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Les crédits bancaires et les changements du mode de consommation



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La majeure partie de la population tunisienne est composée de classe moyenne. Ce qui permet non seulement de maintenir la stabilité de l’économie mais aussi d’améliorer le cadre de vie des citoyens. Cette évolution des conditions de vie en Tunisie est due à une politique d’Etat favorisant l’accroissement du bien-être et des acquis de la population via les crédits bancaires. Les consommateurs peuvent avoir plus ou moins facilement accès à un prêt logement, prêt voiture, crédit travaux, crédit à la consommation etc. Ce recours aux emprunts bancaires a pour effet de faire plonger des centaines de milles de familles tunisiennes dans l’endettement. A l’origine de cette situation qui risque de déséquilibrer le secteur bancaire en Tunisie, on retrouve la « consommation effrénée » de cette classe moyenne. Décryptage.

La banque centrale de Tunisie a publié des chiffres concernant le doublement de crédits accordés aux tunisiens au cours de cette décennie. En 2010, le montant des emprunts bancaires accordé aux familles tunisiennes environne 10.7 milliards de dinars. Or le mois de mars de l’année dernière, cela a frôlé le double, soit 20.8 milliards de dinars. Les crédits immobiliers ou crédits d’amélioration de logement taillent la part du lion de ce montant à hauteur de 85 %, soit 17,7 milliards de dollars). Les ménages font aussi des crédits à la consommation dont le montant total est de 2. 6 milliards de dinars pour l’année dernière ainsi que des prêts voitures de 2,93 millions de dinars. Ainsi, rien que pour l’année entre 2003 à 2008, on a recensé ainsi une hausse de plus de 300 000 personnes ou foyers endettés (en 2008, ils étaient 800 000 sur un total de 2.7 millions de familles tunisiennes). Et entre 2003 à 2009, le prêt à la consommation a aussi doublé de 0.1 milliard à 1.9 milliard de dinars. Et pour la même période, le prêt immobilier a triplé, de 2 milliards à 6.4 milliards de dinars. Cette frénésie vers les crédits bancaires est encouragée par les offres pléthoriques des établissements de prêt. Et ce malgré le niveau d’endettement inférieur à 40 % de revenus imposé par la BCT. Les emprunteurs arrivent toujours à trouver un moyen pour chercher de financement, quitte à mettre en péril leur équilibre financier. Pour ce, ils font à la fois appel aux commerces vendant à tempérament ainsi qu’aux autres établissements de prêt comme les caisses sociales, les banques, les fonds sociaux, les particuliers ou amis. La souscription à un crédit est possible du crédit au financement de l’acquisition d’un logement, en passant par l’équipement électroménager, jusqu’à l’achat d’un ordinateur portable de la dernière génération. A rappeler que les banques n’ont pas dévoilé des chiffres sur les emprunteurs ayant des découverts bancaires, avances sur salaire ou autres. Cette statistique reste donc incomplète car il faut aussi tenir compte des ces dettes à court terme. A noter en passant qu’en Tunisie, plus de 80 % de la population sont propriétaires de leur logement dont plus de 66 % de ces logements ont plus de 3 pièces. L’accès à l’électricité à 100 % dans la zone urbaine dans la plupart des gouvernorats du pays et l’amélioration de taux de desserte à l’assainissement ont favorisé aussi l’achat des équipements électroménagers. Ce qui fait que la grande majorité de la population a un poste de télévision et un réfrigérateur. Plus de la moitié ont un four électrique et une machine à laver. L’électrification des gouvernorats a aussi augmenté le nombre des abonnées aux réseaux fixes et mobiles, une situation favorisée par la facilité à la souscription aux crédits. Les tendances de la consommation ont aussi changé depuis la dernière décennie en parallèle avec l’augmentation de revenu annuel d’un individu et l’accès aux crédits. En 2004, un tunisien a un revenu annuel de 3564 pour passer en 5350 en 2010. Les principaux budgets de dépenses des familles tunisiennes sont répartis entre l’alimentation, l’habillement, les soins médicaux, le transport. Une partie de leur budget s’en va aussi dans l’enseignement et le loisir et les télécommunications.

