L’enseignement supérieur tunisien est réparti entre les établissements supérieurs publics et les institutions supérieures privées. Le bac conditionne l’entrée à ces deux pôles. Actuellement, on dénombre 36 universités privées en Tunisie. Ces universités proposent des programmes d’études aux trois cycles ainsi que des activités de recherches appliquées. Elles ont pour but de faire accéder tous les milieux sociaux à la connaissance dont ils ont besoin. Elles proposent ainsi des conditions d’enseignement plus attractives que le public et des filières en phases avec les exigences du marché. Cependant, ce secteur d’activité aurait aussi à faire face à des problèmes avec le ministère de la tutelle entre autres. Zoom sur le secteur.
D’abord, le développement de l’enseignement privé a un rapport avec le déclin de l’enseignement public. La déchéance de ce dernier est due non seulement à des problèmes financiers mais aussi à un système de l’éducation non adéquat aux besoins du marché. Nous revenons plus tard sur ce problème de l’université public, mais parmi les plus connus de ces institutions privées, nous pouvons citer université libre de Tunisie, Université Tunis Carthage, suptech, UPES, UMT, Université Ibn Kaldhoun, Dauphine Tunis, Université Arabe des sciences etc. L’Ecole Supérieure privée d’Ingénierie et des Technologies (ESPRIT) et Mediterranean School of business entrent également dans la liste des institutions les plus fréquentées. Ainsi, parmi les nouveaux bacheliers qui décrochent leur diplôme chaque année, une partie non négligeable choisit de continuer leur étude dans les universités privées. Leur nombre tend à augmenter si on se réfère aux chiffres. Il en est de même pour leur popularité malgré le coût élevé de l’enseignement chez certaines d’entre eux. A titre d’exemple, il faut compter 7 000 dinars par an pour les étudiants de la 3ème année à Tunis-Dauphine et 9500 dinars annuel pour MSB. Ce qui signifie que l’enseignement est accessible à tous ceux qui peuvent se payer la contribution d’autant plus que chez ESPRIT par exemple, les étudiants peuvent être admis sans concours à l’Ecole en payant 5000 dinars annuellement. Or, dans les institutions étatiques, les bacheliers doivent avoir une bonne moyenne au bac, faire un concours ou des sessions d’orientation pour pouvoir suivre une étude d’ingénieur. L’avantage de ces établissements privés, c’est qu’ils proposent d’outils de pointe qui leur permettent d’orienter les étudiants dans les filières porteuses de l’avenir. Ils essaient de proposer des formations professionnelles ciblées pour les étudiants qui seront plus tard en quête d’emploi. Mais comme l’enseignement étatique, il lui manque aussi des formations destinées aux entrepreneurs ou aux professionnelles qui opèrent dans les entreprises.
Les universités privées ont le vent en poupe en Tunisie mais l’investissement dans ce secteur est encore très dur. En effet, la révision de la loi 59/200. et celle de la loi de 2008 a apporté de modification à la création des institutions privées. Désormais, les entrepreneurs doivent avoir un capital de 2 millions de dinars pour pouvoir créer une institution privée. Auparavant, le capital requis est de 500 mille dinars. Cette situation décourage les nouveaux investisseurs qui sont en principe des anciens élèves ou professeurs dans les universités étatiques. Or, cette filière privée est bien juteuse car elle assure le flux de devises avec l’arrivée des étudiants des pays proches ou des étudiants européens.
