La filière aéronautique propose des perspectives de carrière intéressantes pour les pilotes, les personnels techniques du sol, les agents d’escale pour ne citer qu’eux. L’aéronautique est un secteur en pleine évolution qui survole la crise économique dans bon nombre de pays. En Tunisie, une centaine de compagnies aériennes font la liaison hebdomadaire entre le pays et l’Europe à travers ses 9 aéroports internationaux répartis dans le territoire. Même si cette filière est soumise aux aléas du marché et aux problèmes politico-économiques du pays, elle offre des emplois à des milliers de main d’œuvre qualifié dans le domaine de la conception et d’assemblage d’avions, dans la maintenance, la logistique, l’exploitation commerciale etc. Découvrez l’ensemble de ce métier et les perspectives d’évolution pour les salariés.
Le secteur aérien offre une panoplie de métiers qui s’articulent autour de la conception, la fabrication des pièces d’avion, la commercialisation et la maintenance. En Tunisie, il s’agit d’une filière en plein essor car on compte plus de 60 entreprises opérant dans ce domaine dont 31 travaillent en exclusivité pour la branche de l’aéronautique. Les métiers de commercialisation et de la maintenance de cette branche sont répartis en trois catégories : il y a les personnels à l’aéroport qui préparent le vol (le chef d’escale et le préparateur du vol), on retrouve également les personnels responsables de l’accueil et du transport des voyageurs (pilotes, hôtesses de l’air, steward) et enfin les techniciens de piste et les personnels logistiques de l’aéroport (aiguilleur du ciel, avitailleur, dégivreur, agent import/export, déclarant en douane, agent de sureté, pompier de l’aéroport etc.). Les débouchés dans cette filière ne se limitent donc pas aux pilotes et hôtesses de l’air. Les recrutements varient selon les aéroports. Dans les aéroports tunisiens par exemple, il y a des compagnies aériennes étrangères qui ne peuvent pas assurer un personnel complet dans ses escales et qui font appel à des entreprises spécialisées tunisiennes pour la sous-traitance d’assistance aéroportuaire. Cette branche comprend divers métiers comme l’opérateur de la maintenance et de chargement du fret, l’opérateur responsable du ravitaillement du carburant, le nettoyeur des avions, le livreur de repas ainsi que le personnel à l’accueil des voyageurs, le responsable de l’enregistrement et le traitement de bagages etc. Les sociétés proposant de services de fret peuvent également recruter un attaché commercial dont la mission s’articule autour du démarchage de clients.
Pour en revenir aux entreprises travaillant dans le parc aéronautique tunisien, elles offrent également plusieurs débouchés aux mains-d’œuvre qualifiées. Ces débouchés concernent le montage d’aéronef et des pièces d’avion, le traitement de surface, le montage de pièces mécaniques, le câblage aéronautique etc. Elles recrutement aussi des nouveaux développeurs des logiciels.
Grâce au programme de mise à niveau des entreprises qui opèrent dans le domaine de conception et d’assemblage de pièces aéronautiques en Tunisie, le pays est toujours en mesure de satisfaire les exigences des pays fournisseurs de commande. La sous-traitance permet d’offrir d’emplois à des centaines d’opérateurs de tôleries et de fabricants de pièces mécaniques et des sièges d’avion ainsi qu’à des opérateurs d’outillage de presse ou des pièces en matériaux composites ou en plastique etc. L’accès à ces postes se fait à la suite de formations adéquates. De nombreuses entreprises de production comme Ad industrie, Stelia, Hutchinson, Corse composite, AGBI etc. sous-traitent ces opérations. Le parc aéronautique El Mghira a par exemple assuré plus de 750 postes aux opérateurs de fabrication de pièces d’avion jusqu’en 2014.
Par ailleurs, il y a également les entreprises de services qui s’occupent de la réparation du moteur, maintenance et autres services. Ce sont des postes qui exigent un savoir-faire plus pointilleux. Les ingénieurs et autres techniciens spécialisés peuvent postuler chez les sociétés comme Thales, Sabena Technics etc.
