Les mouvements sociaux et politiques du pays de ces dernières décennies ont un impact sur le climat des affaires en Tunisie. Mais malgré cela, les statistiques de la banque mondiale mettent en évidence que le pays constitue toujours un partenaire intéressant pour les investisseurs étrangers. Cela est dû en partie par le secteur de l’industrie qui offre de services de plus en plus à la pointe de technologie et à sa main-d’œuvre à prix compétitif. Les chiffres clés de l’industrie montrent ainsi des perspectives de développement en dépit de la situation économique et de l’environnement politique. Zoom sur le secteur.
L’Agence Tunisienne de l’Industrie rapporte qu’il existe plus de 5600 entreprises qui emploient plus de 10 salariés dans le pays. Plus de 45% d’entre eux sont dans l’exportation dont la grande majorité (31% environ) est dans le textile et la confection. Le secteur agroalimentaire détient quant à lui 18 % d’industrie et 12 % pour le secteur mécanique. Plus de 513 300 employés travaillent dans le secteur de l’industrie. Ce secteur peut générer 150 000 emplois à moyen terme car les exportations de manufactures ont décuplé. Il en est de même pour les exportations technologiques qui ont connu une hausse de 30% à 50% l’année dernière.
Pour la branche des industries mécaniques et électriques (IME) par exemple, il représente 26 % de nombres d’emplois dans le pays. Elle affiche 13 % de la totalité des investissements industriels tunisiens en 2014, occupant ainsi le quatrième rang dans l’investissement. La fabrication des produits électriques, électroniques et électroménagers dans cette filière tient aussi une place importante dans l’économie car sa contribution au PIB et de 3,4 %. Elle représente 63 % du secteur des industries mécaniques et électriques. L’exportation de fils et câbles électriques, les semi-conducteurs et les domotiques et d’autres produits innovants augmente chaque année. Les 374 entreprises électriques et électroniques dans le pays emploient plus de 90 000 salariés. Le secteur est florissant car la Tunisie dispose de plus de 7000 ingénieurs formés dans le domaine de l’électronique, l’énergétique, la télécommunication, la fabrication métallique et mécanique etc.). Quant à la fabrication mécanique, elle compte 267 entreprises qui donnent emplois à environ 80 000 personnes. 65 % des produits de cette filière sont dédiées à l’exportation. La Tunisie tient ainsi la deuxième place en termes de marché par rapport aux autres pays concurrents comme Maroc ou Egypte. Le pays compte sur le développement du secteur automobile vers des voitures qui ont des fonctions plus avancées de conduite grâce à la délocalisation des entreprises étrangères dans le pays. La filière aéronautique offre également de perspective intéressante car elle a généré plus de 10 000 emplois avec les 60 unités de production qui ont émergé. Cette industrie vise à la fabrication de tôlerie fine, la modélisation de pièces en 3D, la fabrication des équipements pneumatiques. Le pays ambitionne aussi l’implantation de bureaux d’études et de fabrication d’hélicoptères et de drones.
Parmi les filières porteuses qui ont un poids dans l’économie tunisienne, on mentionne également l’industrie pharmaceutique et paramédicale. Cette industrie s’est implantée dans le pays depuis plus de 40 ans. Elle affiche 57 unités de production destinée aux médicaments humains, dispositifs de médecine (seringue, fil de suture etc.) et des produits pour le traitement des maladies des animaux. Plus de 8300 personnes travaillent dans cette filière. La progression du marché de médicaments se fait d’une façon régulière depuis ces dernières années. On enregistre une hausse de consommation des médicaments de 2% entre 1999 et 2014. Seule 44% de la production est injectée dans le marché local, le reste s’en va aux exportations. La stratégie du pays dans cette branche s’oriente aussi dans la conception de produits paramédicaux, l’emballage pour les pharmacies, la fabrication des arômes et les plantes aromatiques et médicinales.
Le secteur des Energies renouvelables est également une des branches qui commencent à jouer un rôle prépondérant dans l’économie du pays. Et ce, malgré la faiblesse de la production de l’hydrocarbure en Tunisie. Le potentiel est d’une importance significative alors que la filière ne détient que 3% de la production électrique. L’Etat vise à augmenter la production de ER de 30% de la production totale d’ici 2030. Cette capacité s’articule autour de l’utilisation d’éoliens, de panneaux solaires photovoltaïques, et thermodynamiques etc. La loi n°12- 2015 favorise d’ailleurs l’investissement dans cette filière. Rappelons que la Tunisie est dotée d’un cadre d’ensoleillement satisfaisant. L’Etat devrait aussi penser à construire des stations de productions d’énergie solaire et éolienne.
