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Les TPE PME créatrices d'emploi en Tunisie

Les TPE PME créatrices d'emploi en Tunisie

 

 

Les problèmes de chômage en Tunisie sont causés par l’inadaptation de l’offre avec la main-d’œuvre et la qualification des chercheurs d’emplois. Malgré cela, l’accès à l’emploi est facilité par la prolifération des TPE et PME dans le pays. Ces petites entreprises constituent un moyen permettant aux diplômés universitaires de s’imposer dans le milieu professionnel. Elles apportent également leur contribution dans la réduction du gap croissant entre le nombre de chômeurs et le nombre des travailleurs en poste. En effet, les grandes entreprises qui produisent une croissance économique et qui peuvent créer beaucoup d’emplois pour les diplômés supérieurs sont les véritables créatrices d’emploi. Mais ces TPE et PME méritent aussi l’attention car elles constituent un moteur de création d’emplois puissant. Dans cet article, nous allons faire un tour d’horizon sur ces petites structures qui jouent un rôle non négligeable dans la réduction du taux de chômage.

C’est quoi un TPE et un PME ?

Les gens confondent quelquefois ces deux termes qui n’ont pas en fait beaucoup de choses en commun. Le TPE signifie très petite entreprise. Cette appellation englobe toutes les structures qui affichent au maximum 10 salariés. En outre, leur chiffre d’affaires et leur bilan annuel ne doit pas excéder deux millions d’euros. En règle générale, il s’agit d’une entreprise individuelle qu’on nomme également par micro-entreprise. Les travailleurs non salariés comme les professions libérales, les négociants, les artisans font partie de ces TPE. Cette structure se démarque par son budget de démarrage qui n’exige pas un fond de lancement conséquent ni des ressources humaines.

 Par contre, le PME ou petite et moyenne entreprise se distingue par sa taille. Le premier comprend les entreprises dont le nombre de salariés se situe entre 10 et 50 et dont le bilan annuel n’est pas supérieur à 10 millions d’euros annuel. Tandis que les « moyennes entreprises» sont celles ayant un effectif de 50 à 250 salariés et dont le chiffre d’affaires par an ne dépasse pas 50 millions d’euros. En Tunisie, l’INS qualifie une PME une entreprise employant 6 à 199 salariés. Au-delà de ce nombre de salariés, on qualifie la structure par grande entreprise. La réactivité, la flexibilité et la compétitivité caractérisent ces petites et moyennes structures. Leur développement dépend de l’environnement (client, fournisseur et concurrents), de l’organisation et des caractères de gestion et de management. Il n’est pas ainsi rare qu’une PME se lance dans un projet de sous-traitance d’une importante société multinationale.

La croissance des petites et moyennes entreprises en Tunisie

Le développement du commerce international, la propagation de fibre optique ont changé la donne dans le pays. Ainsi depuis deux décennies, les petites et moyennes entreprises ont connu une forte croissance, comparée aux grandes entreprises. Pourtant, on enregistre un développement lent de nombreuses PME si on se réfère au taux de croissance global dans le pays. Les trajectoires de croissance montrent que la croissance et la productivité sont surtout dues à un petit groupe d’entreprisse qui sont plus performantes que les autres. Les entrepreneurs dans ces structures sont des individualistes qui prennent des risques et en tirent des leçons à travers les activités de l’entreprise. Le développement de leur activité dépend entre autres de l’existence d’opportunités, de la filière ou la typologie de l’entreprise, de la crise économique, de la coopération entre les petites structures, de financement et de leur présence dans les réseaux sociaux. Les petites et moyennes entreprises qui jouissent d’un taux de croissance élevé sont celles qui savent profiter d’opportunités commerciales juteuses tout en disposant d’une réelle performance dans le secteur. Evidemment, les caractéristiques du dirigeant de l’entreprise est aussi en étroite relation avec le développement de la structure. Ce qui fait que seule une petite poignée d’entreprises arrivent à tirer partie des occasions commerciales.

