La 22ème édition de la Coupe de monde de la Fifa se déroulera à Qatar du 21 novembre au 18 décembre 2022. Ce pays a une longue histoire car il est le siège notable de l’empire Ottoman avant la première guerre mondiale et de britanniques après la guerre. On y a d’ailleurs découvert du pétrole en 1939. Ce qui a permis de propulser l’économie du pays. Choisi comme pays d’accueil de la coupe du monde, Qatar fait cependant l’objet des allégations de corruption et de vives critiques pour les conditions de travail des étrangers qui y travaillent pour la préparation du coupe de monde ainsi que les agents de sécurité. Décryptage.
Le Qatar est un pays indépendant depuis 1971 et depuis l’accession au pouvoir de la famille royale Al-Thani. La découverte de pétrole en 1939 a fait profiter les britanniques mais aussi le pays. L’exploitation de pétrole a favorisé la prospérité et les progrès sociaux et le début de l’ère moderne de ce petit pays. La découverte d’un énorme champ de gaz naturel en 1971 a permis également de transformer ce pays à peine plus grand que la Corse en un pays indépendant et plus développé. Le PIB par habitant de la population excède 100 000 dollars. Ce qui lui fait l’un des pays les plus riches du monde. Le pétrole et le gaz naturel sont les sources de richesses de l’économie du pays. Actuellement, il se trouve au sommet de la production de GNL et possède de nombreuses structures comme Qatar Airways, Qatar Foundation, QNB etc. Ce qui lui a permis de devenir l’hôte de la coupe du monde.
La coupe du monde qui se tiendra à Qatar du courant de 21 novembre au 18 décembre est la première organisée dans les pays arabes et la deuxième organisée en Asie. C’est aussi le premier tournoi à ne pas prendre place en mois de mai, juin ou juillet à cause de à cause de la chaleur d’été dans le pays. Le premier match se jouera entre le Sénégal et le Pays-bas à Doha tandis que la finale se tiendrait le 18 décembre, qui est aussi la fête nationale du pays.
Pour la première fois de l’histoire de la coupe de monde de la FIFA, Qatar sera l’hôte de ce moment de grande excitation. Mais pour permettre le bon déroulement de cette épreuve suprême du football mondial, le pays a dû entreprendre de gros travaux de construction. 2 millions d’hommes et de femmes africains et asiatiques construisent des stades, des routes, des métros. Ils prennent aussi en charge l’accueil des touristes et amateurs de ballons ronds dans les hôtels et assurent la sécurité des tournois. Le pays recrute en effet, de centaines de postes de réservation et de billetterie afin de bien accueillir le public et d’assurer une bonne gestion des réservations. Ces profils doivent avoir des connaissances en informatique, en lois applicables en matière de santé et de sécurité de personnel au travail tout en étant polyvalents. Il recrute également des superviseurs de magasins et de boutiques de vente et des gérants de boutique.
Ce sont des emplois saisonniers avec un CDD de 9 mois et la possibilité d’une prolongation si besoin est. L’entreprise prend en charge les billets d’avion, le logement et l’avion. La rémunération s’échelonne entre 8750 à 13 750 DHS selon le poste. Le postulant doit avoir au moins un baccalauréat ou un diplôme de formation professionnelle, un bon niveau en anglais et une expérience dans le poste recherché. Les recruteurs ont besoin d’un dossier de candidature comprenant un CV détaillé en anglais avec photo, une copie de la CIN, des copies de diplômes et de pièces justificatives de l’expérience. Ces demandes d’emploi peuvent être déposées auprès de l’agence ANAPEC la plus proche en indiquant le poste pour lequel on souhaite postuler.
Mais depuis que ce petit pays a obtenu le droit de devenir l’hôte de la coupe du monde, on a pu entendre des réclamations des salaires non payés, des pratiques abusives comme les heures de travail excessives et des travaux forcés. Des salariés des sociétés privées au Qatar ont dénoncé les conditions de travail dans ces entreprises à l’ONG Amnesty International. En effet, certains d’entre eux travaillent 12 h/ jour, 7 jour sur 7 sous un soleil accablant et sans eau potable. C’est ce qu’ils appellent travailler dans des conditions relevant de travaux forcés dans le cadre des projets liés à la coupe du monde 2022. Ces travailleurs migrants sont surtout exposés au système Qatari de la « kafala », un système d’emploi basé sur le parrainage qui lie les employés d’une façon légale à leurs employeurs. Or, ce système empêchait les travailleurs de changer d’emploi ou même de quitter le pays sans obtenir l’autorisation de leur employeur. Les travailleurs dénonçaient également d’autres abus comme l’interdiction de syndicat, le retard de paiement de salaire, l’impossibilité de faire appliquer le droit du travail ou de pénaliser les employeurs qui pratiquent des abus envers leurs employés. Les employés de maison sont aussi victimes d’abus graves des employeurs malhonnêtes ou brutaux.
Après des années de pression internationale, le gouvernement a signé un accord avec l’organisation internationale du travail (OIT). Dans cet accord, il a promit d’aligner ses pratiques sur les normes internationales du travail.
Les agents de sécurité subissent aussi ces dures conditions de travail. S’ils font un arrêt maladie ou prennent de congé, ce temps d’inactivités sera retenu sur leur salaire. L’Amnesty international dénonce également les journées de travail excessives, les heures supplémentaires non payées et les conditions de logement inadéquates à cause de leur insalubrité et surpeuplement.
Face à ces dénonciations d’abus envers les travailleurs immigrants, le pays a finalement signé en novembre 2017 un accord avec l’Organisation International du travail des Nations Unies (OIT). Cette organisation travaille avec les autorités sur les réformes comprenant la réforme du système de parrainage, l’accès à la justice, la santé et la sécurité des travailleurs, l’embauche et le salaire ainsi que la voix des travailleurs. Les lois de Qatar ont aussi éclairci la question de temps de travail excessif. Elles indiquent que les heures supplémentaires doivent être volontaires et mieux rémunérées. Ainsi, pour les agents de sécurité, ceux qui les emploient doivent respecter la législation concernant les horaires de travail et les conditions de vie. Le gouvernement a introduit aussi une loi pour les travailleurs domestiques ainsi que l’établissement des comités de conflits au travail, d’un fonds de soutien et d’assurance pour les travailleurs. Le pays a mis fin également à l’exigence de permis de sortie qui empêche les travailleurs de sortir du pays sans obtenir l’autorisation de leur employeur.
Par ailleurs, le Comité suprême d’organisation du mondial décide d’appliquer une série de mesures pour les entreprises qui font des actes répréhensibles envers les travailleurs. Un certain nombre de ces entreprises sont interdites de travailler ou placés sous surveillance sur le projet lié au mondial. Le ministère du Travail quatarien a d’ailleurs encouragé les migrants étrangers à porter plainte en cas d’infraction de la loi. Il a également révélé la fermeture de 24 agences de recrutement et l’annulation de leur licence.