Une enquête internationale révèle que l’intelligence artificielle (IA) devient une source croissante d’inquiétude pour les salariés à travers le monde. Selon The Guardian, près de 27 % des travailleurs au Royaume-Uni craignent de perdre leur emploi dans les cinq prochaines années en raison de l’essor des applications et outils d’IA.
L’étude, menée par la société internationale de recrutement Randstad dans le cadre de son rapport annuel sur le marché de l’emploi, montre que l’IA transforme profondément le monde du travail, à la fois du côté des employeurs et des salariés.
L’enquête indique que 66 % des entreprises interrogées ont investi dans l’IA au cours de l’année écoulée. Parallèlement, 56 % des salariés observent une incitation croissante des entreprises à utiliser ces outils technologiques dans leurs tâches quotidiennes.
Cette tendance reflète un engouement croissant pour l’IA, tant dans le secteur privé que public, mais suscite également des interrogations sur l’impact réel de ces technologies sur l’emploi. Le PDG de DeepMind a d’ailleurs averti que les investissements massifs dans l’IA pourraient être comparables à une bulle financière, soulignant la nécessité de rester vigilant face à l’enthousiasme technologique.
L’enquête de Randstad, qui a interrogé 27 000 salariés dans 1 225 entreprises réparties dans 35 pays, révèle un écart significatif entre les attentes des employeurs et celles des salariés :
Selon Sander van Noordende, directeur général de Randstad, l’IA n’est pas un concurrent pour la main-d’œuvre humaine. Elle devrait plutôt être perçue comme un levier pour améliorer les performances et mettre en valeur les rôles et compétences uniquement réalisables par les humains.
Cependant, près de la moitié des travailleurs interrogés estiment que l’IA profite davantage aux entreprises qu’aux employés eux-mêmes, ce qui augmente leur vulnérabilité professionnelle.
Les effets de l’IA ne se limitent pas à la sphère économique. Selon le réseau américain CNBC, de nombreux salariés expriment des craintes et anxiétés face à l’évolution rapide du marché du travail.
Emma Copel, spécialiste des traumatismes basée à Denver, explique que certains patients ont perdu leur emploi à cause de l’IA, provoquant des réactions de choc, d’incrédulité et de peur. De nombreux travailleurs se sentent démunis face à un marché où leurs compétences ne sont plus recherchées.
À New York, le psychologue Harvey Lieberman note que les salariés craignent particulièrement que leurs compétences deviennent obsolètes, et se questionnent sur leurs options et perspectives professionnelles.
Une étude de l’American Psychological Association réalisée en juillet 2025 révèle que 38 % des salariés craignent que l’IA ne rende certaines ou toutes leurs tâches professionnelles obsolètes.
Ces chiffres mettent en lumière la nécessité pour les salariés de se former continuellement et d’adapter leurs compétences pour rester compétitifs sur le marché du travail.
Face à cette évolution, plusieurs solutions s’offrent aux travailleurs et aux entreprises :
Pour les entreprises, il est essentiel de mettre en place des programmes de formation et d’accompagnement, afin de réduire le stress et l’anxiété liés à l’IA et de préserver l’engagement des salariés.
L’intelligence artificielle représente à la fois une opportunité et un défi pour le marché de l’emploi. Si elle peut accroître la productivité et l’efficacité, elle entraîne également des inquiétudes légitimes sur la sécurité de l’emploi et l’avenir professionnel.
Les travailleurs doivent donc s’adapter aux nouvelles exigences en développant leurs compétences numériques et humaines, tandis que les entreprises ont la responsabilité de mettre en place un environnement favorable à l’intégration de l’IA sans sacrifier l’emploi et le bien-être de leurs salariés.
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