Les journalistes figurent parmi les professionnels qui disposent d’un pouvoir de manipulateur. Mais ils ne sont pas aussi épargnés dans les conflits politiques et militaires et certains peuvent même perdre leur peau dans l’exercice de leur métier. Malgré cela, ce métier attire de plus en plus de sortants universitaires en lettres, en sciences juridiques, en droit ou en communication. A Tunisie, à l’heure où le taux de chômage est de plus en plus élevé surtout au niveau des spécialités juridiques, il serait intéressant d’entamer une carrière de journaliste. Dans cet article, nous allons faire le point sur la définition de ce métier, les formations utiles pour exercer cette profession ainsi que l’avenir du journalisme.
Le travail de ce professionnel de l’écriture consiste à recueillir les informations ou les sujets à publier dans un journal ou dans une agence de presse. Lors du choix du sujet, il tient compte de l’actualité « chaud » du moment afin d’en faire la une du journal. Il se charge ensuite de la vérification des informations recueillies avant de rédiger et de publier un article pour le public, ou avant de produire son reportage vidéo. Pour ce, Il peut se servir de divers supports comme le journal, la télévision, le site web, la radio etc. Le journaliste peut se spécialiser dans divers domaines (politique, économie, finance, sport, femme, culture etc.). Il peut être un présentateur du journal du midi ou du soir à la radio, un présentateur de l’émission sportive à la télé, un rédacteur ou chroniqueur du journal local ou un correspondant à l’international…Dans l’exercice de sa profession, il lui arrive de faire des interviews ou d’interroger des témoins ou des personnes qui ont assisté à un tel ou tel événement. Il peut également prendre en photos un événement, filmer ou monter les images, ou organiser des conférences de presse pour que les informations soient facilement accessibles à un plus grand nombre de public. Le rôle de ce professionnel consiste donc à transmettre des informations sur tout type de support. Un journaliste peut être un éditorialiste, un chef de rubrique, un chroniqueur, un reporter, un rédacteur en chef etc.
Par ailleurs, quel que soit le support utilisé ou la spécialisation du journaliste, il doit respecter la déontologie et les exigences du métier. Cela inclut la vérification des éléments complets et vrais, le choix d’un angle pour mettre en avant ces informations et le style adéquat pour capter l’attention du public. A noter que les principales ressources financières d’un journaliste professionnel sont les publications qu’il a faites auprès des agences de presse, à la télévision ou à la radio. Les secrétaires de rédaction, les journalistes reporters d’images, les dessinateurs de presse, les correspondants de guerre etc. ont également ce statut de journaliste professionnel qui leur permet d’avoir une carte de presse. A ce jour, c’est la presse quotidienne qui recrute le plus grand nombre de journalistes en Tunisie.
Ce métier n’exige pas réellement de formation spécifique. Cependant, les agences de presse et la presse écrite privilégient souvent les jeunes diplômés. En Tunisie, il existe quelques écoles qui délivrent des certifications comme le Mastère 1 en journaliste « plurimédias », le Mastère 2 spécialisé en journalisme et édition, journalisme et animation radio, webjournalisme et communication, investigation et documentaire, journalisme de sport ou journaliste pour les médias féminins et de mode.
Les journalistes déjà en activité en Tunisie peuvent également passer le diplôme de validation des acquis (VAE) qui leur permet d’avoir le diplôme Français et d’avoir accès au Master. Les diplômes de journaliste délivrés par l’Institut de presse et des Sciences de l’Information (IPSI) ou ceux délivrés par le Centre Africain de perfectionnement des journalistes et communicateurs (CAPJC) permettent également d’accéder à ce métier.
Ces formations permettent aux étudiants tunisiens d’avoir une bonne base en communication et en sciences politiques et humaines. Elles les aident également à développer des capacités intellectuelles utiles à l’exercice de cette profession de journaliste comme l’esprit de synthèse, l’esprit critique sur la portée de la transmission de l’information, le jugement et le regard objectif lors de l’analyste des informations. A cela s’ajoutent la curiosité intellectuelle, l’aptitude à la recherche, le penchant pour le travail de veille ainsi qu’une bonne expression orale et écrite. Evidemment, les qualités comme la rapidité dans l’écriture, le sens du contact, la flexibilité et le dynamisme sont également requises. Ces formations adaptent également les étudiants aux nouvelles technologies de l ‘internet tout en enrichissant leurs expériences à travers les stages. Ces derniers les aident à l’intégration rapide dans le milieu du journalisme. A noter que ces études sont en général accessibles aux étudiants titulaires de bac littéraire ou d’un diplôme de BTP.
Remarque : après leur stage qui peut être long, les journalistes peuvent chercher des postes dans les entreprises (communication en entreprise), ou dans la presse (journaliste d’une agence de presse) mais ils peuvent également travailler au sein d’un magazine ou d’une revue spécialisé à publication périodique par exemple. De nombreux journalistes évoluent également dans le milieu audiovisuel (radio, ou télé) ou sur le web en tant que rédacteur journaliste ou pigiste. Dans ce dernier cas, leur rémunération se fait à chaque pige, article écrit ou à chaque enquête effectuée.
