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Quel avenir pour le tourisme ?



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Le tourisme est un levier de croissance économique pour des nombreux pays. Non seulement il apporte de devises mais il fournit aussi des millions d’emplois tout en résorbant le chômage. Son objectif est de donner à chacun le droit de partir en vacances. Dans cet article, nous allons faire un tour d’horizon sur le tourisme mondial, le tourisme de demain et les nouvelles tendances dans ce secteur.

Ce secteur apporte une grande contribution à la lutte contre le chômage et la pauvreté. Parmi les 5 pays les plus visités du monde, on retrouve en tête la France avec 82,6 millions de touristes, suivi de l’Espagne avec 82 millions de visiteurs, les Etats-Unis avec 75,6 millions, la Chine avec 59,3 millions de touristes, et l’Italie avec 52,4 millions de touristes. La France remporte le plus grand part du butin à cause de la richesse de son patrimoine, ses nombreuses attractions touristiques, ses monuments, musées et ses paysages. Cette véritable manne d’argent apporte 7 % du PIB du pays et fournit 2 millions emplois directs ou indirects. Or, dans certains pays en voie du développement, ce secteur peut fournir jusqu’à 25 % du PIB brut du pays. Notons que le secteur du tourisme mondial génère 60 milliards d’euros tandis que le secteur touristique lui-même génère 180 milliards d’euros. Les chiffres indiquent aussi que les touristes du monde entier ont déboursé 1 096 milliards d’euros en 2016. Le développement du tourisme de masse est dû à l’apparition des classes moyennes asiatiques pouvant réaliser des voyages internationaux.

L’OMT (organisation mondial du tourisme) encadre le secteur. Cette institution des Nations Unies basée à Madrid a pour vocation la promotion et le développement du tourisme tout en protégeant l’intérêt des pays non développés et en voie de développement. L’institution veille sur le respect de l’éthique du tourisme des pays membres afin d’augmenter les impacts économiques et sociaux de ce secteur tout en allégeant les effets négatifs sur l’environnement et la société.

Il faut souligner en effet que le tourisme mondial est responsable de 8 % de production des émissions de gaz à effet de serre et d’atteinte aux écosystèmes en voie de disparition. C’est la raison pour laquelle le gouvernement Philippin a fermé provisoirement la visite à l’ile de Boracay. Mais outre ce problème, on note également le problème sécuritaire. En Tunisie, le pays doit faire face à la baisse des touristes européens à cause des actes terroristes de ces dernières années. Les recettes affichent une baisse de 18,3 % entre le début du janvier 2015 et le 31 août 2015 alors que le secteur touristique tient une part non négligeable dans le PIB du pays (10 %). Le secteur touristique tunisien affiche aussi une capacité au-delà de son potentiel du tourisme balnéaire. A cela s’ajoutent l’apparition des destinations concurrentes comme la Turquie ou l’Egypte et la baisse du coût du transport aérien.

Mais malgré la dynamique de ce secteur dans certains pays en voie de développement, le partage des fruits de croissance n’est pas toujours approprié. Les bénéficiaires sont les investisseurs étrangers et les élites locales dans les pays pauvres. La population locale ne reçoit que des petites miettes.

La crise de coronavirus impacte durement le secteur touristique mondiale. Outre la baisse de la fréquentation des lieux concentrant beaucoup de touristes à cause du confinement et des règles de distanciation, la réduction du pouvoir d’achat se répercute aussi sur les recettes touristiques pendant cette période. Les attentes des consommateurs pourront évoluer après la crise sanitaire. Et pour la préservation de l’environnement, les concepts de tourisme durable et le développement territorial seront aussi des sujets qui reviennent sur le tapis. Le tourisme durable consiste à exploiter tout le potentiel des ressources de l’environnement tout en sauvegardant les ressources naturelles. C’est d’ailleurs dans cette optique que les constructeurs d’avions cherchent d’arrache-pied des solutions pour rendre leurs appareils moins polluants.

S’agissant du tourisme du demain, on parle aussi de « Flyskam » ou la honte de prendre l’avion. Beaucoup de voyageurs sont déjà sensibilisés à ce concept avant la crise. Ils se sentent coupables envers la protection de l’environnement en se déplaçant en avion à cause de son impact pour le climat. Les avions sont en effet pointés du doigt dans le réchauffement du climat, les émissions de gaz carbonique. L’exemple le plus concret est à Suède où les partisans de ce mouvement arrivent à rendre fragile le rendement des vols aériens locaux.

Sinon, les risques de contamination et les facteurs sanitaires pourront aussi influer sur le choix des destinations des touristes dans le futur. Car la crise montre l’importance des limites en termes d’infrastructures sanitaires surtout dans les pays pauvres et les pays à flux touristique important.

La crise a montré aussi la trop grande dépendance de certains pays aux clientèles étrangers. Or, la venue de ces derniers permet d’alléger la contribution financière de l’Etat au maintien et la conservation des musées et patrimoines.

L’avenir du tourisme en France, le pays le plus visité du monde, pourrait aussi favoriser les valeurs d’authenticité et de proximité qui mettent en avant la découverte plus profonde des sites touristiques proches de sa ville. Cette tendance permet de développer le tourisme domestique des sites non classés dans la liste de patrimoine mondial de l’Unesco.

L’Europe continue de profiter de l’arrivée en masse des touristes en provenance de l’Asie au détriment des Etats-Unis, toujours frappé par la crise sanitaire. Selon le rapport du World Travel market (WTM), les nouvelles tendances touristiques mondiales d’ici quelques années concernent aussi le tourisme de jeu en Asie, la découverte de l’Afrique et du Moyen-Orient pour les touristes assoiffés des sensations fortes. Le flux de touristes vers la France continue toujours avec au programme l’augmentation des clientèles comme les « babyboom » ou les « GrandTravel ». Cette génération de jeunes seniors disposent souvent des revenus confortables et davantage de temps et ils peuvent se permettre de faire des voyages coûteux dans l’année. Ils privilégient surtout le bien-être et l’apaisement et sont à la recherche d’un meilleur équilibre de vie. Sinon, la Chine et l’Inde tiendront toujours une place importante dans le tourisme mondial en termes de nombre de voyageurs. Mais l’Inde sera aussi d’ici quelques années un poids important dans le tourisme mondial à cause du développement du pays, de la libéralisation de ses compagnies aériennes, du penchant de sa population pour le shopping.

Par ailleurs, si la majorité des touristes envisagent de continuer leur découverte du monde après le retour à la normale de la vie suite à la crise sanitaire, 54 % d’entre eux souhaitent réduire le tourisme de masse. 48 % d’entre eux seraient prêts à prolonger la durée de leur voyage si cela pourrait améliorer l’environnement. Ils sont plus enclins à chercher des expériences uniques, plus enrichies lors de leurs séjours. A titre d’exemple, 71 % des touristes à Chine considèrent que le fait de goûter la gastronomie chinoise est un bon plan à ne pas omettre dans leur programme touristique. On retrouve aussi cette tendance d’appréciation de gastronomie dans les vols long-courriers parmi les Chinois, les Russes, les Japonais enquêtés dans l’étude.

Enfin, la génération Z va aussi modifier la tendance de consommation. Malgré le fait qu’ils ne disposent pas beaucoup de moyens financiers, l’étude a montré que 85 % des jeunes anglais ont pu effectuer jusqu’à trois voyages par l’an en partageant le coût du voyage.

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