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Après deux ans de Covid, le retour des affaires



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La pandémie a beaucoup fragilisé l’économie tunisienne.  Le choc économique est social était immense à tel point que le gouvernement a donné une enveloppe de 3 milliards de dinars pour accompagner les ménages, les entreprises et les sociétés fortement impactés par la crise sanitaire. Deux ans après, au fur et à mesure que l’épidémie se dissipe, l’économie tunisienne entre dans une phase de reprise de croissance marquée notamment par le retour des touristes. Zoom sur la situation touristique de la Tunisie après l’accalmie de Covid.

La Tunisie figure parmi la cinquième destination prisée des Français en 2022. Or, le tourisme était le secteur le plus impacté par la crise avec une baisse de 23 % de son chiffre d’affaires et une perte de 70 % de ses recettes. En 2019, ce secteur représentait en effet 14 % du PIB du pays, soit près de 300 000 emplois. Ce qui constitue 11 % de la population active. Or, on a recensé 9 millions de touristes la même année, dont 1 million des Français. L’été 2021 a été le plus dur, les hôtels et restaurants étaient dans un état d’épuisement même si le pays n’était pas très ravagé par la crise. L’économie touristique a redémarrée depuis le début de l’année. Selon les statistiques, on enregistre près d’un million de touristes de différentes nationalités en visite dans le pays depuis le début du janvier 2022 jusqu’au mois d’avril 2022. Comparé au nombre de visiteurs à la même  période de 2021, ce chiffre affiche une augmentation de 128 % et une chute de 49 % comparé à la période 2019.  En conséquence, les recettes du tourisme affichent aussi une hausse de 47 % pour atteindre 659 millions de dinars, mais ce montant connait encore une baisse de 42 % comparé à la même période de 2019.

En ce qui concerne les nuitées touristiques, elles sont également en décroissance de 50 % si on les compare à la même période de 2019 et en augmentation de 108 % comparé à 2022. Il faut dire que le tourisme est l’un des piliers de l’économie tunisienne. Il constitue une source de devise importante pour le pays (la troisième après le textile, les industries mécaniques et électriques). La présence des touristes est essentielle pour le pays. Déserté par les mesures de confinement et la crise, la Tunisie affiche un déficit budgétaire immense dû à la stagnation du secteur touristique. A titre d’exemple, seuls 20 hôtels sur 118 hôtels ont pu ouvrir leur porte à Hammamet. La phase de confinement a cependant son point positif. Les Tunisiens obligés de rester à la maison ou dans leur région sont obligés de s’intéresser au patrimoine tunisien et aux sites touristiques du pays. Après la crise, le beau jour est enfin revenu. Le pays mise désormais sur l’écotourisme pour attirer les étrangers. Parmi les itinéraires mis au point par les agences, on peut citer par exemple, celui de la découverte du parc national d’Ichkeul dans le nord du pays.

Pour séduire les Français et les autres pays européens, la Tunisie rendent les conditions d’entrée au pays plus faciles. Cela afin d’avoir une année plus prometteuse en termes de recettes touristiques et du nombre de touristes visitant la Tunisie. C’est ce qu’a dit le ministre du tourisme tunisien Moez Belhassine au site spécialisé l’Echo touristique.

Pour ce qui en est du nombre de Français venant visiter le pays, ils ont augmenté de 25 % sur un an mais leur nombre est en recul de 40 % comparé au 2019. Or, le pays vise à atteindre 50 % à 60 % des chiffres du 2019 et recevoir plus de 500 000 français. On se demande si la Tunisie est en mesure d’atteindre cet objectif de retour des touristes étrangers, car il existe encore des facteurs qui pourraient entraver la croissance du secteur.

Nombreux sont les entraves à la croissance du tourisme tunisien. En Tunisie, l’hôtel balnéaire de la masse a connu un développement spectaculaire. Mais l’endettement des hôteliers et les mesures sécuritaires et sanitaires de covid ont beaucoup fragilisé les hôtels. Les hôteliers disposent d’une capacité de 240 000 lits, mais seuls 150 000 sont exploités. Des établissements sont fermés depuis 2011, d’autres depuis la crise sanitaire. Et le programme de rénovation tarde à se réaliser à cause des changements politiques. En outre, l’offre touristique de la Tunisie n’est pas adaptée aux besoins en perpétuelle évolution des touristes internationaux. Au fil du temps, le pays s’est attaché une image de « low cost » et de connotation négative à cause des actes des terroristes et de l’instabilité politique.  A l’ampleur de la crise s’ajoute la cherté des billets d’avion au départ de l’Hexagone, selon le propos du média l’Echo touristique. Le média met l’explosion des prix des vols sur le compte de la limitation de capacité des vols. A cause du déséquilibre entre la forte demande et la capacité limitée selon le directeur du Seto, il y a une hausse du prix des vols à 800 euros pour  Paris-Djerba.

Djerba est une destination prisée des touristes étrangers et tunisiens. Avant covid, les offres à prix bradés la rendaient attractive aux touristes. Mais depuis ces derniers mois, elle fait l’objet de modernisation et de diversification de produits. Ce qui la rend peu accessible pour les touristes français avec un budget assez limité. Ils préfèrent alors choisir une autre destination, la  Maroc, qui constitue le concurrent principal de la Tunisie dans la région.

Quoi qu’il en soit, la page du coronavirus est tournée. La reprise des vols se fait normalement, sans interruption. Les touristes reprennent leurs circuits habituels et les réservations ne cessent d’accroître. La Tunisie n ‘est pas le seul pays concerné par cette reprise d’activité touristique. Les autres destinations comme l’Algérie, la Lybie, le Maroc, et évidemment l’Asie affichent aussi une certaine dynamique. Même si pour les pays asiatiques, le tourisme  dans cette zone dépend largement de la situation de la guerre entre l’Ukraïne et la Russie. Cependant, la Tunisie ne cesse de lancer des promotions pour attirer les touristes des pays asiatiques  (Japon, Asie, Chine), et ceux de la Russie. Notons que la Russie constituait le deuxième marché européen en Tunisie après la France avec 900 000 touristes. Mais la guerre russo-ukraïnienne risque d’avoir de répercussions sur le nombre de visiteurs en Tunisie.

Pour ce qui en est du tourisme local, les chiffres révèlent également une croissance assez significative avec une occupation des hôtels de l’ordre de 50 % des nuitées pour les 2 dernières années. Pour bien préparer la saison estivale 2022, les hôtels dans la zone touristique Dzerba-Zarzis réouvrent leurs portes a indiqué le commissaire général du tourisme à Médenine à l’agence TAP. Entre mois du mars à mois de mai, on a enregistré ainsi une réouverture de 16 hôtels ayant une capacité de 11 500 lits. Il a aussi indiqué que cette réouverture se passe en même temps que le retour de la destination Dzerba-Zarzis avec l’arrivée de deux vols de la ville de Prague et le retour du marché belge, des marchés polonais et italien.

 

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