retraite. Or, on déplore un manque de personnel dans des hôpitaux publics les plus sollicités. Cette mauvaise santé de la fonction de santé publique s’explique également par le problème de dettes des hôpitaux qui atteint 185 millions d’euros ces dernières années. Par ailleurs, certains hôpitaux ont grand besoin de rénovation. Cela concerne non seulement la qualité de lieux mais aussi la quantité et la qualité de personnel. Les limitations au niveau des équipements, de médicaments, d’employés font passer le secteur comme « médiocre ».
L’autre défi à relever pour le secteur de santé publique, c’est également la difficulté d’accès aux hôpitaux régionaux pour les parties du sud et du centre ouest. Il en est de même pour l’accès aux centres universitaires pour les habitants de la moitié des gouvernorats existants. A part cela, la couverture sociale est également insuffisante car la moitié des dépenses santé sont à la charge du foyer qui a un membre à l’hôpital. Ce qui entraîne un taux d’appauvrissement important après le séjour hospitalier.
Le moyen trouvé par les responsables pour remédier à ce maux serait la valorisation du statut des universitaires et leur orientation vers la recherche médicale. A titre d’exemple, des recherches qui permettent le développement de la production de médicaments et des recherches biotechnologie. L’Etat est également en quête d’une plus grande complémentarité entre les deux secteurs et l’amélioration du secteur hospitalier public et la mise en œuvre de la CMU.
De l’autre côté, le secteur de santé privé affiche une santé florissante. Si on se réfère aux statistiques, on dénombre 2000 généralistes et 2200 médecins spécialistes dans ce secteur. Ce dernier possède également 75 cliniques et centres médicaux et 1270 cabinets de dentiste privés. Les cliniques se chargent de toutes les interventions chirurgicales. 16 % des lits d’hôpital sont ainsi assurés par le secteur privé.
Ce secteur constitue une nouvelle source pour l’économie tunisienne car il permet l’exportation des services sanitaires. Cela se fait grâce à l’infrastructure poussée qui englobe le domaine médical et paramédical. Cela est également dû au coût concurrentiel des soins même si cela reste hors de portée de nombreux foyers tunisiens. En fait, s’il s’adresse surtout à la clientèle aisée, mais de plus en plus d’Européens et des ressortissants des pays voisins commencent à cibler les services du pays pour son coût très compétitif comparé au tarif proposé dans leur pays. La position stratégique de la Tunisie de par sa proximité de l’Europe favorise également l’essor de ce secteur. On remarque ainsi une hausse des soins dans les ESP. Par ailleurs, une partie de la population a tendance à recourir au secteur de santé privé du fait que les prestations dans la santé publique ne sont pas à la hauteur de leurs attentes. L’instauration du régime d’assurance maladie depuis l’année 2007 apporte aussi sa contribution dans la relance des hôpitaux privés. Malgré cela, ce secteur aurait à déployer des efforts pour réussir le pari du tourisme médical, et pour améliorer la prise en charge des malades dans les ESP. Le secteur hospitalier privé doit aussi promouvoir sa maîtrise de compétence médicale pour répondre à la demande des patients Tunisiens et étrangers. A noter que le tourisme médical comprend la chirurgie esthétique, la chirurgie cardiaque et dentaire ainsi que d’autres traitements qui attirent la clientèle de la France et du Belgique.
Remarque : les études de médecine dans le pays sont similaires au parcours en France. Il faut 5 années d’études en théorie et en pratique, et 2 années de stage en interne pour décrocher le diplôme de doctorat en médecine. Après l’obtention du diplôme de médecin généraliste, le diplômé universitaire peut faire un concours résidanat pour le stage de 4 ans en résidanat. A l’issue de ce stage, il peut devenir un médecin spécialiste ou il peut embrasser la carrière d’assistanat ou une carrière hospitalo- universitaire. 4 facultés de médecine permettent aux étudiants de suivre ce parcours : l’université à Tunis, à Sousse, à Sfax et à Monastir.
Malgré le taux de chômage autour de 15 % de la population, la Tunisie parvient à améliorer ses indicateurs de développement humain. Le PNB par habitant en 2010 est ainsi de 4500 dollars américains. Le chômage a pour effet d’accroître la sédentarité de la population vers les zones urbaines. Le secteur privé est certes une filière porteuse mais les spécialistes et les diplômés de l’étranger ont aussi une faveur dans le recrutement de cadres.
Concernant, les effets du développement du secteur de la santé, cela a un impact sur le taux de mortalité infantile. En 2009, cela est de 17,9 pour 1000 et à l’horizon 2020, cela sera autour de 10 pour 1000. Il en est de même pour l’espérance de vie des Tunisiens qui passe de 52 ans en 1970 en 74 ans pour les hommes et 76 ans pour les femmes en 2009. En revanche, on enregistre une baisse de taux de natalité dans le pays. En 1960, il était 50 pour mille alors qu’en 2009, il avoisine 17 pour mille.
