Le tourisme et la restauration est une des filières qui a beaucoup souffert des changements démocratiques en Tunisie. Les désastres causés par ces périodes de troubles politiques sont amplifiés par les problèmes de sécurité, la faiblesse de la croissance de réseaux hôteliers et le problème d’endettement d’une centaine d’hôtels dans le pays. Or, le tourisme est un facteur de prospérité et une source de plus de tiers de PNB dans les petites îles paradisiaques. En Tunisie, il représente 6 % de PIB, pourvoie 16 % des recettes en devises et emploie 12 % de la population active. Les professionnels du secteur tentent de réparer la casse en essayant de se repositionner en diversifiant et en améliorant leur qualité de service et leurs offres. Tour d’horizon sur ce secteur.
L’offre touristique tunisienne comprend le tourisme et la restauration. Si on revient en arrière vers l’année 2005, on a vu la construction (rénovation et extension) de quelque 120 projets d’hôtels. A l’époque, le secteur est déjà mis à mal à cause de ses activités saisonnières (produit essentiellement balnéaire). Pour le financement de leur investissement, les hôteliers font souvent appel à des crédits bancaires. Ce qui constitue la principale cause de l’endettement du secteur. A l’époque, 500 établissements sur les 800 dans le pays bénéficient d’un fonds de 1,250 milliard d’euros dont 50 millions d’euros sont financés par l’AFD. 10 ans plus tard, c’est-à-dire en 2015, le secteur hôtelier ne se porte pas mieux. Sur les 570 hôtels classés, 270 étaient fermés. Confronté aux impacts de l’attentat du mois de mars 2015 qui a causé la mort de 55 personnes, et l’inadéquation du secteur aux attentes des touristes, l’hôtellerie était alors en pleine crise. Les zones les plus touchées sont les grandes zones balnéaires. 60 % des hôtels situés à Djerba et à Monastir ont fermés leur porte pendant la saison creuse de cet hiver-là. Dans la capitale, le taux d’occupation des établissements était moins désastreux car en 2010 il était 10 % alors que 5 ans plus tard, il affiche 30 %. Toutefois, dans l’ensemble du pays, l’effondrement est évident. Si dans les années 50, la Tunisie figure en première place des destinations prisées par les Européens, le Maroc, l’Egypte et la Turquie gagnent maintenant une grande part du marché grâce à une stratégie de communication agressive et des offres diversifiés. En fait, la Tunisie ne dépend que deux marchés : la France et l’Allemagne (35 % des touristes en Tunisie sont des Allemands et des Français). Le nombre des touristes européens affiche une baisse de 37 % en 2014, en comparaison de leur nombre en 2010. Ce sont surtout le nombre des touristes Français et les Italiens qui a diminué respectivement de 45 % et de 39,5 %. Par contre, la grande majorité des entrées (80 %) est composée des touristes issus des régions du Maghreb.
Pour ce qui en est des offres des hôtels, ils ne s’étendent pas aussi sur des services variés comme la croisière, les séances thalasso, le golf, plaisance, plongée sous-marin etc. Seuls les produits balnéaires sont mis en avant, or ceux-ci ne sont plus au goût du jour. En effet, il y a 7 décennies auparavant, les touristes étaient attirés par la beauté des plages du pays, mais actuellement le désert du Sahara et le soleil tunisien commencent à perdre leur exotisme. Cela est dû à l’insuffisance de l’exploitation et la faiblesse d’aménagement des attractions culturelles. A noter en passant qu’on compte 317 restaurants touristiques dans le pays. Concernant ces derniers, les restaurants souffrent également de problèmes de rentabilité. Cela parce qu’ils ne présentent pas d’originalité de service dans leur carte. La présentation est peu attractive et on remarque un manque de qualité de service. D’autre part, pour revenir dans le secteur des hôtels, il y avait la construction accélérée des infrastructures touristiques 2005. Or, les centres de formation des réceptionnistes, serveurs, cuisiniers et maîtres d’hôtels ne pouvaient pas à l’époque assurer la formation de personnel de ces établissements. Il en résulte alors des cas où des anciens électriciens sont formés pour devenir des réceptionnistes afin de pouvoir démarrer rapidement l’exploitation des structures. Le manque de professionnalisme de certains propriétaires d’hôtels aggrave cette situation. Certains de ces hôteliers se lancent seulement dans cette activité pour obtenir le financement bancaire et bénéficier des avantages fiscaux de ce secteur. Certains d’entre eux sont des médecins, des anciens employés de banques etc. qui veulent abuser sans scrupules de la trésorerie offerte à peu de critères des banques. Plus de 150 hôtels se retrouvent ainsi dans l’endettement à causes des dettes qui datent de la période avant la révolution.
