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Emploi Tunisie: les métiers de l’artisanat évoluent au rythme des nouvelles technologies

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L’ industrialisation et les nouvelles technologies ont un impact indéniable sur la plupart des filières économiques du pays. Certains métiers sont ainsi voués à disparaître, d’autres doivent s’adapter à l’évolution ou subsister en s’accrochant à la tradition. Les métiers artisanaux figurent parmi les gagne-pain qui doivent concurrencer l’industrie moderne tunisienne. Dans cette étude, nous allons essayer de voir les problématiques de cette filière.

L’artisanat tunisien

L’artisanat est une technique de production des objets artisanaux en petite quantité. Le travail se fait à la main. En général, l’artisan travaille pour son compte ou des apprentis lui viennent en aide. Ces professionnels sont rares dans les pays développés, parce que les industries remplacent leur travail. Ce qui n’est pas le cas en Tunisie. Nombreux sont les métiers dans ce secteur dans le pays. D’ailleurs un dixième de la population en fait leur activité. Plus d’une centaine sont recensés. Cela englobe les métiers de construction du bâtiment, les métiers artistiques et culinaires, l’ameublement, la mode, les spécialiste de bois, de cuir, des chaussures, les tisseurs etc. En fait, ils sont découpés en trois catégories : les activités artisanales utilitaires, artistiques et les artisans prestataires de service. Les artisanaux sont des villageois qui font l’art leur moyen d’expression ou des gens semi-nomades qui sont en quête d’un gagne-pain pour survivre. Ce qui n’empêche pas certains arts de s’adapter aux besoins technologiques et aux influences extérieurs. Tels sont par exemple le travail du textile, du cuir, des métaux. Or, de l’autre côté, la poterie, la forgerie ou la vannerie restent fidèles aux anciennes normes artistiques. Les métiers comme l’armurier, l’artisan de soie, le peintre à la feuille d’or, le sellier ont par ailleurs du mal à s’adapter à la concurrence. Ils sont voués à disparaître dans le milieu urbain.  

Les activités artisanales de la ville respectent une organisation corporative stricte dotée d’une hiérarchie professionnelle. L’amine joue le rôle de médiateur entre les pouvoirs publics et les corps du métier. Dans les grandes villes, les souks sont occupés par les activités des corps du métier. Autrefois, on retrouvait un nombre important de corporations dans les souks tunisiens. Les uns se chargeaient de travail militaire, les autres cousaient les habits des gens, d’autres faisaient la sculpture sur marbre l’étage entourant le patio ou les galeries colonnes. Quelques-uns peignaient les décors et s’occupaient de boiseries et la pose de porte grillagée ou des pavements des murs etc. La construction des bâtisses mettaient en œuvre tout un tas d’artisans. Mais de nos jours, les choses ont évolué. Au niveau de la cité ou des campagnes, on ne retrouve plus beaucoup de branches de l’artisanat d’un caractère très marqué. Kalaline à Tunis avait une bonne réputation pour ses carreaux et ses poteries décorées tandis que Djerba était reconnu pour ses grandes jarres. Les artisans qui confectionnaient les ornementations comme le tapis, la peinture, les couvertures, les nattes etc. arrivaient à subvenir à leurs besoins avec le fruit de leur activité. Mais l’industrialisation a changé la donne. Certains artisans ont maintenant du mal à écouler leurs marchandises. Ils se trouvent ainsi sans travail, en augmentant le nombre des sans-emplois du pays.

 Les enjeux des métiers artisanaux du pays

Malgré cela, certains métiers artisanaux comme la boulangerie, le tailleur, le tapissier etc. sont quand même en plein essor. Et on doit en partie ce développement à l’effort du gouvernement dans la pérennisation de ces activités. Malgré cela, il existe toujours des problèmes majeurs de manque de main-d’œuvre, du coût des matières premières et la commercialisation des produits. En effet, la recherche des débouchés des produits s’ajoute au problème du coût assez conséquent de certaines matières premières. Ce qui constitue déjà un critère de sélection dans la quête de clients. Sans oublier le budget nécessaire à la location d’un stand lors d’un salon d’exposition-vente par exemple. Il y a également le fait que les artisans ne peuvent pas avoir accès au marché d’exportation direct comme les industries textile ou cuir dans le pays. Ils ne peuvent pas non plus se voir octroyer un prêt bancaire dans la plupart de cas à cause de leur situation précaire. C’est parce que leur commerce n’est pas réellement rentable pour pouvoir endosser le remboursement de crédits avec des investissements coûteux comme la location d’une surface de vente par exemple. Ils ne trouvent pas aussi de caution qui peuvent les garantir leur prêt. Tout cela constitue un empêchement au décollage de leur entreprise pour devenir un PME. L’autre point important qui pèche dans ce secteur, c’est également l’absence de compétence en gestion. En général, les artisans qui débutent une activité avec leur fond propre ont tendance à tout occuper de leur gestion de finance, comptabilité et administration de l’entreprise. Or, une aide qualifiée peut l’aider à gérer sa société tout en lui fournissant de conseils utiles pour le marketing.

Face à tous ses problèmes, on peut dire que l’activité artisanale en Tunisie doit affronter de nombreux défis. En premier lieu, l’artisan devra adapter ses produits en fonction des besoins du marché, tout en conservant l’inspiration initiale. De ce fait, il devra retourner aux arts populaires tout en leur permettant d’évoluer afin d’attirer plus de clientèle. D’où la nécessité de concevoir des maquettes d’objets et de faire de dessins. Un contrôle qualité des travaux finis et ceux en cours s’avère également nécessaire. Deuxièmement, il leur faut trouver du fonds pour pouvoir moderniser ou étendre leur activité. Ce qui n’est pas chose facile comme on l’a déjà dit plus haut. En effet, la grande part dans le problème des artisans tunisiens est la recherche de financement et de commercialisation. Le moyen possible pour y remédier serait les échanges entre les professionnels du métier et le réseau de coopérative artisanale. Pour améliorer son fonctionnement, il faudrait mettre en place un assainissement du réseau. On peut également envisager la formation des artisans. Cela leur est bénéfique afin qu’ils puissent apprendre à gérer leur petite entreprise et adopte une stratégie commerciale pertinente pour leur survie. Car pour les uns, ils cherchent à se reconvertir dans d’autres activités. Tandis que pour les autres, ils veulent résister coûte que coûte à la concurrence industrielle et aux problèmes du marché. Cela parce que leur travail artisanal est leur gagne-pain mais aussi parce que cela les passionne. Or entre ces deux prises de position, l’artisan devrait revoir les évolutions technologiques, économiques et sociales afin de proposer des produits qui répondent aux attentes des consommateurs.

Dans tous les cas, il convient de donner une formation pour le développement de l’activité artisanale à cette tranche de la population. Cela leur aide à affronter la concurrence. Il s’agit d’un accompagnement technique qui leur permet par la suite d’allier efficacement leur sens créatif avec la bonne gestion et l’esprit marketing. Cette formation fournit également de l’aide aux artisans car ces derniers pourront proposer des prix justifiés qui leur apporte plus de bénéfices.

En conclusion

Le secteur artisanal affiche un déclin par rapport aux siècles passés. Cela est dû aux évolutions économiques, industrielles, et sociales du pays. Néanmoins, la filière artisanale occupe toujours une place importante dans l’économie de la Tunisie. Une adaptation des différents métiers artisanaux aux besoins actuels des consommateurs ainsi que les financements alternatifs et les formations aux artisans permettent d’améliorer le rendement et de pérenniser leur activité.

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