Les journalistes réalisent une grande variété de travaux, selon le type de média pour lequel ils travaillent et leur domaine de spécialisation. Voici quelques-uns des types de travaux journalistiques les plus courants :
Reportage: le journaliste recueille des informations sur un événement ou un sujet d’intérêt et les présenter sous forme d’article, de reportage vidéo ou de podcast.
Enquête : le journaliste mène une enquête approfondie sur un sujet particulier, en recueillant des informations auprès de sources, en vérifiant les faits et en présentant ses conclusions sous forme d’article ou de reportage.
Editorial : le journaliste écrit un article d’opinion sur un sujet d’actualité, en présentant son point de vue et en encourageant les lecteurs à réfléchir à la question.
Critique : le journaliste évalue une œuvre d’art, un livre, un film ou un spectacle et donne son opinion sur la qualité de l’œuvre.
Interview : le journaliste interroge une personne sur un sujet particulier, en utilisant ses réponses pour écrire un article ou produire un reportage.
Chronique : le journaliste écrit régulièrement sur un sujet spécifique, comme la politique, le sport, les affaires ou les arts, en présentant les dernières nouvelles et analyses.
Emission de radio ou de télévision : le journaliste anime une émission d’actualité, de débat ou d’analyse pour la radio ou la télévision.
Photographie : le journaliste prend des photos pour accompagner des articles ou des reportages.
Il est important de noter que de nombreux journalistes réalisent des travaux qui chevauchent plusieurs de ces catégories, et que les technologies numériques ont considérablement élargi les possibilités de travaux journalistiques. Ces travaux intéressent plusieurs entreprises qui souhaitent se faire connaitre moyennant des publireportages avec les responsables de communication afin de mettre en valeur le service offert dans le but qu’il soit vu par un nombre important de clientèle cible, c’est le cas de certaines plateformes de livraison E-Commerce.
Les journalistes peuvent travailler pour une variété d’entreprises, allant des grands médias nationaux aux petites publications locales en passant par les médias en ligne et les entreprises de production de contenu. Voici quelques exemples d’entreprises pour lesquelles un journaliste peut travailler.
Les Médias traditionnels : journaux, magazines, stations de radio et de télévision.
Les Médias en ligne : sites web d’actualités, blogs, podcasts, chaînes YouTube.
Agences de presse : organisations qui collectent et distribuent des nouvelles à d’autres médias.
Entreprises de relations publiques : agences qui aident les entreprises et les organisations à communiquer avec les médias et le public.
Entreprises de production de contenu : sociétés qui produisent du contenu pour des clients tels que des marques, des organismes gouvernementaux.
Organisations à but non lucratif : groupes qui produisent des reportages sur des sujets tels que les droits de l’homme, la santé publique ou l’environnement.
Les Institutions universitaires : universités et collèges qui ont des départements de journalisme et embauchent des professeurs de journalisme et des journalistes.
Il est important de noter que les journalistes indépendants peuvent également travailler pour plusieurs de ces types d’entreprises en même temps, en tant que pigistes. Le métier de journaliste peut être évidement réalisé par des freelances ayant déjà suivis une formation dans le domaine du journalisme.
Il faut dire que cette profession qui fait rêver de nombreux jeunes mais qui n’est pas facile à atteindre n’est pas dans la plupart des cas bien payée. Cela est dû au nombre insuffisant de lecteurs payants dans le monde du web et la baisse des acheteurs des journaux en général. Même si le web apporte un changement au niveau de la transmission de données, peu de postes sont encore proposés pour les rédacteurs pigistes ou les rédacteurs journalistes dans les agences de presse tunisiennes. En fait, la rémunération varie en fonction de l’ancienneté et de l’expérience du journaliste mais aussi de l’envergure de l’entreprise. Plus un journaliste a plusieurs années d’expérience, plus il a la chance d’avoir un salaire plus satisfaisant.
Les enjeux de ce métier sont nombreux à Tunisie. Outre le passage difficile vers la transition démocratique des médias après le changement du 14 janvier 2011, il y a également le manque d’éthique professionnelle, le manque de liberté d’expression et l’absence de journalisme d’investigation. Ce qui fait qu’on peut lire des articles des journalistes qui visent à faire un règlement de compte personnel au lieu d’une publication neutre et objective. De leur côté, l’Etat n’honore pas aussi les revendications des journalistes sur la liberté de presse, à en juger par la protestation du mois de février dernier. Pour y remédier, les principaux acteurs de la filière médiatique essaient d’inciter les journalistes à adopter une ligne éditoriale précise dans leurs publications. Mais cela est assez difficile à mettre en place compte tenu de la précarité du métier.
En revanche, la crème des journalistes tunisiens a pu faire des stages à RFI, à Monte-Carlo et aux Etats-Unis en 2011 et 2013. Cela a permis une plus grande ouverture de cette filière médiatique à l’international. A noter enfin qu’il existe quelques offres d’emploi de journaliste sur le web ou dans les presses tunisiennes. Les jeunes en quête de ce poste peuvent tenter leur chance dans ces opportunités d’emplois.