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Zoom sur l’éducation en Tunisie



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La Tunisie est un état de l’Afrique du nord bordé de deux côtés par la mer Méditerranée. Le pays d’une dimension de 164 000 km2 qui a retrouvé son indépendance en 1956 se démarque par l’homogénéité de sa religion et de sa langue. La croissance économique lui caractérise aussi même s’il ne dispose pas de réserve de pétrole. Cela est partiellement dû à son système éducatif qui a contribué au développement du pays. Tour d’horizon sur l’éducation en Tunisie, les difficultés rencontrées par un enseignant et les compétences nécessaires pour exercer ce métier.

La Tunisie est un pays maghrébin qui affichait une croissance positive assez notable avant la crise sanitaire. Le PIB par habitant de sa population est de 3.97 en 2018. Quand on parle de développement économique, on ne peut pas faire l’impasse sur l’importance de l’éducation. Et justement, le pays affiche une nette amélioration de son système éducatif en regard des autres pays du Maghreb depuis l’indépendance. Le taux de scolarisation est élevé, 96,1 % pour la tranche d’âge entre 6 à 16 ans grâce à l’effort du gouvernement à rendre la scolarisation de base universelle depuis l’année 2000.

Rappelons qu’en matière éducative, le système en vigueur en Tunisie se répartit en :

- Premier cycle primaire de 6 ans, d’un second cycle préparatoire de 3 ans dispensé dans les collèges

- Enseignement secondaire de 4 ans aboutissant à l’obtention d’un diplôme de baccalauréat

- Enseignement supérieur qui délivre les diplômes de licence, master, doctorat etc

- Autres formations professionnelles sanctionnées par les diplômes CAP, BTP, BTS et autres certificats non diplômants.

Mais, malgré l’effort consenti par l’Etat pour améliorer le système éducatif de base, plus de 100 000 abandonnent l’école chaque année. Plus de 75 % d’entre eux quittent les bancs d’école primaire composés dans la grande majorité des filles. D’ailleurs, afin de donner une seconde chance à ces élèves qui ont abandonné l’école sans obtenir un certificat scolaire, le gouvernorat du Grand Tunis a mis en place un programme d’orientation et d’accompagnement afin que ces élèves puissent poursuivre leurs études ou se préparer à une formation professionnelle.

En ce qui concerne le taux d’admission au bac, on observe aussi une baisse du pourcentage des admis de 27, 73% pour l’année 2020. Les taux de réussite des différentes branches affichent respectivement 48,48 % pour les maths, 21,24 % pour les lettres,33, 57 % pour les sciences expérimentales, 32,82 % pour la branche informatique, 38 ,96 % pour la technique, 15,68 % pour la filière gestion et 62 % environ pour le sport.

L’éducation a beaucoup contribué à la participation à la main-d’œuvre. Les personnes instruites ont plus de chances d’accéder à des emplois rémunérateurs. Mais actuellement, la Tunisie est en proie à d’autres difficultés économico-sociales, la hausse des diplômés en situation de chômage à hauteur de 30,1 % à la fin du troisième trimestre 2020 selon l’INS. Il ne faut pas passer à côté aussi des problèmes rencontrés par les enseignants comme la détérioration des conditions de travail, la baisse de niveau et l’état de certaines infrastructures scolaires …

Si le métier d’enseignant est une vocation pour beaucoup, ce métier engendre de stress en fonction des conditions de travail. En effet, comme bon nombre de professions exigeant les interactions humaines, ce métier fait appel à beaucoup de forces mentales surtout dans le contexte où les élèves deviennent de plus en plus indisciplinés. Or, dans l’environnement socio-économique et culturel où règnent le conflit de valeurs et de génération, le laisser-aller prévaut dans certaines classes. Les enseignants sont privés d’autorité face aux attitudes des élèves surtout avec un effectif élevé. Ces derniers dérangent le cours, font de farces entre eux ou font des sales coups aux enseignants, se démotivent, délaissent leurs devoirs… Cette situation d’indiscipline cause de fatigue, d’énervement et de stress aux enseignants. Ils doivent continuellement faire respecter les consignes élémentaires qui permettent de faciliter la vie à l’école, moyennant la hausse de voix, les cris, les punitions, les réprimandes etc. Pour éviter de passer une vie de martyr jusqu’à 55 ans, l’enseignant doit alors jouer le rôle de surveillant afin de faire régner le calme dans la classe avant de commencer le cours. Cette vigilance doit durer pendant le cours car au moindre relâchement, la classe redeviendra un véritable champ de bataille. Or, en fournissant un effort supplémentaire pour faire observer la discipline en classe, sa concentration affiche une baisse entraînant à son tour une baisse de la qualité de l’apprentissage. Ce supplice pourrait causer à la fin de sa carrière une sensation de burn-out. Outre le rythme de travail, les conflits avec les élèves ou les collègues, la pression constante, les problèmes physiques dus à l’exercice du métier (bruit des élèves, voix cassé, déficience auditive…), l’enseignant est aussi confronté au statut salarial peu satisfaisant et à l’instabilité de l’emploi dans le secteur privé. En effet, l’enseignant doit s’adapter aux nouveaux contenus d’enseignement afin de ne pas être remplacé par un autre plus jeune que lui. Les enseignants dans les écoles privées ne perçoivent pas aussi de salaire pendant les vacances. C’est la raison pour laquelle la plupart des enseignants et professeurs quittent ce métier à partir de 55 ans à cause du stress chronique qu’ils subissent pendant de longues années. Pourtant, le métier d’enseignant n’est pas facile. Il exige un certain nombre de compétences en plus des qualités relationnelles.

Le métier d’enseignant regroupe une cinquantaine de compétences qui se rapportent à des connaissances du métier et des attitudes professionnelles afin de pouvoir remplir ses missions. Comme dans tout métier réglementé, il aura à respecter les principes déontologiques comme le respect de chaque élève, le respect de la neutralité et égalité entre les élèves, de la liberté d’opinion, une attitude objective en toutes situations, ainsi que la capacité à conserver certaines informations sur ses élèves et leurs familles.

S’il utilise une langue étrangère dans son enseignement, il doit maîtriser la langue et surtout avoir une connaissance approfondie de la matière enseignée. S’il enseigne une langue étrangère, une solide culture générale est requise en plus de la spécialité dans la discipline et la capacité à anticiper les obstacles rencontrés par les élèves lors de l’apprentissage. Un enseignant doit être aussi capable de faire une analyse critique de son travail et être capable d’accompagner les élèves dans la recherche de leur orientation professionnelle.

Voici la liste détaillée des compétences attendues à un enseignant :

- Respect de la personne de chaque élève et de la liberté d’opinion de chacun.

- Avoir une bonne culture générale

- Connaissance des objectifs de l’établissement scolaire et bonne maîtrise de la didactique des disciplines dont il enseigne.

- Respect de la neutralité, de l’égalité de chance de chacun, refus de toutes discriminations

- Capacité à transmettre les savoirs, à bien communiquer à l’écrit comme à l’oral, à recourir aux ressources disponibles (support papier ; technologie numérique…) et à actualiser ses connaissances.

- Capacité à faire respecter la discipline, le règlement intérieur et à imposer son statut d’enseignant

- Capacité à faire respecter la hiérarchie scolaire

- Disposition à participer à la vie de l’établissement scolaire

- Capacité à repérer les difficultés spécifiques dans l’apprentissage pour chaque élève (que ce soit au niveau de sa santé, de son niveau social, de son comportement…)

- Coopération avec les personnes compétentes internes ou externes qui peuvent résoudre les difficultés des élèves

- Capacité à se prémunir contre les risques professionnels

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