La baisse notable des touristes Français a été la cause principale de la fermeture saisonnière ou définitive de quelque 70 hôtels dans la région touristiques de Nabeul et de Hammet si on ne mentionne que l’année 2013. Dans la région de Sousse pour la même année, on compte une vingtaine d’hôtels qui ont fermé leur porte. Les autres motifs engendrant ce désastre financier sont la hausse de la nuitée de 20 % en cette année alors que le secteur affiche une très faible recette. Il y a également l’endettement des hôteliers dont on a cité plus haut, mais aussi le doublement de la taxe (TVA) sur l’activité hôtelière. Cela est dans l’ordre de 12 % alors qu’elle était à 6 % 10 ans auparavant. Or, dans les pays concurrents, cette taxation est de 7 %. Le ministre de Finances a par la suite envisagé une révision de cette taxation. Concernant le surendettement des hôteliers, le ministre a mis en place un rachat de crédit immobilier auprès des banques avec un étalement de
remboursement de 20 à 25 ans et des taux d’intérêt avantageux afin de permettre à ces structures défavorisées d’assainir leur budget. Pour remédier à la faiblesse de rentrée d’argent, le ministre a proposé également des contrats en euros mais non pas en dinar pour avoir des recettes raisonnables indépendamment des fluctuations de change.
Par ailleurs, le président de la Fédération Tunisienne de l’hôtellerie a aussi mis l’accent sur l’intérêt de la diversification des offres (hôtels de luxe, hôtels de charme, camping …), et de l’exploitation du moyen de commercialisation qu’est l’internet. Il a ajouté que la réservation en ligne est le quart des réservations chez certaines destinations touristiques. Il a aussi suggéré la création et le développement d’espaces d’animation, des boutiques artisanales ainsi que l’amélioration des sites archéologiques dans les régions touristiques. Ces mesures permettent d’attirer plus de touristes tout en les incitant à dépenser plus dans les régions. En effet, les touristes en Tunisie ne font des dépenses extra à la hauteur de 10 % alors que dans d’autres destinations, cela avoisine 50 % et même plus. Enfin, dans l’optique de l’amélioration du rendement des hôtels et restaurants en Tunisie, chaque gouvernorat devrait penser à améliorer les infrastructures de transport. La bonne partie des touristes se rendent dans les régions via le transport aérien. La vieillesse des réseaux routiers et le manque d’entretien se remarquent surtout dans les zones rurales. L’amélioration du réseau ferré et l’adaptation des routes rurales aux normes constituent ainsi d’autres défis à relever pour chaque gouvernorat.
La collaboration des hôtels tunisiens avec les agences de voyages et les tours opérateurs est essentielle pour le secteur du tourisme en Tunisie. Les agences de voyages et les tours opérateurs sont des acteurs clés de l’industrie du tourisme, car ils sont responsables de la vente de la majorité des forfaits vacances et des séjours dans les hôtels.
Les hôtels tunisiens travaillent donc en étroite collaboration avec les agences de voyages et les tours opérateurs pour promouvoir leurs établissements et attirer les touristes. Les hôtels proposent souvent des tarifs préférentiels aux agences de voyages et aux tours opérateurs, ce qui leur permet de proposer des prix compétitifs aux clients.
Les hôtels tunisiens peuvent également proposer des packages vacances qui incluent le transport, l’hébergement et d’autres activités pour les clients des agences de voyages et des tours opérateurs. Les hôtels peuvent également travailler avec les agences de voyages et les tours opérateurs pour créer des offres spéciales pour les clients, telles que des réductions pour les séjours prolongés ou les réservations anticipées.
En travaillant en étroite collaboration avec les agences de voyages et les tours opérateurs, les hôtels tunisiens peuvent augmenter leur visibilité sur le marché et attirer de nouveaux clients. Cela peut aider à stimuler l’industrie du tourisme en Tunisie, qui est un secteur clé de l’économie nationale.
Plusieurs chaines d’hôtels en Tunisie font recours à des réseaux de boutique de mode pour habiller le personnel de leurs unités hôtelières surtout ceux qui ont contact direct avec les clients comme c’est le cas de l’accueil, la réception, le restaurant etc.
Le bradage des prix des hôtels tunisiens durant la basse saison et les périodes de crise est une stratégie courante pour attirer des clients et maintenir l’activité économique de l’hôtel. En effet, pendant la basse saison et les périodes de crise, le nombre de touristes peut diminuer, ce qui peut avoir un impact négatif sur les revenus de l’hôtel.
Ainsi, pour attirer des clients pendant ces périodes, les hôtels tunisiens peuvent proposer des tarifs plus attractifs en bradant leurs prix. Cette stratégie permet de réduire les prix pour les clients, tout en maintenant un niveau d’activité économique pour l’hôtel.
Le bradage des prix peut être proposé sous différentes formes, comme des offres spéciales, des réductions, des packages vacances à prix réduits, ou encore des tarifs promotionnels pour les réservations anticipées. Cette stratégie peut être mise en place pour différentes périodes de l’année, selon les besoins de l’hôtel.
En proposant des prix attractifs pendant les périodes de basse saison et les périodes de crise, les hôtels tunisiens peuvent attirer une clientèle plus diversifiée, notamment des clients qui ont des budgets plus serrés. Cette stratégie peut également aider les hôtels à maintenir leur taux d’occupation et à réduire leur taux d’annulation.
Il est important de noter que le bradage des prix peut être une stratégie efficace pour attirer des clients pendant les périodes de basse saison et les périodes de crise, mais cela peut également avoir un impact sur les marges bénéficiaires de l'hôtel. Il est donc important pour les hôtels de bien évaluer leur capacité à proposer des prix attractifs tout en maintenant leur rentabilité.
La plus part des Chaines d’hôtels en Tunisie proposent des prestations à la hauteur de l’attente de leurs clients fidèles à ses unités hôtelières répartis sur les différentes villes touristiques tunisiennes.