D’autre part, même si les nouveaux bacheliers se ruent vers ces enseignements privés, la qualité des diplômes délivrés dans ces institutions n’est pas encore satisfaisante. Il y a d’abord le fait que certaines universités n’adaptent pas leurs formations à la réalité du marché de l’emploi. Les étudiants décrochent ainsi des diplômes, mais ils n’arrivent pas à trouver un poste compatible à l’étude qu’ils ont faite. Cependant, dans l’ensemble, les sortants de l’enseignement supérieur privé n’ont pas du mal à trouver un stage ou un emploi. L’autre problème concerne aussi la reconnaissance du diplôme par le ministère tutelle pour les ingénieurs, les architectes, et les sortants en filière paramédicale. Ces trois catégories sont concernées avec les décisions ministérielles. L’Ordre de l’architecte veut en effet imposer que les architectes qui ont décroché un diplôme dans un établissement supérieur privé ne peuvent pas être listés dans l’Ordre des architectes à moins qu’ils obtiennent le bac avec mention. Or, bon nombre d’institutions privées admettent des étudiants bacheliers sans mention. Heureusement que les négociations sont en cours. Ces difficultés des écoles d’ingénieurs semblent s’accroître aussi avec la grève des élèves ingénieurs qui demandent la limite du nombre des étudiants sortants des institutions privées. Ces élèves revendiquent également le concours à l’admission des écoles d’ingénieurs. Par ailleurs, au cours de l’ère de Bourguiba, l’accès à l’enseignement supérieur se faisait par une sélection. Même si ce critère de sélection est dû au manque de moyen financier de l’état mais non pas par la recherche de l’excellence, cela a porté son fruit. Les anciens sortants des universitaires d’Etat ont un niveau académique plus élevé. Il en est de même pour les institutions privées. Ceux qui proposent un concours d’entrée peuvent filtrer les meilleurs étudiants. Mais ceux qui n’imposent pas de critère d’admission sauf le bac ont encore à préparer le terrain pour rehausser le niveau des étudiants. Quoi qu’il en soit, nous pouvons dire que la situation des institutions privée en Tunisie est loin d’être précaire comparée à celle des établissements étatiques. Cela parce que la politique de non-gouvernance est plus présente dans ces institutions privées.
Les années de dictature ont instauré une politique qui ne favorise pas le développement des universités de l’Etat. Des problèmes politiques les ont minés à tel point qu’ils s’enfoncent plus profondément dans le marasme. Ces difficultés viennent de l’impossibilité d’instaurer le statut de non-gouvernance de ces institutions. Pendant la gouvernance de Ben Ali, la libéralisation de l’économie et la démocratisation de l’éducation sont les mots d’ordre. Sur le plan économique, cela a engendré une crise économique sans précédent et la hausse du taux de chômage et l’augmentation des diplômés universitaires. Ces diplômes sont les deux pôles confondus. Or, on dénombre actuellement quelque 200 000 diplômes universitaires qui ont du mal à trouver un emploi. Et le problème c’est que le pourcentage de ces sortants qui peut être employé ne va pas au-delà de 20 %. Ces derniers sont notamment des sortants des universités privées. La grande majorité nécessite un recyclage ou une remise à niveau pour accroître leur opportunité d’être recruté.
Par ailleurs, l’enseignement d’Etat est toujours un instrument politique pour les dirigeants. Ce qui fait que les enseignants ne sont pas motivés dans leur profession. Ils ne cherchent pas à faire évoluer leur enseignement. A cela s’ajoute le manque de politique de concertation pour mettre les choses au point. Du fait de cette absence d’interaction entre les acteurs du secteur, le diplôme délivré par l’Etat ne satisfait pas le marché local en matière de recherche ou la demande mondiale. Deux ouvertures qui sont assez poussées chez les universités privées. Ces dernières voyant les lacunes des institutions étatiques essaient de combler le trou en proposant des filières diverses qui satisfait le marché local.
Bref, les deux institutions n’ont pas encore atteint leur niveau de maturité, mais les universités privées tunisiennes sont en avance par rapport aux universités étatiques sur leur formation, leur gestion, leur personnels ou encore le niveau de diplôme.
En Tunisie, la concurrence entre les universités privées est devenue de plus en plus importante au cours des dernières années. Alors qu'auparavant, les universités publiques dominaient le paysage éducatif, les universités privées ont gagné en popularité et en reconnaissance.
Plusieurs facteurs ont contribué à cette concurrence accrue. Tout d'abord, les universités privées offrent souvent des programmes d'études spécialisés et axés sur les besoins du marché du travail, ce qui attire les étudiants qui souhaitent acquérir des compétences spécifiques et augmenter leurs chances d'emploi après l'obtention de leur diplôme.