Depuis la dernière décennie, l’enquête nationale sur le niveau de vie, les revenus et les dépenses de chaque famille tunisienne a dévoilé une amélioration des conditions de vie de la population. L’accès aux services de première nécessité est aussi amélioré. La classe moyenne qui peut faire de dépenses entre 4000 à 2250 dinars figure alors 18,45 % de la population. Un indicateur intéressant de la hausse du niveau de vie des habitants. Mais il ne faut pas oublier que 60 % de cette catégorie de la classe moyenne perçoit un salaire mensuel ne dépassant pas 800 dinars par mois. Par ailleurs, une enquête faite par l’INC auprès de plus de 1000 familles a montré que 36 % des familles tunisiennes ont un membre qui a fait un crédit. Les prêts octroyés par les banques n’ont cessé d’accroitre affichant une hausse de 5.7 % en 2015 jusqu’à 9,9 % en 2017. Pour les crédits à la consommation seulement, ils affichent une hausse de 7 % par an depuis 2010. Un phénomène excessif d’endettement qui a un effet néfaste sur le taux de l’épargne familiale qui connait une baisse de 2.5 % entre 2010 à 2014. Pour en revenir à cette tendance à l’endettement des ménages, on peut expliquer cela par le changement socio-économique en Tunisie. La hausse de niveau de vie impacte sur le mode de consommation. Désormais, les produits de luxe deviennent des biens essentiels à avoir. Au cœur de ce changement se trouve la tendance à l’imitation des occidentaux, que ce soit au niveau de leur habitude de consommation (resto rapide), leur culture (vacances, et sorties les week-ends). Et cela touche non seulement la classe moyenne mais toutes les classes et tous les âges quelle que soit leur profession. La société occidentale qui est une société fortement consumériste est bien calquée. La population aspire à posséder plus et si leur budget n’est pas à la hauteur de leur train de vie, elle en vient faute de mieux au recours aux prêts. Les offres de banques sont aussi pour quelque chose dans cette course à la surconsommation. Elles présentent une large gamme de crédits comprenant de crédit expresso, crédit sayara, Dari etc. la liste est longue. Et pour accroître leur portefeuille clients, les établissements prêteurs n’hésitent pas à jouer sur leur taux d’intérêt ou sur leur marge (même si le taux d’intérêt connait une hausse constante). L’idée est d’attirer à la fois les particuliers, les salariés dans le secteur privé et les fonctionnaires. A noter que le montant de crédits accordés aux particuliers a connu aussi une hausse importante de 8 millions de dinars en 2014 jusqu’à 14,5 millions de dinars l’année suivante.

Les Tunisiens ont une attitude prudente envers les crédits de consommation. Ils ont tendance à éviter les dettes excessives et à gérer leurs finances de manière responsable. Cependant, cela ne signifie pas qu’ils ne prennent jamais de crédits de consommation.

Les Tunisiens peuvent contracter des crédits de consommation pour des besoins spécifiques tels que l’achat d’un bien immobilier, l’achat d’une voiture, ou pour financer un projet personnel. Dans ces cas, ils cherchent généralement à emprunter auprès d’institutions financières réputées et à obtenir des conditions de remboursement raisonnables.

 

Cependant, en raison de la crise économique que traverse la Tunisie depuis plusieurs années, certains Tunisiens ont recours à des crédits de consommation pour faire face à des difficultés financières immédiates, comme le paiement des factures, des frais médicaux, ou pour rembourser d’autres dettes. Cela peut parfois les amener à contracter des prêts à des taux d’intérêt élevés et à prendre des risques financiers importants.

Enfin les Tunisiens ont une attitude généralement prudente envers les crédits de consommation, mais il est important pour eux de faire preuve de responsabilité et de prudence lorsqu’ils décident d’emprunter de l’argent. Les banques sont conscients de l’importance des applications mobiles alors ils proposent leurs services sur le net et surtout moyennent des versions mobiles pour faciliter les accès à l’information.

En Tunisie, les crédits bancaires pour l’acquisition d’un bien immobilier sont couramment utilisés. Les banques offrent généralement des prêts immobiliers à long terme avec des taux d’intérêt fixés en fonction du marché financier.

Pour obtenir un crédit immobilier en Tunisie, l’emprunteur doit fournir une série de documents, tels que :

  • Un justificatif de revenus (bulletin de salaire, contrat de travail)
  • Des relevés bancaires récents.
  • Une copie de la carte d’identité nationale
  • Des documents liés au bien immobilier (titre foncier, acte de vente, etc.)

Le montant du crédit immobilier dépend des revenus de l’emprunteur et de la valeur du bien immobilier. Les banques peuvent financer jusqu’à 80% de la valeur du bien.

Le remboursement des crédits immobiliers en Tunisie peut se faire sur une période allant jusqu’à 25 ans. Les mensualités sont fixées en fonction du montant emprunté, de la durée du prêt et du taux d’intérêt.

Il est donc important pour l’emprunteur de choisir la banque qui offre les meilleures conditions de prêt et de bien comprendre les termes et les conditions du contrat de prêt avant de s’engager. Les emprunteurs doivent également s’assurer qu’ils sont en mesure de rembourser le prêt conformément aux conditions convenues pour éviter tout risque de défaut de paiement. Les banques accordent donc des crédits bancaires pour l’octroi des crédits des biens immobiliers haut standing généralement pour les tunisiens résidents en Tunisie ayant un très bon salaire comme c’est le cas des médecins et les hommes d’affaires ainsi que les ingénieurs informatiques qui travaillent dans des entreprises IT.

 

Un phénomène d’endettement non maitrisé constitue un véritable risque pour les établissements prêteurs. C’est pourquoi, le DG de l’INC a conseillé à la BCT d’étudier sur toutes ses coutures ce phénomène afin de se prémunir des risques d’insolvabilité liés aux crédits à la consommation et aux crédits travaux et immobilier. Cela permet également de contourner un effet boomerang qui au lieu de promouvoir la société finirait par l’appauvrir à cause du surendettement.

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