Parmi les entreprises PME florissantes en Tunisie, on peut citer les sociétés offshore. Il s’agit des sociétés étrangères qui font leur activité dans le pays. Elles bénéficient ainsi des nombreux avantages fiscaux (revenus obtenus en Tunisie non imposables, absence de TVA pour les règlements de l’étranger et les achats dans le pays…). La création de ces sociétés est à la portée des entrepreneurs, des consultants et tous ceux qui souhaitent démarrer une activité commerciale. Il suffit seulement de disposer d’un capital de 500 euros et la société sera enregistrée dans 3 jours. Même une seule personne peut constituer la TPE. Parmi les avantages de ces sociétés délocalisées, on retient l’accord de non double imposition entre la Tunisie et les pays de l’Europe et ceux du Maghreb, 0% d’impôts sur les bénéficies pour les PME dans l’industrie pendant 5 ans. Il y a également l’absence de charge sociale pour le gérant non salarié, l’absence de plafond concernant les transactions vers l’étranger, la franchise de douane pour l’importation d’une voiture personnelle ou des mobiliers de maison… L’import/export, le trading, les call-centers, l’hébergement site web, l’externalisation des services de comptabilité, les industries manufacturières etc. sont les activités des « moyennes entreprises » dans ce type d’offshoring..

Face à ces divers avantages, nombreux sont les sociétés exportatrices qui ont choisi d’externaliser ou de délocaliser leur activité dans le pays. Citons entre autres les industries de textile et habillement (chaussures, lingeries etc), les constructeurs de voitures, les fabricants de produits informatiques et électroniques etc. Ces entreprises emploient de nombreux salariés et font vivre de milliers de foyers. A titre d’exemple, les TPE/ PME industrie de textile et d’habillement sont au nombre de 14 800 environ en 2012 et 17200 environ fin 2016. Le nombre des industries chimiques et pharmaceutiques a connu aussi une hausse : 1750 en 2012 et 2200 en 2016. Quant aux micro-entreprises dans le transport : on dénombre 9250 en 2012 et 10 770 en 2016. En fait, la plupart des filières de PME sont touchées par cette croissance des entreprises : agriculture et pêche, industrie alimentaire et boissons, industries de fabrication de bois et en liège, fabricants de produits métalliques et de produits informatiques, réparateurs voitures et motocycles, agences immobilières, information et communication etc. La liste est non exhaustive. Malgré cette croissance des petites et moyennes entreprises, on observe un signe d’essoufflement du secteur privé des PME tunisiens. Cela est dû en partie à la conjoncture économique.

 Les problèmes rencontrés par les TPE/PME en Tunisie

Ainsi, en dépit de l’évolution des petites et moyennes entreprises en Tunisie, beaucoup de ces moyennes et micro entreprises sont confrontées à des problèmes majeurs. En premier lieu, il y a la difficulté d’accès à des sources de financement lors d’une extension de société ou dès l’obtention du fonds de roulement. Ce problème concerne notamment certaines régions. Ainsi, une enquête réalisée en 2015 a montré que 61 % des chefs d’entreprises PME ne sont pas satisfaits des lois et des conditions de financement bancaires. Outre ce côté financier, il y a également les problèmes de gouvernance, le business plan inapproprié, la mauvaise gestion de l’entreprise. A cela s’ajoutent l’image et la notoriété de la structure. La moitié des personnes enquêtées pensent que le coût du crédit bancaire est trop élevé et 47 % d’entre eux trouvent un défaut de souplesse dans les prestations bancaires. Enfin, les dirigeants de petites et moyennes entreprises sont également confrontés à des problèmes de corruption au niveau des procédures administratives, juridiques ou fiscales ainsi que des problèmes de sécurité etc. Pour espérer un essor fulgurant du secteur, le gouvernement et les entrepreneurs devront ainsi régler ces barrages au développement.