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Emploi Tunisie : le secteur bancaire Tunisien

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L’apparition du premier établissement bancaire en Tunisie date déjà du 19e siècle, pour être précis de 1880. Il s’agit du « Crédit foncier d’Algérie et de Tunisie » . La BT, quant à elle, a vu le jour en 1884. Mais l’instauration de la STB en 1956 a contribué grandement à la prise en forme du système bancaire. Cette banque a pour vocation de développer l’économie du jeune Etat qui vient d’avoir son indépendance à l’époque. Les investisseurs étrangers quittaient alors le pays et le marché du crédit patinait. Retour sur l’évolution de ce secteur et les problèmes qu’il rencontre actuellement.
Aperçu sur le secteur bancaire tunisien des années 60 jusqu’à ce jour.
La banque centrale fut fondée aussi dans les années 60. C’est elle qui a décidé l’instauration du dinar tunisien comme monnaie dans le pays. A l’exemple dans tous les pays du monde, ses missions s’articulent autour de la veille sur la politique monétaire, l’encadrement de la circulation de la monnaie, le contrôle des organismes de crédit et la préservation de la sécurité du système de la finance. A son début, les banques n’octroyaient du crédit qu’aux fonctionnaires de l’Etat. Ce n’est que dans les années 1986-87 avec l’arrivée du plan du FMI qu’elles ont changé de tactique. Depuis, elles financent les ménages afin d’augmenter leur pouvoir d’achat. Mais cela a pour effet d’apparaître l’économie d’endettement. La libéralisation de la finance vers la fin des années 90 a permis de corriger le surendettement et a diminué la situation de monopole. Leurs métiers sont ainsi répartis en diverses catégories comme les banques commerciales, les offshore, les sociétés de factoring, les bureaux de banques étrangères, les banques de développement.

La liste des établissements financiers tunisiens

Le système financier tunisien englobe la banque centrale de Tunisie, une vingtaine de banques, 2 banques d’affaires, 8 banques offshore, 8 bureaux de banques étrangères et une dizaine de sociétés de factoring et de leasing. On dénombre actuellement 25 banques dont une dizaine est cotée sur la BVMT. Ces banques disposent d’un large réseau (plus de 1400 agences). Citons parmi elles : Amen, ATB, Attijari Bank, la Banque d’Albaraka et de Zitouna, BT, BIAT, BNA, BT, BTK, BTE, BTL, QNB, STB, UBCI etc. L’entrée des investisseurs étrangers dans le milieu a changé la structure des banques. Il y a d’abord les banques qui ont une forte action de l’Etat (BNA, STB et BH) ; il y a également celles gérées par les investisseurs privés (Amen,Biat, BT) et enfin on retrouve les banques avec des investisseurs étrangers (ATB, Attijari Bank, UBCI-BNP Paribas etc.). Ces banques octroient du crédit aux PME et la finance de l’Islam. Il y a également Zitouna banque ou la banque islamique qui dispose de 8 agences. Le taux de bancarisation affiche 47% en 2013. La prolifération de DAB et des GAB a également dynamisé le secteur. La disponibilité de ces distributeurs a fait doubler le nombre des titulaires de cartes bancaires de l’année 2005 à 2009. Dans cette liste de banque, 11 sont cotées sur la place boursière de la Tunisie. Parmi elles, on note la banque d’Etat STB qui finance notamment le secteur de tourisme et les petites et moyennes entreprises. Or le financement n’est pas rentable car plusieurs nombres de projets de tourisme n’ont pas abouti et n’ont pas remboursé leurs dettes. La fusion de la STB avec la BDET et la BNDT a permis le groupement de leurs compétences. BH et BNA font également partie des banques cotées. La première finançait l’acquisition de logement tandis que la BNA ne finançait à son début que le secteur agricole et la pêche. Par la suite, elle a diversifié ses activités dans ses agences. L’augmentation de ces derniers permet aux clients d’être mieux encadrés et d’obtenir une réponse rapide aux requêtes. Parmi les banques non cotées, citons l’ABC, la BFPME, la BTK, la BTL, la BTS, la City Bank, la STUSID bank, la banque Zitouna, la BFT et la QNB.
Dans les années 2010, les banques cotées accaparaient à titre d’exemple 92,5 % du secteur bancaire tunisien. Ce qui représente un taux de croissance moyen de 13 % environ par an. En termes de dépôt, la BIAT était leader en 2009 avec un taux de croissance annuel autour de 15 %. Le taux de distribution s’est également stabilisé au fil des années afin de se prémunir contre le risque d’assèchement de fonds du système financier. Le ratio de solvabilité présente au minimum 8 % du crédit demandé afin de pallier l’éventuel non-paiement de l’emprunteur. Pour STB et UIB, ce ratio est de 9 % environ. Mais pour la BT, son ratio affiche un taux supérieur de 20 %. En revanche, la banque propose un montant de crédit bien supérieur à ses concurrents.
Depuis 2010, les banques tunisiennes ont adopté une nouvelle orientation. Elles visent à améliorer la qualité de vie de la population en augmentant les crédits octroyés. La grande majorité des crédits sont alloués au secteur privé et aux professionnels (commerce, immobilier, tourisme). La BH figure en leader d’octroi de crédits avec leurs propositions de crédits qu’on peut rembourser sur du long terme. En ce qui concerne le taux de créances, celui de la BT est le mois élevé du secteur (8 % dans les années 2010). Ce qui n’est pas le cas pour la STB et l’UIB qui affichait 20 % des créances classées dans le même période. Mais la première a l’avantage d’avoir un vaste portefeuille de clients. Mais les problèmes politiques ont impacté sur le secteur. On a enregistré alors de fuites d’argent, d’insolvabilité des emprunteurs, recul de l’investissement étranger etc. Les banques d’état sont les plus concernées par le classement et provisionnement de créances classées. Seuls Amen et Attajari Bank ont pu faire face aux risques de taux. Certaines banques devraient également affronter les engagements en faveur des deux familles du régime déchu. La situation économique mondiale des années 2010 (la récession de la zone Euro) a aussi pour effet le ralentissement de l’activité de l’économie en 2013. La même année, on constate une détérioration des échanges commerciaux de 11 808 MDT contre -8604 MDT en 2011. Ce qui a provoqué le déficit de balance des paiements courants de 8,3 % du PIB en 2013 contre 7,3 %en 2011. Dans la vie au quotidien, cela impacte sur le prix des produits alimentaires qui a connu également une hausse. Les crédits non solvables sont les principales causes de la vulnérabilité de la banque de Tunisie. Ils atteignent 13,5 % en 2012 qui est assez conséquent comparé aux normes à l’international. A la fin des années 2012, le taux des créances non productives des banques étatiques affiche dans les environs de 17 % en 2012 contre 10,6 % pour les banques privées.

Pour conclure

Le surendettement du secteur bancaire, le sous-financement des petites et moyennes entreprises, la faiblesse de la gouvernance, la limitation de l’octroi de crédits (le plafond de taux d’intérêt imposé par la banque centrale), la hausse de dettes bancaires impayées sont des problèmes à résoudre pour les banques tunisiennes. A cela s’ajoute le manque de modernisation et d’information (inexistence de bureaux qui collectent les incidents de paiement. Et enfin, pour redresser la situation, les banques publiques nécessitent également une réforme de leur système d’octroi de crédits.

 

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