En bref, la capacité du secteur de la santé publique n’a que peu progressé dans les deux dernières décennies. Or, la capacité des hôpitaux privés a décuplé plus de deux fois. L’action conjuguée de ces deux secteurs permet de stabiliser le secteur de santé en dépit de l’écart entre les qualités de services et le coût de ces deux secteurs.
Le secteur de la santé en Tunisie a connu des développements significatifs ces dernières années. Le gouvernement tunisien a accordé une attention particulière à l'amélioration des infrastructures de santé, à la modernisation des équipements médicaux et à la formation des professionnels de la santé.
L’un des principaux objectifs du développement du secteur de la santé en Tunisie est de garantir l'accès universel aux soins de santé de qualité pour tous les citoyens. Des progrès ont été réalisés dans ce sens grâce à l'expansion de la couverture médicale, en particulier à travers l'Assurance Maladie Obligatoire (AMO) qui assure une protection sociale pour les travailleurs et leurs familles.
En ce qui concerne les infrastructures, de nouveaux hôpitaux et centres de santé ont été construits dans différentes régions du pays pour améliorer l'accessibilité des services de santé. De plus, des efforts ont été déployés pour moderniser les équipements médicaux, tels que l'acquisition de technologies avancées dans les domaines de l'imagerie médicale, de la chirurgie assistée par robot et des soins intensifs.
La Tunisie a également renforcé sa politique de prévention et de promotion de la santé. Des campagnes de sensibilisation ont été menées pour informer la population sur les maladies courantes et promouvoir des modes de vie sains. Des programmes de dépistage et de vaccination ont également été mis en place pour prévenir les maladies infectieuses.
En matière de formation, des efforts considérables ont été déployés pour améliorer la qualité de l'éducation médicale et former des professionnels de la santé compétents. Des institutions telles que les facultés de médecine et les écoles d'infirmières ont été renforcées et modernisées pour répondre aux normes internationales.
Le développement du secteur de la santé en Tunisie devrait être de plus en plus reconnu par le biais des chambres de commerce des Pays Européens notamment pour créer des connexions entre l’Europe et la Tunisie étant donné le niveau élevé des compétences des médecins tunisiens.
La promotion du savoir-faire tunisien en matière de santé dans le monde peut être réalisée grâce à plusieurs actions :
Participation à des conférences et salons internationaux : La Tunisie peut participer à des conférences et salons spécialisés dans le domaine de la santé à l'échelle internationale. Cela permettra de mettre en valeur les avancées réalisées dans le secteur de la santé en Tunisie, de présenter les réalisations et les compétences des professionnels de la santé tunisiens, ainsi que de développer des réseaux et des collaborations avec des acteurs mondiaux du secteur.
Promotion des réussites et des innovations : La Tunisie peut mettre en avant ses réussites et ses innovations en matière de santé à travers des publications, des études de cas, des articles scientifiques et des rapports. En mettant l'accent sur les réalisations spécifiques, comme des progrès dans le traitement de maladies spécifiques ou des approches novatrices dans la prestation des soins de santé, la Tunisie peut attirer l'attention internationale et renforcer sa réputation en tant que centre d'excellence médicale.
Etablissement de partenariats internationaux : La Tunisie peut chercher à établir des partenariats avec des institutions, des hôpitaux, des universités et des organismes de recherche internationaux. Ces partenariats permettent de partager les connaissances, d'échanger des compétences et d'encourager la collaboration dans la recherche médicale, la formation des professionnels de la santé et d'autres initiatives liées à la santé. Cela contribue à la reconnaissance internationale du savoir-faire tunisien en matière de santé.
Promotion de la télémédecine : La Tunisie peut promouvoir ses capacités en matière de télémédecine à l'échelle internationale. La télémédecine offre des possibilités de consultation et de traitement à distance, ce qui peut être attractif pour les pays confrontés à des défis d'accès aux soins de santé. En mettant en avant ses solutions de télémédecine avancées, la Tunisie peut attirer l'attention et la confiance des pays qui cherchent à développer leurs propres capacités en matière de soins de santé à distance.
Collaboration dans la recherche médicale : La Tunisie peut promouvoir la collaboration internationale dans la recherche médicale en encourageant les échanges scientifiques, les projets de recherche conjoints et les publications en collaboration avec des chercheurs et des institutions étrangères. Cela permettra de mettre en valeur l'expertise tunisienne en matière de recherche médicale et de contribuer aux avancées scientifiques mondiales.
La promotion du savoir-faire tunisien en matière de santé dans le monde peut être réalisée grâce à des initiatives telles que la participation à des événements internationaux, la promotion des réussites et des innovations, l'établissement de partenariats internationaux, la promotion de la télémédecine et la collaboration dans la recherche médicale. Ces actions ont intérêts d’être renforcées pour une meilleure réputation de la Tunisie à travers des plateformes permettant de mettre en avant les points forts du secteur pour une meilleure exportation du service santé à l’étranger. Pour cela il faudra faire recours à des entreprises IT capables de réaliser des sites web pour promouvoir la santé auprès des Pays de l’oxydant et pourquoi pas aussi les Pays de l’orient.