Le secteur de TIC (technologies de l’information et de la communication) tient également un rôle crucial dans l’économie. Les 1800 entreprises existantes assurent plus de 30 000 emplois aux jeunes tunisiens. Cette filière contribue 9% dans le PIB du pays. Depuis une décennie, le pays est sélectionné parmi d’autres pays nearshore ou offshore pour la délocalisation des activités des sociétés étrangères. On dénombre actuellement 120 entreprises qui se lancent exclusivement dans l’exportation. La Tunisie ambitionne à devenir une référence à l’échelle internationale dans le milieu du TIC et du BPO. Plusieurs entreprises spécialisées dans le traitement informatique (saisie, rédaction, analyse, assistance, conseil, vente à distance etc. ) sont implantées dans le pays. Plus de 20 000 salariés travaillent dans ce milieu où plusieurs langues sont utilisés (l’arabe, l’allemand, l’italien, l’espagnol, le français). De l’autre côté, la hausse de pourcentage de ménages qui ont accès à l’internet constitue un pas dans l’essor de la numérique. Outre les domaines de finance, banque, assurance, comptabilité, d’autres investissements sont également exploitables à savoir l’e-santé, le développement des logiciels etc.
Le gouvernement aurait à déployer une politique industrielle efficace pour réaliser ses ambitions. IL aurait d’abord à réduire les disparités territoriales et régionales en matière de répartition des activités économiques. Cela envisagerait la construction d’infrastructures et de transport qui limite cet écart entre les régions. Ce plan d’aménagement devrait aussi suivre les standards internationaux. L’Etat devrait aussi mettre en place des plateformes d’industries qui attirent les investisseurs étrangers. Pour ce, il peut commencer par promouvoir les régions, développer le système du financement régional, améliorer les conditions de vie au niveau régional. Bref, une politique de décentralisation qui tient compte des lieux défavorisés. Pour figurer dans la première place des pays offshore en IT, elle devrait aussi fournir de financement pour la généralisation de l’accès à l’internet. Cela permet non seulement d’améliorer le standing de vie des citoyens mais aussi de gagner une meilleure compétitivité par rapport aux pays limitrophes et aux autres concurrents. Par ailleurs, le gouvernement devrait également procéder à des réformes structurelles qui incitent l’investissement. A cette optique, il devrait faciliter l’obtention du financement, simplifier les procédures administratives, revoir le système fiscal et douanier et réduire les charges aux entreprises. Ces mesures permettent d’améliorer ce milieu des affaires. Le fait d’intégrer dans l’économie mondiale grâce à l’implantation de nombreuses entreprises étrangères dans le pays permet la création de nombreux emplois tout en garantissant la croissance de l’économie. Les employés, de leur côté, bénéficient de l’expérience. Bref, dans le but de promouvoir le secteur industriel, le gouvernement devrait non seulement faire un plan d’aménagement territorial mais aussi conclure de nouveaux accords commerciaux avec d’autres pays.
Les opérateurs tunisiens opérant dans le secteur industriel peuvent saisir plusieurs opportunités pour développer leurs activités. Voici quelques-unes des opportunités à considérer :
Exportations vers les marchés internationaux : La Tunisie bénéficie d'accords de libre-échange avec plusieurs pays, ce qui facilite l'exportation des produits industriels tunisiens. Les opérateurs peuvent profiter de ces accords pour accéder à de nouveaux marchés et augmenter leurs ventes à l'étranger.
Partenariats internationaux : Les opérateurs industriels tunisiens peuvent établir des partenariats avec des entreprises étrangères pour bénéficier de leur expertise, de leur réseau de distribution et de leurs ressources. Ces partenariats peuvent favoriser le transfert de technologie, l'accès à de nouveaux marchés et le renforcement des capacités de production.
Investissements dans la recherche et le développement (R&D) : L'innovation et la recherche sont des éléments clés pour rester compétitif sur le marché mondial. Les opérateurs industriels tunisiens peuvent investir dans la R&D pour développer de nouveaux produits, améliorer leurs processus de production, et répondre aux demandes changeantes des consommateurs.
Développement de produits à valeur ajoutée : Les opérateurs industriels peuvent se concentrer sur le développement de produits à forte valeur ajoutée, en se différenciant par la qualité, la conception, la durabilité ou les fonctionnalités avancées. Cela peut leur permettre de se positionner sur des segments de marché haut de gamme et d'obtenir des marges bénéficiaires plus élevées.