Les sortants universitaires diplômés en ingénierie, quant à eux, peuvent aussi envoyer leurs candidatures chez de nombreuses sociétés de développement de logiciel et de composantes électroniques. Citons entre autres Aéroconseil, Telnet, Altran… Pour info, chaque année, plusieurs centaines d’ingénieurs et techniciens supérieurs sortant des écoles d’ingénieurs et des instituts supérieurs cherchent un poste dans le domaine aéronautique et le secteur du transport aérien. La plupart d’entre eux n’ont pas de réelle difficulté à décrocher un stage ou un poste correspondant à leur profil. Notons que l’Etat ne ménage pas aussi ses efforts dans la promotion de ce secteur aéronautique à travers la création des parcs d’activités économiques (comme le parc de Bizerte et de Zarzis), de zones industrielles et de technopôle de Sousse ainsi que l’aéropole à El Mghira.
Les formations dans les métiers de l’aéronautique.
Pour répondre aux besoins des entreprises sous-traitantes tunisiennes et des sociétés européennes de la filière aéronautique, il existe plusieurs centres sectoriels de formation dans la fabrication mécanique, électronique, dans le domaine de la télécommunication, plasturgie, maintenance etc. dans les gouvernorats tunisiens. Ces centres de formation assurent des formations en ajustage, montage, câblage des pièces mécaniques ainsi que de bases en chaudronnerie, tuyauterie aéronautique, en électronique et mécatronique etc. Les jeunes en quête d’emplois peuvent également suivre une formation au CEMIA ou au centre de formation sis à l’aéropole à El Mghira. Ils obtiennent par la suite un brevet de technicien personnel qui leur permet d’être recrutés dans les entreprises travaillant dans ce secteur. Pour les bacheliers qui aspirent à de meilleures conditions de travail et de recherche, ils peuvent continuer leurs études jusqu’à l’obtention d’un diplôme d’ingéniorat. On retrouve également une vaste structure d’écoles d’ingénieurs en Tunisie en dehors de l’école polytechnique, comme l’institut des métiers de l’aéronautique, les instituts supérieurs d’enseignement technique etc. Et pour ceux qui rêvent de devenir futurs pilotes d’avion, ils peuvent
poursuivre leur étude à l’Airline flight Academy, la première école aéronautique tunisienne. Cette école prépare également l’accès au métier du mécanicien d’entretien d’aéronefs (l’opérateur qui inspecte, contrôle et répare l’appareil à l’issue de chaque vol). L’Académie forme également des agents techniques d’exploitation (agent planificateur de vol, responsable des voyageurs et du fret, de l’assistance en escale…). Grâce à des formations théoriques et pratiques de centaines d’heures, les futurs pilotes peuvent acquérir l’Airline Transport Pilot license qui leur permet d’accéder au poste de co-pilote en ligne. Au bout de quelques années d’expériences, le co-pilote peut évoluer vers le poste de pilote. Quant aux agents d’escale commerciale, hôtesses de l’air et steward, en principe, le métier requiert un niveau de bac à bac + 3, un sens de contact avec la clientèle et une bonne pratique de l’anglais. Il se peut que le salarié soit recruté à titre temporaire ou saisonnier avant d’être embauché à titre permanent. Dans tous les cas, il y a toujours un concours en cas de postes à pourvoir.
Pour conclure, la filière aéronautique est un secteur florissant dans le pays. Il offre de nombreux débouchés aux ouvriers qualifiés grâce à la compétitivité de la main-d’œuvre. Des grands opérateurs comme Airbus effectuent par exemple l’assemblage des structures d’aéronefs dans le pays. Cela a l’intérêt d’offrir des milliers de postes aux jeunes ouvriers spécialisés. Bref, la demande grandissante des investisseurs étrangers dans le domaine aéronautique répond aux besoins de main-d’œuvre qualifiée en quête d’emplois. La proximité géographique avec l’Europe favorise également le développement de l’industrie aéronautique sur le plan économique que touristique.