Les zones industrielles permettent d’apporter un nouveau souffle à l’économie d’un pays tout en améliorant le développement régional et le niveau de vie des foyers dans les zones sensibles. Depuis la dernière décennie, le concept gagne du terrain dans le continent africain surtout avec la libéralisation économique et les avantages fiscaux. Ces implantations permettent aussi de réduire le taux de chômage élevé des jeunes sans diplômes. Dans cet article, nous allons faire un tour d’horizon sur les zones industrielles en Tunisie ainsi que le rôle de ces structures dans l’allègement du chômage.
La zone industrielle se définit comme un terrain nu de milliers de m2 à des centaines ou des milliers d’ha sur lequel sont regroupés des bâtiments, des installations industrielles, des entrepôts et des entreprises dans différentes activités économiques. La plupart cible les secteurs comme l’agriculture, la manufacture, l’industrie textile etc. Pour pouvoir devenir une ZI, le terrain doit être viabilisé avec des équipements primaires comme l’éclairage public, l’eau potable, l’assainissement des eaux usées et des équipements secondaires et tertiaires comme les espaces de loisirs, la restauration, l’existence d’une banque dans l’enceinte… Ces infrastructures peuvent être loués ou vendus à des agents économiques.
En Tunisie, on recense actuellement 152 zones industrielles réparties dans toutes les régions. Parmi ces ZI, on peut citer entre autres :
La ZIde la Mghira s’étendant sur une superficie de 20 ha. On y retrouve un parc aéronautique, ainsi que la zone offshoring.
La Zone industrielle Charguia 1 situé à Tunis sur un terrain de 6,38km avec des sociétés de confection, des sociétés d’entretien de voitures, des entrepôts. ..
La Zone industrielle Charguia 2, quant à elle regroupe une centaine d’entreprises dans le secteur maroquinerie, TIC, système de sécurité antivol et surveillance, emballage et distribution, société fabricant de plastique et composites, des agences immobilières etc.
Dans la Zone industrielle Ennfidha , on retrouve aussi des entreprises œuvrant dans divers domaine comme le textile, l’électronique, mécanique mais aussi des sociétés de fabrication du plastique, de carton etc.
La zone industrielle Jbel el oust au nord-ouest du pays qui accueille des entreprises fabricant des tubes PVC, de marbre, de chaussures, de films en plastique…
La zone industrielle Menzel Jmil où l’on peut aussi retrouver des usines de transformation et de recyclage ainsi que des entreprises dans le secteur agroalimentaire.
La Zone industrielle de Beja, quant à elle, regroupe des entreprises dans la fabrication de cuirs et chaussures, des industries chimiques…
Ces différentes zones industrielles permettent non seulement d’attirer les avantages fiscaux mais aussi de créer des emplois tout en favorisant le transfert de technologies. En Tunisie, les entreprises dans ces zones économiques aménagées bénéficient aussi des avantages fiscaux intéressants comme l’exonération de l’impôt sur les sociétés (IS)et l’impôt sur le revenu des personnes physiques pendant les 10 premières années d’exercice ainsi que l’abattement de 50 % des bénéfices pendant les 10 années suivantes. Ces entreprises industrielles peuvent également profiter d’une déduction totale des revenus dans la souscription du capital initial. Elles sont aussi exonérées de la contribution au FOPROLIS pendant les 5 premières années du lancement de la structure.
A ces avantages s’ajoutent d’autres avantages financiers comme le prime d’investissement s’échelonnant entre 25 % à 30 %. Pour les services liés aux loisirs et 8 % pour les services liés à la culture, l’Etat octroie 15% du coût de projet hors prix du terrain
L’Etat propose aussi une prise en charge de la CNSS pendant les 5 premières années d’exercice et une prime au titre de la participation aux frais d’infrastructures liés à la concrétisation du projet. L’investissement en Tunisie offre également des avantages comme la liberté de transférer librement les bénéfices, l’assurance d’un financier stable, la compétence d’une main-d’œuvre qualifiée ainsi qu’un système de financement dynamique.
