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Impact de la crise de Covid 19 sur les professions libérales en Tunisie



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Le monde des professions libérales englobe un certain nombre de métiers très différents l’un de l’autre et dont certains n’exigent pas de qualification ou de diplôme. Tout comme les autres secteurs d’activité, ces professionnels ne sont pas épargnés des difficultés financières suite au confinement. Toutefois, d’autres comme les professions médicales ont gagné en reconnaissance auprès de la population pour leur abnégation pendant cette crise sanitaire.Pour y voir plus clair, dans cet article, nous allons faire un tour d’horizon sur l’impact de la crise de Covid 19 sur les professions libérales en Tunisie.

Le terme professions libérales inclut d’abord un ensemble de métiers hétéroclites commele kinésithérapeute, l’avocat, l’expert-comptable, le chiropracteur, l’infographiste, le rédacteur, le cartomancien, l’archéologue, l’enquêteur…La liste est longue. La plupart de ces professionnels proposent une prestation de services qu’ils font partie du groupe des professionnelsrèglementés ou non réglementés.

Le coronavirus a ses répercussions sur l’activité de ces professionnels. Et tout comme dans les autres pays, la Tunisie doit aussi faire le choix sur la préservation de la continuité économique ou la réduction du nombre de décès. Préférant opter pour la protection de la vie des Tunisiens, le gouvernement a choisi une politique de limitation de déplacements à l’échelle nationale ou internationale.Et grâce à l’abnégation de la communauté médicale impliquée dans les unités covid, le pays a enregistré une faible statistique des décès L’épidémie a cependant laissé le pays rompu et sans perspective suite aux bouleversements sociaux.Le nombre de chômeurs augmente de 150 000 personnes de plus et le taux de croissance frôle le 4 %.

Revenons sur l’enquête réalisée par le business pulse Tunisie sur l’état de lieu du secteur privé formel. Cette étude couvre 2 500 entreprises du secteur privé. Elle intègre tous les secteurs de l’économie tunisienne afin de mieux identifier les secteurs les plus exposés aux effets néfastes de l’épidémie.L’enquête tient compte du type de secteur d’activité, de la taille de l’entreprise, de son état de fonctionnement, de sa durabilité et de ses attentes et incertitudes.Les entreprises dans le secteur commercial constituent 37, 46 % des structures enquêtées, les autres services font 17,5 %, les entreprises dans le transport et stockage 9% et le même pourcentage pour les industries manufacturières. Le reste est réparti en industrie textile et cuir, industries alimentaires, service hébergement et restauration, santé, industrie mécaniques et électroniques, pharmacie, information et communication.11,25 % de ces entreprises sont dans l’exportation tandis que le reste 88,8 % sont non-exportatrices. Concernant la taille des entreprises, 81 % sont des micro-entreprises, 14,2 % des PME, et 4,8 % des grandes structures.

L’enquête a révélé que 30 à 31 % des entreprises sondées se montrent pessimistes quant à l’issue de la crise sanitaire pour le deuxième et troisième trimestre de l’année 2020. 45 % ont une opinion neutre et 21,8 % se montrent optimistes.Il est à noter que la plupart des restrictions liées à la crise sanitaire ont déjà été levés pendant le mois de l’enquête. 86,9 % des entreprises étaient ouvertes(74 % ouvertes après une interruption), 12,2 % étaient ouvertes sans interruption, 7,7 % étaient fermées pendant quelques temps sur décision de l’autorité ou de l’entreprise tandis que 5,4 % étaient définitivement fermées. Parmi les entreprises qui ont définitivement fermées, on retrouve celles opérant dans le service d’hébergement et de restauration, les entreprises du secteur du commerce et celles dans le secteur chimique et pharmaceutique. Le taux de fermeture est plus important chez les entreprises non-exportatrices (5,4 %) contre 3,5 % pour les structures exportatrices. Ce sont les jeunes entreprises qui sont les plus victimes de la fermeture comparées aux structures matures ou déjà établies.

