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Les startups en Tunisie



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Le rêve de faire une success story avec des ressources limitées animent les entrepreneurs qui se lancent dans la création d’une start-up. Ce modèle d’entreprise peut apporter de belles retombées et un potentiel de croissance intéressant s’ils trouvent un projet innovant susceptible de convaincre les partenaires financiers. Focus sur ce monde de start-up en général ainsi que son rôle dans la création d’emploi pour les jeunes diplômés en Tunisie.

Le terme start-up est composé du mot anglais « start » et de « up » qui signifient respectivement « démarrer » et l’adverbe indiquant un potentiel de croissance ou d’élévation. Ce modèle d’entreprise est présent dans de nombreux domaines tels que la santé, la numérique, l’informatique… Ce sont notamment des jeunes entreprises qui proposent des technologies innovantes provenant de l’étude et analyse de l’environnement et qui se démarquent par leur volonté de percer dans le domaine. Elles mettent en avant l ‘approche terrain, la prise d’initiative des collaborateurs ainsi que la flexibilité des horaires et du lieu de travail. Certaines de ces structures sont accompagnées par les incubateurs qui leur offrent de formation, de conseil et de moyens financiers. En Tunisie, ce label se réfère aux entreprises ayant moins de 8 ans d’existence, avec un effectif de moins de 100 salariés et un chiffre d’affaires inférieur à 30 MDT qui proposent un projet économique innovant.

Créer une start-up offre plusieurs avantages comme la possibilité de copier les concepts sur le marché et le développer à sa façon ainsi que la possibilité de ne pas monter un business plan. Ce type d’organisation peut aussi profiter d’une croissance rapide si l’entrepreneur arrive à franchir les contraintes habituelles rencontrées par ses concurrents. Les jeunes pousses en Tunisie bénéficient aussi des autres avantages comme la Bourse de startup, la prise en charge par l’Etat des charges patronales et salariales, l’exonération de l’impôt sur les sociétés pendant la période de la labellisation et de l’impôt sur la plus-value. Les entrepreneurs dans ces jeunes pousses profitent également d’un abattement fiscal, de Fonds de garantie pour les Startups à hauteur de 30% en cas de liquidation amiable. Ce Fonds de Garantie mis en place par le Startup Act incite les potentiels entrepreneurs à se lancer dans cette aventure. Parmi les avantages de la création de ce type d’organisation, on peut également mentionner la prise en charge par l’Etat des frais d’enregistrement des Brevets, l’augmentation du plafond de la Carte Technologique à 100 mille dinars /an, l’exemption de procédures d’homologation et de contrôle technique CERT & ANC à l’importation et la possibilité d’ouvrir et d’alimenter librement un compte spécial en devises en Tunisie.

Ce sont là quelques avantages octroyés aux entrepreneurs qui investissent dans ce modèle, mais il ne faut pas occulter que la majorité des jeunes pousses rencontrent un échec à court ou à long terme. Les causes en sont multiples : certaines foncent tête baissée dans l’aventure sans étudier le bon timing du projet, sans financement, ou sans une gestion efficace. D’autres ont mal estimés les difficultés qu’ils puissent rencontrer au cours du projet et n’arrivent plus à rebondir en cas de perte d’argent. En effet, comme il s’agit d’un projet nécessitant des frais pour la réalisation, la plupart des entrepreneures recourent à un prêt d’honneur. Les conséquences de leur aventure entrepreneuriale impactent par la suite sur leur vie familiale, financière, et professionnelle s’ils n’ont pas pu se constituer un capital de départ.

Cette aventure entrepreneuriale a donc ses atouts et ses inconvénients qu’il faut bien examiner sous toutes les coutures avant le lancement. En effet, elle permet de monter une entreprise avec les avantages fiscaux, les moyens limités et permet de voir croître la structure au fil des ans. Mais les financeurs sont peu motivés à investir dans ces jeunes pousses du fait qu’elles ne possèdent aucun business plan. De plus, peu sont les jeunes pousses qui ont réussi à pérenniser leurs activités au bout de 5 ou 7 ans. Pourtant, travailler dans les startups attire beaucoup de jeunes car ce type de structure favorise l’innovation, l’autonomie et la créativité des collaborateurs. La pression de la hiérarchie est peu tangible. Les salariés ne rendent pas souvent compte à personne. Ils doivent tout faire par eux-mêmes et il faut tout faire rapidement pour pouvoir avancer ensemble. Les profils polyvalents sont d’ailleurs fortement appréciés dans ce milieu surtout s’il s’agit d’une entreprise de marketing et du digital. Un employé polyvalent est censé pouvant passer d’un métier à l’autre, à titre d’exemple, il peut être à la fois graphiste, copywriter, référenceur, et social media manager.

Mais revenons-en au rôle des jeunes pousses dans la création d’emploi pour les jeunes diplômés. D’après la statistique fournie par l’IS, le taux de chômeurs diplômés en Tunisie affiche une légère baisse pour le troisième trimestre de l’année 2020. Le chiffre indique 281 mille chômeurs diplômés de l’enseignement supérieur contre 285.4 mille au deuxième trimestre de la même année. Mais pour le premier trimestre 2021, le taux de chômage est passé de 17,8 % contre 17,4 % pour le quatrième trimestre de l’année 2020. L’incompatibilité entre la demande et l’offre est à l’origine de ce fléau. Face à ce constat alarmant, créer une startup constitue une excellente idée pour offrir un CDD saisonnier, un CDI ou un emploi à temps partiel aux jeunes diplômés en fonction de leur compétence.

De plus, même si la taille de la population inactive est trop importante, et les postes manquants ne sont pas nombreux, les startups peuvent proposer des postes de cadre pour les diplômés de l’enseignement supérieur.

Une étude a démontré en effet qu’en moyenne, une jeune entité propose une dizaine de postes avec une présence féminine de 39 %. Les profils dominants des salariés sont les ingénieurs (46,6 % des recrutés), des spécialistes de business et des techniciens (31%). Les profils d’ingénieur sont très sollicités par les startups, pourtant, ces diplômés en ingéniorat ont moins du mal à trouver un emploi comparés aux autres chômeurs diplômés. Certains d’entre eux peuvent même rejeter une offre si la rémunération n’est pas à la hauteur de leur attente.

Dans un contexte de digitalisation accélérée de la société, les startups du domaine du digital peuvent ainsi atténuer ce problème même si elles ne sont pas un vivier d’emploi. Le numérique, le webmarketing, l’intelligence artificielle figurent d’ailleurs parmi les secteurs qui recrutent. Mais vu l’instabilité de leur structure, les offres d’emploi dans ces jeunes entités sont rarement des contrats de CDI mais des CDD renouvelables ou des postes temporaires. Les contrats à durée indéterminée sont proposés uniquement à certains profils pour les fidéliser. Pour que ces startups puissent fournir plus d’emplois et se transformer en petite et moyenne entreprises, elles doivent entrer en partenariat avec les grandes entreprises ou obtenir un financement plus conséquent.

Pour promouvoir l’esprit de l’entreprenariat chez les jeunes diplômés, il faut aussi augmenter le nombre d’enseignants et de formateurs expérimentés à l’université et associer l’enseignement au contexte national et social. La révision du système de soutien aux startups permet également d’inciter les jeunes entrepreneures dans cette aventure. Ces derniers devront recevoir un accompagnement pendant les premières étapes de la création d’entreprises jusqu’à ce qu’ils franchissent le seuil critique de développement de leur entreprise pour garantir leur survie à long terme.

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