De plus, les universités privées ont souvent des infrastructures modernes, des installations de recherche de pointe et des partenariats internationaux, ce qui leur permet d'offrir un environnement d'apprentissage attractif et de qualité.
La concurrence entre les universités privées a également entraîné une amélioration générale de la qualité de l'enseignement supérieur en Tunisie, car les universités publiques ont dû s'adapter et améliorer leurs propres programmes et infrastructures pour rester compétitives.
Cependant il est important de noter que les universités privées peuvent être plus coûteuses que les universités publiques, ce qui peut représenter un obstacle pour certains étudiants qui ne peuvent pas se permettre les frais de scolarité plus élevés.
La concurrence entre les universités privées en Tunisie a stimulé l'innovation, amélioré la qualité de l'enseignement supérieur et offert aux étudiants un plus large éventail de choix en matière d'éducation. Cela a contribué à la diversification du paysage éducatif en Tunisie. En fin de compte, les universités les plus contactés par les étudiants et leurs parents pour demander un ensemble d’informations avant de se décider dans quelle université s’inscrire, sont celles qui sont les mieux positionnées sur le net. Le référencement des universités sur le principal moteur de recherche Google passe notamment par un travail rigoureux effectué par une grande agence de communication expérimentée.
L’enseignement supérieur privé en Tunisie a connu une évolution significative ces dernières années. Alors qu'auparavant, les universités publiques étaient les principales institutions d'enseignement supérieur dans le pays, les universités privées ont émergé et se sont développées rapidement.
L’une des principales raisons de cette évolution est la demande croissante pour des programmes d'études spécifiques et axés sur les besoins du marché du travail. Les universités privées ont répondu à cette demande en offrant des programmes plus spécialisés et en collaborant souvent avec des entreprises et des organisations professionnelles pour s'assurer que leurs programmes répondent aux exigences du marché de l'emploi.
En outre, les universités privées ont souvent investi dans des infrastructures modernes, des laboratoires de recherche et des technologies de pointe pour offrir un environnement d'apprentissage de haute qualité. Cela a attiré de nombreux étudiants qui cherchent une éducation de qualité et des opportunités de recherche.
L’évolution de l'enseignement supérieur privé en Tunisie a également été soutenue par des réformes législatives et des politiques gouvernementales favorables. Le gouvernement tunisien a mis en place des mesures pour encourager et réglementer le secteur privé de l'enseignement supérieur, y compris l'établissement de normes de qualité et de mécanismes d'accréditation pour assurer la pertinence des programmes et la qualité des institutions privées.
En conséquence, le nombre d'universités privées en Tunisie a augmenté et elles sont devenues des acteurs importants dans le paysage éducatif. En Certaines universités privées ont réussi à établir une réputation solide et à attirer des étudiants non seulement en Tunisie, mais aussi de l'étranger.
Cependant il est important de noter que l'enseignement supérieur privé en Tunisie fait face à certains défis. Certains critiques soulignent que les frais de scolarité des universités privées peuvent être élevés, ce qui peut limiter l'accès à l'éducation pour certains étudiants. De plus, il y a une nécessité continue de renforcer les mécanismes de contrôle de la qualité et de l'accréditation pour garantir que toutes les institutions privées maintiennent des normes élevées.
Dans l'ensemble, l'évolution de l'enseignement supérieur privé en Tunisie a contribué à la diversification du paysage éducatif, offrant aux étudiants un plus large éventail de choix et de possibilités d'apprentissage. Cela a également stimulé la concurrence et l'innovation dans le secteur de l'enseignement supérieur, ce qui est bénéfique pour les étudiants et le développement global de l'éducation en Tunisie. Il faut reconnaitre que les universités sont fortement intéressées de recruter les professeurs dotés de longue et si riche expériences leurs permettant de faire évoluer le niveau général des étudiants sur le plan connaissance. Certaines directions générales des universités privées font recours à la publication d’annonces sur des réseaux sociaux et les plateformes d’emploi.