Intégration verticale : Certains opérateurs industriels peuvent envisager l'intégration verticale, c'est-à-dire élargir leur activité en intégrant des étapes supplémentaires de la chaîne de valeur. Par exemple, une entreprise de textile peut diversifier ses activités en incluant la fabrication de tissus ou la création de sa propre marque de vêtements.
Développement des énergies renouvelables : La transition vers les énergies renouvelables est une tendance mondiale, et les opérateurs industriels tunisiens peuvent saisir cette opportunité en développant des solutions et des technologies liées aux énergies renouvelables, telles que l'énergie solaire, l'éolien ou la biomasse.
Investissement dans les compétences : Les opérateurs industriels peuvent investir dans le développement des compétences de leurs employés, en offrant des formations spécialisées et en encourageant l'apprentissage continu. Cela permet de renforcer la qualité de la main-d'œuvre et d'améliorer la productivité et l'efficacité opérationnelle.
Il est très important pour les opérateurs industriels tunisiens de surveiller les tendances du marché, d'évaluer les besoins des consommateurs et de rester à l'affût des opportunités émergentes. Ils peuvent également bénéficier du soutien des organismes gouvernementaux et des institutions de promotion des investissements pour accéder à des financements, des incitations fiscales ou des conseils stratégiques. Ces opérateurs devront recruter les meilleurs profils sur lesquelles ils pourront compter pour réaliser leurs objectifs. Pour cela il faudra faire recours à la chasse tête via le réseau social professionnel via un compte assez brillant et bien développé en terme de nombre de connexion avec des profils professionnels.
L’Etat tunisien accorde plusieurs avantages aux entreprises industrielles dans le cadre de sa politique de soutien au secteur industriel et à l'investissement. Voici quelques-uns des avantages accordés :
Avantages fiscaux : Les entreprises industrielles peuvent bénéficier d'avantages fiscaux tels que des taux d'imposition réduits, des exonérations fiscales ou des crédits d'impôt. Ces avantages visent à encourager l'investissement, la création d'emplois et le développement du secteur industriel.
Incitations à l'investissement : L'État tunisien propose des incitations à l'investissement sous la forme d'aides financières, de subventions ou de facilités de financement. Ces mesures visent à réduire les coûts d'investissement et à encourager les entreprises à développer leurs activités industrielles.
Accès à des zones franches et parcs industriels : La Tunisie dispose de zones franches et de parcs industriels qui offrent des avantages tels que des infrastructures modernes, des facilités logistiques, des services de support et des procédures simplifiées. Ces zones favorisent l'installation d'entreprises industrielles et facilitent leurs opérations.
Soutien à l'exportation : L'État tunisien propose des mesures de soutien à l'exportation pour les entreprises industrielles, telles que des programmes d'accompagnement à l'export, des aides à la participation aux salons internationaux, des services d'information sur les marchés étrangers, etc. Ces mesures visent à favoriser le développement des exportations et à renforcer la compétitivité des entreprises sur les marchés internationaux.
Formation et développement des compétences : L'État tunisien encourage la formation et le développement des compétences au sein des entreprises industrielles. Il propose des programmes de formation professionnelle, des incitations à la formation continue, des collaborations avec les établissements d'enseignement et des initiatives visant à renforcer les compétences techniques et managériales des employés.
Accès à des financements : L'État tunisien met en place des dispositifs de financement pour soutenir les entreprises industrielles, tels que des lignes de crédit spécifiques, des fonds d'investissement, des programmes de garantie de prêts ou des aides à l'obtention de crédits. Ces mesures visent à faciliter l'accès au financement et à encourager les investissements dans le secteur industriel.
Il convient de noter que les avantages accordés par l'État tunisien peuvent varier en fonction de la taille de l'entreprise, de la localisation géographique, du secteur d'activité et d'autres critères spécifiques. Il est recommandé aux entreprises de se renseigner auprès des organismes compétents, tels que l'Agence de Promotion de l'Industrie et de l'Innovation (APII), pour connaître les avantages et les dispositifs disponibles en fonction de leur situation particulière. L’Etat devrait communiquer les avantages afin d’inciter les entreprises industrielles en facilitant l’accès à l’information. L’Etat devrait faire recours à l’une des entreprises IT pour développer une plateforme web permettant à toutes sortes d’initiatives à pouvoir accéder à l’information afin de prendre part des avantages accordés.