Pour pouvoir s’ajuster aux effets négatifs de la crise sur leur fonctionnement, 17,7 % ont effectué des licenciements. D’autres ont recouru aux congés payés sans salaire et à des réductions salariales. Le recrutement ne concerne que 8 % du secteur privé formel et il touche notamment le secteur du bâtiment. Par ailleurs, une enquête réalisée parl’organisation nationale des entrepreneurs (ONE) a aussi révéléque 93 % des entrepreneurs et professions libérales n’ont reçu aucune aide financière de la part du gouvernement.
La Tunisie et le covid

La pandémie a entraîné la hausse du chômage et de la pauvreté ainsi que des pertes économiques importantes dans de nombreux pays. La crise a exposé au grand jour la vulnérabilité de l’économie tunisienne et les limites du système de santé. Toujours est-il que le gouvernement a su improviser une politique de gestion assez efficacede la crise compte tenu du peu de moyens dont il dispose. Cette politique s’articule autour de la mise en place des structures permettant de lutter contre la pandémie, l’organisation du confinement et du déconfinement par paliers, le soutien financier pour les plus démunis.
La première phase de déconfinement commence à partir du 4 mai avec l’ouverture et la reprise de la moitié des activités commercialeset grande distribution. La deuxième phase de déconfinement marque la reprise des activités des cafés, restaurants, crèches, jardins d’enfants à 50 %. La troisième phase de déconfinement qui débute à partir du 4 juin 2020 marque la reprise des activités économiques, culturelles, sportives, religieuses et les déplacements entre ville avec un respect de consignes à 50 %.
Mais comme les risques d’une hausse de contaminés et de décès sont toujours présents, depuis le 9 avril 2021, les visiteurs entrant en Tunisie doivent aussi respecter les mesures sanitaires comme la présentation d’un test PCR négatif réalisé dans les 3 jours avant leur embarquement, l’obligation de s’isoler pendant 5 jours dans un hôtel ou autre type d’hébergement, la signature d’une fiche sanitaire et fiche d’engagement à remettre aux services sanitaires lors de leur arrivée.Les voyageurs entrant sont aussi soumis à un test et s’ils sont testés positifs, ils doivent s’isoler. Le fait d’être vacciné n’est pas reconnu comme un élément pouvant permettre à un voyageur de ne pas se soumettre à ces conditions.

Par ailleurs, le couvre-feu est aussi en vigueur dans tout le territoire à partir du 22 h du soir à 5 h du matin. Et les voitures de transport en commun et les véhicules en moteur ne peuvent pas circuler entre 19 h à 5h du matin sauf autorisation spécifique. Les foyers à risque sont également isolés et il est interdit de faire des rassemblements comme les fêtes privées, les forums, les congrès. Les marchés hebdomadaires sont aussi prohibés et les établissements qui ne respectent pas ces mesures sanitaires sont taxés de 60 dinars tunisiens.Le gouvernement tunisien a également suspendu les cours dans les établissements primaires et secondaires et a orienté les universités à l’enseignement à distance.Ces différentes mesures de renforcement de la lutte contre la propagation du coronavirus montrent à quel point le pays est encore engagé dans la crise sanitaire.En fait, la situation épidémiologique liée au coronavirus est toujours critique en Tunisie. Pour éviter l’aggravation de la situation, le gouvernement a aussi déconseillé les voyages à l’étranger et a déclaré qu’il faut apporter un motif plausible pour un déplacement à une dizaine de km de sa maison.
Pour conclure, dans une économie fragilisée suite à une mauvaise gouvernance et une insuffisance de ressources naturelles et du capital humain, le gouvernement a choisi de durcir les mesures sanitaires préventives. Mais l’état du lieu ne cache pas un impact lourd de la crise sur les professions libérales et les entreprises du secteur privé.

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