Les nombreuses zones industrielles porteuses d’atouts économiques en Tunisie peuvent ainsi profiter de l’internationalisation de l’économie, et du cadre fiscal et juridique intéressant. Certes, ces implantations sont confrontées à des investissements lourds comme les problèmes d’accès dans les terrains à forte demande, les opérations d’aménagement des accès, la construction des parkings, des réseaux d’eau potable, des réseaux d’assainissement et de fibre optique en plus de la construction des mobiliers… Mais étant donné que la création des industries et des pôles technologiques est inséparable avec une vision de développement durable, l’Etat continue toujours à créer des ZI. En effet, outre le fait de contribuer au développement des zones et de booster la décentralisation, l’implantation de ces industries dans le Grand Tunis, sur le littoral et dans les autres régions permet de réduire le taux du chômage dans le pays.
Notons au passage que le taux de chômage est passé de 17,8 % au premier trimestre de cette année 2021 contre 17,4 % pour le dernier trimestre de l’année dernière. La jeunesse tunisienne est la plus affectée par le chômage. Le taux de chômage frôle 40 à 41 % parmi les jeunes. Ces derniers souffrent aussi de disparités régionales et d’exclusion économique. Les chômeurs sont constitués des diplômés universitaires et des jeunes non-diplômés.
Les zones industrielles proposent justement des opportunités à des jeunes sans diplômes de décrocher un poste d’ouvrier ou de main-d’œuvre dans ces industries manufacturières. Le recrutement des ouvriers de production n’exige pas souvent des qualifications ni de diplômes même si l’offre d’emploi indique un diplôme de niveau CAP ou BEP. En effet, l’équipe dirigeante tient souvent compte des autres qualités comme la capacité d’évolution, les compétences techniques ou les expériences. Ces industries sont susceptibles de générer plusieurs milliers d’emplois pour les ouvriers non qualifiés. Les industries mécaniques, de formage de métal, de la chimie et de la pharmacie quant à elles, proposent souvent de contrats à durée indéterminée aux opérateurs de fabrication qualifiés. Mais ces jeunes peuvent être aussi formés au moment de leur intégration dans l’entreprise. Les plus chanceux d’entre eux peuvent profiter d’une mobilité professionnelle ou d’un stage à l’étranger. Les recruteurs peuvent demander des diplômes comme le bac pro technicien en chaudronnerie ou bac pro en électricité-électronique pour les techniciens et agents de maîtrise. Les ZI constituent ainsi un vivier potentiel de main-d’œuvre dans différentes sortes d’activités.
Les industries manufacturières se rénovent aussi continuellement et sont à la recherche des experts en sécurité informatique, des techniciens de maintenance, de préparateur en pharmacie ou d’ingénieur en construction automobile, aéronautique etc. Ces compétences sont très recherchées dans ces structures. Les chômeurs ayant un niveau supérieur et les maîtrisards peuvent postuler pour ces postes s’ils collent à leur compétence. Notons que le taux de chômage global des techniciens supérieur est assez alarmant. Les plus durement affectées sont les filières de gestion et commerce, comptabilité, sciences humaines, droit, math-physique, chimie, finance… Une grande partie de ces chômeurs diplômés se trouvent à Kébil (21%). Nabeul, Sfax, Gafsa, et Tatouine enregistrent quant à eux 10% environ chacun des chômeurs diplômés.
Ces diplômés en situation d’inactivité professionnelle peuvent parcourir les différentes offres d’emploi de cadres et d’employés qualifiés dans les ZI sur notre portail de petites annonces. Certaines de ces entreprises se positionnent sur des activités à forte valeur ajoutée. Ce qui permet une mobilité professionnelle verticale ou géographique et une amélioration du niveau social du postulant.