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L’emploi dans le sud Tunisien

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Le sud Tunisien aux portes du Sahara fait partie de l’une des principales attractions touristiques de la Tunisie.Palmeraies, lacs, dunes, oasis de montagne sillonnent cette région faiblement peuplée. Tozeur, Gafsa, Chebika, Tamerza, Mides,Chot-ElDjerrid, Nefta, Matmata… sont parmi les villes les visitées dans le sud. L’agriculture, le tourisme et le commerce parallèle dans les importations génèrent la majorité des ressources dans cette région. Focus sur la situation de l’emploi dans cette partie de la Tunisie.

Le Grand sud de la Tunisie s’étend sur une superficie de terrain de plus de 90 000 km2, ce qui représente la moitié de la superficie du pays. Cette région se démarque par son immensité de sable, ses massifs montagneux et ses nombreuses oasis de verdure. Ce qui lui permet de devenir un potentiel touristique énorme pour le pays.La présence de l’aéroport international de Djerba-Zarzis, proche de l’île de Djerba ainsi que les infrastructures hôtelières haut de gamme en font l’une des destinations balnéaires les plus prisées du pays. Zarzis séduit en fait par sa proximité au désert, ses grottes troglodytiques, parTatouine et ses ksours ainsi que l’oasis de Ksar Gliane. Cette presqu’île de 75 000 âmes qui vivent essentiellement de la pêche et produit aussi de l’huile d’olive.

Le sud comprend aussi deux parcs naturels dont le parc national de Sidi Toui et de Jbil qui est le plus grand de la Tunisie. Celui de Sidi Toui se trouve à une vingtaine de km au nord-ouest de la frontière de Lybie dans le gouvernorat de Médenine. Sa création date de 1991. Le parc s’étendant sur 6 315 ha abrite des animaux menacés ou disparus, quelques races d’oiseaux migrateurs et des variétés d’arbustes et d’herbacés. Le parc naturel de Jbil, quant à luia été créé en 1994. C’est le plus grand parc du pays car il couvre une superficie de 150 000 ha. Il abrite des espèces sahariennes protégées, des oiseaux rares et des reptiles.

Ben Gardane, une autre ville rattachée au gouvernorat de Médenine, se fait aussi connaître pour son marché de produits importés de Lybie et des pays arabes car cette ville est seulement distante d’une trentaine de km de Lybie.DjbelDhar, quant à lui, est visité pour sa chaîne de montagnes, les ksours. Elle possède aussi des sites historiques impressionnants.Malgré les conditions rudes de la région, la population y vit de l’arboriculture (olivier, figuier et grenadier) etl’élevage de caprin qui permet d’assurer l’autosuffisance. Depuis les années 60 cependant, cette région tout comme les autres villes du sud, fait l’objet d’un dépeuplement et de l’exode rural.

Selon l’Institut national de statistique (INS), Tozeur, Gafsa et Kébili affichent le plus grand nombre des chômeurs avec un pourcentage de 25,6 % du nombre total sur tout le pays. Gabès, Médenine et Tatouine le suivent avec un taux de chômage de 24, 3 % pour l’année 2017. Le nombre de diplômés recensés au chômage dans ces régions atteint plus de 30 % des chômeurs.Quant aux docteurs, ils constituent 69 % des chômeurs. Ce manque d’opportunité a par exemple favorisé le développement du commerce illégal de trafic d’armes à feu, stupéfiants, carburants, prêt-à-porter etc. dans la région de Dhehiba, proche de la frontière libyenne.Des milliers de citoyens vivent par ce moyen afin de survivre et ces pratiques frauduleuses amortissent le taux de chômage et la hausse de l’exode rural dans cette région.

Ce manque d’opportunités fait aussi l’une des principales raisons qui poussent les talents à immigrer à l’étranger. Les flux migratoires vers les pays d’OCDE ont connu une forte croissance depuis le soulèvement de 2011 mais ces trois dernières années, ils ont connu un répit. Toutefois, l’émigration vers la France est toujours d’actualité. Outre les motifs professionnels et l’étude, certains sont aussi animés par la volonté de la recherche d’un eldorado. L’intégration des émigrés dans les pays d’accueil se fait généralement sans trop de complications. Cependant, leur taux de chômage est assez élevécar leur taux d’emploi est assez faible. Leur situation professionnelle dépend aussi du pays d’accueil. Par exemple, en Suisse, en Amérique du Nord, ils n’ont pas de mal à entrer dans le marché du travail, ce qui n’est pas le cas en France, en Belgique ou en Italie. Néanmoins, les émigrés diplômes scientifiques n’ont pas beaucoup de mal à mettre en valeur leurs diplômes. Certains migrants qui décident de réinstaller au pays quant à eux, contribuent au développement économique en créant des entreprises.

Le fait est que dans la plupart des pays Africains, les jeunes sont beaucoup plus au chômage que les adultes. Or, le travail est le principal moteur de la croissance sociale et économique car il améliore la qualité de vie, l’éducation, la couverture sociale etc. Dans cette optique, on peut citer l’initiative de la BAD (Banque Africaine de développement) à travers l’assistance de 111 startups tunisiennes. Ce qui permet de donner une chance aux petites et moyennes structures de développer leurs activités.

Pour le moment, les régions de Tatouine, BirLahmar et Smar ont fait l’objet de trois objets municipaux avant l’été 2019. Ces projets reçoivent le soutien financier du Bureau international du travail (BIT). Ils visent notamment à apporter des améliorations aux conditions de vie des habitants tout en créant des opportunités de travail afin d’accroître les sources des revenus. Ils visent aussi à mettre en valeur les ressources locales lors de la création des microprojets. Les moyens matériels seront fournis et la mise en place des projets municipaux sera en partenariat avec la société civile et le BIT.

Dans le cadre de ce projet, ils ont ainsi sélectionnés une quinzaine de jeunes pour suivre une formation de BIT afin de pouvoir monter par la suite leur propre projet. Concernant les projets municipaux à Smar, ils concernent la construction d’un marché municipal, l’aménagement d’un parc et le lancement d’une industrie de transformation de poil de dromadaire à Ksar Ain. L’idée de cette unité de transformation est de pouvoir approvisionner ces matières premières aux artisans locaux.

En ce qui concerne le projet de Tatouine, il tourne autour de l’assainissement et l’aménagement de l’Oued de Chriaa. Le BIT et l’Union européenne finance aussiun projet pilote de développement intégré pendant une période de 4 ans pour les gouvernorats de Tatouine, Kasserine, Gafsa et Jendouba. Le montant de ce financement environne 9,125 millions d’euros.

De son côté, Gabès prépare aussi le sommet de la francophonie en 2020. A cette occasion, l’Université de Gabès a fait une table ronde sur le thème phosphate. La possession de la Tunisie de ce sel de l’acide phosphorique pourrait attirer les investisseurs, selon le PDG de la Compagnie de phosphates de Gafsa. Rappelons que d’ici 2050, la population mondiale va connaître une forte augmentation. Ce qui impacte sur la demande des engrais chimiques utiles à l’agriculture. Les engrais chimiques du pays sont de bonne qualité et ils peuvent apporter de nouveaux clients. Quoi qu’il en soit, le développement du phosphate engendre de pollution due aux effets de phosphogypse, sans parler de leur impact sur la santé. Elle a connu aussi un ralenti de production depuis ces dernières années avec une production de 8 millions tonnes par an en 2010 contre 5 millions en 2018.

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